PS: Quand c'est flou, il y a Aubry

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

En s'érigeant en cheftaine du rassemblement derrière François Hollande, l'actuelle première secrétaire du PS suscite surtout des interrogations quant à son avenir politique personnel. 

 

Jean-Marc Ayrault nous confiait ces deniers jours qu'il ne craignait pas de voir le PS devenir un parti «godillot» de l'exécutif, mais «plutôt l'inverse». C'est sans doute une des raisons qui l'a amené à accepter la proposition de Martine Aubry de rédiger une contribution commune qu'ils espèrent transformer en motion unique, à l'exclusion de toute autre, au prochain congrès du PS fin octobre à Toulouse.

Justifiée par l'impératif de «réunir» toutes les forces socialistes pour «réussir le changement», cet oukase feutré est loin de faire l'unanimité dans un PS habitué à évoluer au gré des rapports de force de «courants» clairement identifiés.

Au sein du gouvernement, Benoît Hamon, tenant de l'aile gauche du PS, a certes été le seul à faire publiquement de la résistance en signant sa propre contribution, ce qui lui a déjà valu une explication orageuse avec le Premier ministre. Mais au vu de la quantité de contributions - une trentaine depuis lundi - qui s'entassent rue de Solferino, la bataille de l'unité sans faille des socialistes lors du Congrès de Toulouse s'annonce agitée. Car en s'érigeant en cheftaine du rassemblement derrière François Hollande, l'actuelle première secrétaire du PS suscite surtout des interrogations quant à son avenir politique personnel.

Dès la nomination de Jean-Marc Ayrault à Matignon, la maire de Lille s'était engagée à quitter la direction du PS avant le Congrès de Toulouse, laissant ainsi la porte ouverte à sa succession. Mais depuis, elle laisse le flou s'installer, indiquant comme hier qu'elle passera la main «dès que les conditions seront réunies» alors que son principal lieutenant Harlem Désir dit qu'il sera candidat... «si Martine ne l'est pas».

Lors des primaires socialistes, cette dernière s'était taillé un franc succès en fustigeant le «flou» des propositions de François Hollande. «Comme disait ma grand-mère, quand c'est flou, c'est qu'il y a un loup», avait alors lancé Martine Aubry sans se douter qu'elle pourrait se retrouver rapidement dans la peau de ce loup avançant masqué. Aux yeux de nombre de socialistes, dont les «hollandais» marginalisés dans l'appareil du PS depuis la victoire d'Aubry au congrès de Reims de 2008, la manoeuvre unitaire d'Aubry vise à lui permettre de garder la main sur le parti, directement ou par le biais d'une équipe qu'elle aura elle-même choisie.

Dans le combat feutré qui se profile pour le leadership du PS, nul ne doute que François Hollande mettra tout en oeuvre pour barrer la route à Martine Aubry dont il est notoire qu'elle ne jouit pas de toute la «confiance» du chef de l'État.

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