Pulvar, Montebourg, DSK : Pigasse dit tout

Publié le par DA Estérel 83

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Matthieu Pigasse, patron de la banque Lazard à Paris, se défend de tout favoritisme dans sa relation avec le gouvernement socialiste.

Matthieu Pigasse.

"Une polémique sans aucun fondement." C'est ainsi que le patron de la banque Lazard à Paris répond aux accusions de conflit d'intérêts dont il s'est retrouvé accusé après que son établissement a été retenu cet été comme conseil du gouvernement pour la création de la Banque publique d'investissement. Alors que certains y ont vu une faveur accordée par le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, dont la compagne, Audrey Pulvar, a été recrutée par Matthieu Pigasse pour diriger les Inrockuptibles (titre dont il est propriétaire), le banquier se défend : "L'administration et l'agence des participations d'État ont mené un appel d'offres concurrentiel conformément au code des marchés publics. À l'issue de cet appel d'offres, il est apparu que Lazard avait présenté la meilleure offre et c'est sur la recommandation de l'administration que le ministre de l'Économie et des Finances seul a décidé de recruter Lazard. À aucun moment ni le ministre du Redressement productif ni son cabinet ne sont intervenus dans la procédure", confie le banquier au Point.fr. 

Concernant le déjeuner intervenu cet été entre Arnaud Montebourg et lui, Pigasse n'y voit qu'une fâcheuse coïncidence. "Je n'ai jamais déjeuné avec Arnaud Montebourg. J'ai déjeuné avec son directeur de cabinet et le ministre nous a rejoints le temps d'un café. C'est la première fois que je le rencontrais, et aussi la dernière."

Lazard n'a pas besoin de l'État

Et le banquier de s'étonner de la réaction du ministre, qui, après avoir été mis en cause, a demandé à l'État d'arrêter toute collaboration avec la banque Lazard : "A quoi sert un appel d'offres si ce n'est précisément à décider sur des critères purement objectifs et à écarter tout doute ?" s'insurge-t-il.

À en croire Matthieu Pigasse, les donneurs de leçons d'aujourd'hui sont ceux-là mêmes qui ont triché avec le système. "Pendant les dix années de mandat de la droite, Lazard n'a pas conseillé l'État. Au mépris des règles existantes, nous n'étions même pas invités à participer aux appels d'offres. Je ne m'en suis jamais plaint et cela ne nous pas empêchés aujourd'hui de devenir le leader sur le marché des fusions acquisitions en France", rappelle-t-il.

Pulvar, "une grande professionnelle" 

À propos de l'embauche, en juillet, d'Audray Pulvar, compagne du déjà ministre du Redressement productif, comme directrice générale chargée de l'éditorial des Inrocks, Matthieu Pigasse dit "ne pas comprendre de quel conflit d'intérêts on parle". "On doit considérer une personne pour ce qu'elle est, non pas pour ses relations avec tel ou tel. J'estime qu'Audrey Pulvar est une grande professionnelle." Pour le banquier, Rémy Pflimlin, P-DG de France Télévisions, a d'ailleurs fait "une erreur en l'écartant de France 2".

Interrogé sur les remous qu'a provoqués au sein de la rédaction des Inrocks l'arrivée aux commandes de la compagne du ministre, Pigasse relativise. Les départs qui ont suivi l'arrivée d'Audrey Pulvar "font partie de la vie d'une rédaction, des respirations naturelles. Avec son arrivée, c'est une nouvelle page de l'histoire du journal qui s'ouvre, dans le cadre de la réflexion sur l'amélioration de la nouvelle formule lancée il y a deux ans".

DSK, "un immense gâchis"

Aujourd'hui très présent dans les médias - il dit avoir "investi la totalité de ses revenus, soit plusieurs dizaines de millions d'euros, mais moins de 50" dans Les InrockuptiblesLe Monde et le Huffington Post, le banquier ne voit aucune incompatibilité entre sa profession et son nouveau statut de magnat de la presse de gauche. "J'ai du mal à comprendre en quoi c'est incompatible. Dans les journaux qui sont les miens, j'ai mis en place des chartes d'indépendance éditoriale qui assurent une étanchéité totale entre les actionnaires et les rédactions. C'est faire bien peu de cas de l'indépendance des journalistes que de penser que tout se mélange."

Matthieu Pigasse est pourtant indirectement l'employeur d'Anne Sinclair au sein du Huffington Post, site d'information en ligne dont il détient 15 % aux côtés d'Arianna Huffington et du journal Le Monde. Il connaît bien l'ancienne star de 7 sur 7, épouse de Dominique Strauss-Kahn avec qui il a travaillé à Bercy en 1997. Lui ne renie pas son amitié : "Je reste proche de Dominique. Je suis quelqu'un de fidélité et d'amitié. Je n'ai rien d'autre à dire que c'est un immense gâchis. Pour lui, pour les siens, pour nous."

Publié dans Société

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