Retraite à 60 ans : un décret «d'ici trois semaines»

Publié le par DA Estérel 83

Libération

 

 

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a mis mercredi le social en haut de son agenda : une semaine après sa nomination, il a fixé la méthode de concertation avec les partenaires sociaux et ouvert le premier chantier de réforme des retraites.

Le Premier ministre a pour la première fois précisé sur RTL la méthode qui sera la sienne pour entamer les réformes, avec en ligne de mire une «grande conférence sociale» prévue «avant le 14 juillet».

Pour préparer ce rendez-vous promis par François Hollande, il recevra le 29 mai, séparément, les cinq organisations syndicales représentatives (CGT, CFDT, FO, CFTC et CFE-CGC) et les trois patronales (Medef, CGPME, UPA). Il sera entouré de trois ministres, Michel Sapin (Travail), Marylise Lebranchu (Fonction publique) et Marisol Touraine (Affaires sociales).

Ensuite, il présidera «une conférence de la méthode», réunissant l’ensemble des partenaires sociaux, «qui définira comment nous allons nous y prendre pour préparer la grande conférence sociale».

Cette conférence sur l’emploi, la formation, les salaires, le Smic, les conditions de travail et les retraites pourrait durer plusieurs jours. «Il n’est pas question de faire des shows, des sommets sociaux qui durent une heure ou deux, où chacun s’exprime, on repart et il ne se passe rien», a-t-il dit en allusion à la méthode de Nicolas Sarkozy dont le quinquennat avait été émaillé de plusieurs sommets sociaux d’une journée, suscitant la déception des syndicats.

Le chef de l’Etat ouvrira et clôturera cette grande conférence à l’Elysée, a précisé Jean-Marc Ayrault. Le Premier ministre détaillera mercredi au Conseil des ministres sa méthode pour la préparation de cette conférence.

«Corriger une injustice»

Dès avant, il a précisé que le premier chantier du gouvernement sera le dossier du retour à la retraite à 60 ans pour ceux ayant commencé à travailler tôt.

Un décret, a-t-il confirmé, devrait sortir «très vite», «dans les trois semaines», soit entre les deux tours des élections législatives, a-t-il souhaité. Il s’agit de respecter «l’engagement» pris par François Hollande de «corriger et de supprimer une injustice», a-t-il ajouté.

Ce décret, préparé par Marisol Touraine, doit instaurer pour les salariés ayant commencé à travailler à 18 ou 19 ans le droit de partir à la retraite à 60 ans à taux plein s’ils ont cotisé 41 ans. Le chef du gouvernement a souligné qu'«autour de 100 000 personnes» la première année pourraient être concernées.

Les périodes de chômage, maladie pourraient «être prises en compte», «nous pouvons travailler sur cette base», a-t-il dit, en ajoutant que «le gouvernement tranchera».

La porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, a par la suite précisé qu’une concertation allait devoir décider si les périodes de chômage seront prises en compte pour permettre aux salariés ayant commencé à travailler tôt de partir à la retraite à 60 ans.

Peu avant, lors de son point de presse hebdomadaire à l’issue du conseil des ministres, elle avait dit que le décret sur la retraite à 60 ans, qui doit être adopté d’ici à trois semaines, concernerait «ceux qui ont commencé à travailler jeune, qui ont cotisé 41,5 annuités, en prenant en considération les périodes de maladie, chômage, invalidité, et qui souhaitent partir à 60 ans».

«Il faut rester dans l'épure»

Pour répondre à la présidente du Medef, Laurence Parisot, qui s'était inquiétée du surcoût de la mesure, notamment pour les régimes de retraite complémentaires du privé, Jean-Marc Ayrault a pour sa part estimé qu’il ne fallait «pas dramatiser», «j'écouterai ce que dira Mme Parisot».

Il s’est montré rassurant en précisant qu'«il faut rester dans l'épure». «Il ne s’agit pas d’augmenter le coût de cette mesure», «on va regarder ce qui rentre dans l’enveloppe», a-t-il insisté en rappelant qu’il évaluait son coût à «un milliard d’euros», «nous l’avons financée».

«Il faut des mesures de justice, cela vaut pour le smic, et je comprends les difficultés des entreprises, nous ferons les choses dans le dialogue», a poursuivi le Premier ministre alors que la patronne du Medef avait agité mardi la menace d’un «décrochage» de la France et rapporté l’impossibilité pour les entreprises à supporter de nouvelles charges.

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