PS-Verts:l'épine nucléaire

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

Ces tiraillements, petits règlements de compte entre «amis» et autres couacs ne favorisent pas l'esprit d'équipe au moment où tout le monde devrait ramer dans le même sens.

 

Petite bombe atomique ou tempête dans un verre d'eau ? Provocation ou façon de tester les rapports de force au sein du gouvernement ? Gaffe ou manière de prendre ses marques, de délimiter son territoire ? En tout cas, en expliquant qu'il considérait le nucléaire comme une «filière d'avenir», Arnaud Montebourg aura réussi à animer cette rentrée politique. 

Il n'aura pas fallu attendre pour que les Verts, jugeant le propos éminemment sacrilège, montent au créneau. Noël Mamère a été le premier à sonner la charge en exigeant illico l'intervention de l'Elysée pour amener le ministre du Redressement productif à résipiscence ! Quant à Denis Baupin, c'est sans autre forme de procès qu'il a rangé prestement et définitivement le pourtant sémillant Montebourg au rayon des antiquités: comment traiter autrement quelqu'un faisant montre d'un si «complet décalage» avec les aspirations des citoyens ? 

Il faut dire qu'agiter pareil chiffon rouge sous le nez des Verts, ne pouvait que créer une certaine... animation. D'autant que cette prise de position survient au moment où les nouvelles venues de Fukushima alarment à nouveau la planète. Emettre pareille profession de foi en l'avenir de cette industrie - fût-elle exportatrice... - ceci au moment où des scientifiques toujours en alerte autour de la centrale japonaise ne cachent plus qu'ils craignent à nouveau le pire, voilà qui n'est pas des plus subtil... Pas de quoi pourtant déstabiliser un Montebourg qui non seulement a récusé hier toute forme de «provocation» mais assume totalement son propos. 

Au nom du pragmatisme. Au nom du principe de réalité. Et, surtout, au nom de la ligne fixée pendant la campagne par le candidat Hollande et qui prévoit la réduction de 75 à 50% de la part du nucléaire dans la production d'électricité à l'horizon 2025. Ni plus, ni moins. Un engagement que Delphine Batho - c'est quand même elle, la ministre de l'Ecologie ! - s'est chargée de rappeler hier, façon de renvoyer les Verts aux accords passés pendant la campagne... 

Si aujourd'hui, certains à EELV peuvent avoir le sentiment d'avoir trop lâché sur le calendrier de sortie du nucléaire, ils sont sans doute encore plus nombreux au sein du PS à penser que cet accord a été trop cher payé en sièges de députés comme en ministères. Sans compter que les états d'âmes des Verts agacent de plus en plus certains socialistes. Il ne faut sans doute pas aller chercher plus loin le soutien appuyé que Manuel Valls - critiqué vertement par Cécile Duflot sur sa gestion des Roms - s'est empressé d'apporter à Arnaud Montebourg. 

Reste que ces tiraillements, petits règlements de compte entre «amis» et autres couacs ne favorisent pas l'esprit d'équipe au moment où tout le monde devrait ramer dans le même sens. Or c'est pourtant la condition indispensable si ce gouvernement veut espérer sortir le bateau France de la tempête.

Publié dans Gauche

Commenter cet article