PSA : "Nous sommes en train de solder cet héritage"

Publié le par DA Estérel 83

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Pierre Moscovici a évoqué un plan d'aide pour toute la filière automobile.

 

Dans son intervention télévisée du 14-Juillet, François Hollande a martelé plusieurs fois que le plan social chez PSA était "inacceptable et devait être renégocié". Ces mots ont été repris tels quels par Pierre Moscovici dimanche surEurope 1. Le ministre de l'économie et des finances a répété que le plan de 8 000 suppressions de postes n'était "pas acceptable en l'état" et a renvoyé à l'annonce le 25 juillet du plan du gouvernement pour "toute la filière" automobile.

Refusant de donner tout détail sur ce que pourrait comporter le plan automobile du gouvernement qui sera présenté en conseil des ministres le 25 juillet, M. Moscovici a cependant précisé que "ce ne serait pas un 'plan Peugeot' mais un plan pour toute la filière, PSA, Renault et la sous-traitance", précisant dans la foulée : "en tenant compte des règles européennes". "Nous ne sommes pas démunis", a-t-il assuré.

 

Interrogé sur la "légitimité" de Philippe Varin à la tête de PSA, Pierre Moscovici a souligné que l'entreprise étant "privée", "c'est elle qui choisit son propre management". "On va discuter avec Varin. Je ne suis pas là pour déstabiliser mais pour construire et trouver des solutions", a-t-il ajouté.

"Il y a des plans sociaux qui ont été différés, c'est l'évidence, a-t-il asséné. Nous avons un héritage très dur, un déficit de confiance des acteurs et aussi un déficit de compétitivité, et nous sommes en train de solder cet héritage."

Pierre Moscovici répliquait ainsi à l'ex-ministre de l'économie François Baroin (UMP), qui dans une interview en forme de droit de réponse publiée dans leJournal du dimanche daté du 15 juillet, affirme qu'"il n'avait jamais été question d'un plan de cette ampleur" chez PSA lorsqu'il était au gouvernement.

"Nous avions eu connaissance de fuites par la CGT, qui anticipait les difficultés. J'avais reçu le PDG de PSA, Philippe Varin", déclare M. Baroin. Lorsqu'il était ministre de l'économie, il avait affirmé en novembre 2011 qu'il n'y aurait "pas de suppressions à PSA en France, dans les semaines, dans les mois, ni dans les années qui viennent".

 

 

"S'ESSUYER LES PIEDS SUR SES PRÉDÉCESSEURS"

Le premier constructeur automobile français PSA Peugeot Citroën a annoncé jeudi un plan de 8 000 suppressions de postes et la fermeture de l'usine d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) en 2014. "Dans les entreprises où l'Etat est actionnaire, avec une prise directe, nous avions bloqué tous les licenciements et les dispositifs de départ", affirme François Baroin. "Mais PSA est une entreprise privée détenue par du capital privé. C'est une mauvaise facilité que de s'essuyer les pieds sur ses prédécesseurs et cela ne résiste pas à l'analyse (...) Maintenant, la gauche est au pouvoir, ils doivent gérer cette situation", ajoute-t-il.

Selon l'ancien ministre, "l'Etat n'est pas impuissant face à ce type de situation, il a des moyens d'agir sur le chômage partiel, la reconversion des salariés ou l'intervention d'entreprises publiques". "Notre combat face à PSA était de maintenir l'activité sur le site d'Aulnay. Les erreurs stratégiques du groupe, la mauvaise passe du marché automobile et la dépression économique l'ont conduit à prendre ces décisions", ajoute-t-il.

De son côté, la déléguée du SIA, syndicat majoritaire à l'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois, Tania Sussest, a souhaité dimanche "de vrais engagements" de la part du chef de l'Etat. Attendant "de vraies aides tournées vers les salariés", elle souhaite"que l'Etat ne remplisse pas les caisses de PSA" à cette occasion. Au lieu de donner de l'argent aux constructeurs, "il faudrait inciter les repreneurs à reprendreprioritairement les anciens PSA d'Aulnay", suggère-t-elle.

La syndicaliste insiste sur la nécessité de négocier de bonnes conditions de reclassement et d'accompagnement. "On sait pertinemment qu'il existe une latitude de négociation, les mesures proposées en l'état sont dérisoires", souligne-t-elle.

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