Prix des carburants: le rapport qui accuse

Publié le par DA Estérel 83

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Un rapport de la répression des fraudes indique que les pétroliers ne répercutent pas intégralement à la pompe la baisse des cours du pétrole brut. Christine Lagarde menace des les y obliger.

REUTERS/Charles Platiau

La ministre de l'Economie Christine Lagarde a déclaré dimanche que le gouvernement pourrait imposer aux pétroliers de réduire le prix des carburants à la pompe s'ils ne justifient pas les baisses insuffisantes de prix constatées jusqu'ici par l'administration.

"Oui, oui, oui", a répondu sur Europe 1 la ministre à une question lui demandant s'il pourrait y avoir des sanctions et une "décision presque autoritaire" de baisse des prix, qui évoluent actuellement à des niveaux très élevés.

Elle venait de dire que les prix à la pompe n'avaient pas assez baissé, livrant les conclusions préliminaires d'un rapport de la direction générale de la consommation, de la concurrence et de la répression des fraudes (DGCCRF).

D'après le Parisien qui a publié l'essentiel de ce rapport lundi, le prix du baril de brent, le pétrole de la mer du nord qui est une des références à l'échelle mondiale, a baissé de 8,5% entre le 2 et le 15 mai, passant de 125,18 dollars à 114,56 dollar. Ce qui représenterait un "potentiel de baisse" des prix à la pompe de 6 centimes pour litre de gazole et de 4 centimes pour le litre de sans plomb 95. Or cette baisse potentielle n'aurait été répercutée dans le cas du gazole que dans une proportion de 50 à 70% suivant les réseau de distribution.

Le rapport dit ainsi avoir constaté une diminution du prix de 3,9 centimes dans les grandes surfaces, de 3,2 centimes dans les stations des grands groupes pétroliers et de 2,6 centimes chez les indépendants. Et la situation serait pire pour le sans-plomb où la baisse potentielle n'aurait pas ou peu été répercutée. Christine Lagarde reconnaît toutefois que le recul de la monnaie unique par rapport au dollar sur la période a absorbé une partie de la baisse du prix du brut.

"Avec Frédéric Lefebvre (secrétaire d'Etat chargé du commerce, ndlr), on va demander des explications complémentaires" aux industriels du secteur, a donc prévenu la ministre.

"Si nous ne recevons pas des explications appropriées qui justifient le non respect de l'engagement des pétroliers (de répercuter sur les prix à la pompe les cours du pétrole, ndlr), nous prendrons des mesures", a prévenu Mme Lagarde, affichant la fermeté "extrême" du gouvernement. Reste à savoir lesquelles. La liberté des prix est en effet la règle en France.

Interrogée par l'AFP, l'Union française des industries pétrolières (Ufip) n'était pas joignable dans l'immédiat pour commenter ces déclarations.

Le gouvernement multiplie les annonces face à la récente envolée des prix à la pompe.

Mi-avril, il avait indiqué qu'il allait mettre à contribution la filière pétrolière à hauteur de 115 millions d'euros pour financer une revalorisation du barème kilométrique des contribuables.

Publié dans Economie

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