Plus facile de s'en prendre aux salariés qu'aux paradis fiscaux

Publié le par DA Estérel 83

SLOVAR

 

 

Le Tax Justice Network évalue à 25.500 milliards d'euros le montant caché dans des paradis fiscaux que l'austérité n'a pas l'air d'atteindre. Notre blogueur associé JC Slovar se demande si les gouvernements auront la volonté et les moyens d'aller chercher l'argent caché dans les paradis fiscaux...


(Aux Bahamas / SIPA)
(Aux Bahamas / SIPA)
La fraude fiscale se porte bien en ces temps de crise économique. C'est le constat que fait Tax Justice Network qui évalue à 25.500 milliards d'euros le montant caché dans les paradis fiscaux. En ces temps d'austérité appliquée à la quasi totalité des peuples de la planète pour cause caisses vides, l'information diffusée par Reuters en provenance de  Tax Justice Network a de quoi franchement mettre en colère ! 
 
En effet, alors que Martin Schulz , le président du Parlement européen, parle, à juste titre, d'une possible « explosion sociale  » en Europe et que le directeur exécutif de l'OIT appelle  à une amélioration de la protection sociale, on apprend que : « Les actifs financiers détenus par des particuliers et leurs familles et dissimulés dans des paradis fiscaux atteignent entre 21.000 et 32.000 milliards de dollars (entre 17.000 et 25.500 milliards d'euros). »
 
Au delà du côté démentiel des montants avancés, il faut savoir que : « L'étude, qui ne prend pas en compte des actifs non financiers comme les biens immobiliers ou l'or, estime à 280 milliards de dollars (225 milliards d'euros) le manque à gagner pour les Etats, en terme de revenus fiscaux. »
 
Et on fait quoi direz-vous ? Eh bien, en ce qui concerne ces sommes astronomiques qui manquent dans les budgets des pays, rien ! Par contre, il est de bon ton de s'en prendre aux salariés n'étant pas encore frappés par la précarité et le chômage.
 
Ainsi, le FMI recommande  aux « leaders européens de s'employer à restaurer la compétitivité des pays de la zone euro. D'une part, par des réformes du marché du travail, d'autre part, par un abaissement des coûts du travail dans les secteurs exposés à la concurrence internationale ». Et le Gouverneur de la Banque de France préconise  de « rapprocher les différents contrats de travail et, en ce qui concerne les conditions d'emploi, avoir moins de réglementations et donner plus d'espace aux accords de branche ou d'entreprise ».
 
Alors, oui, il est incontestablement plus facile de s'en prendre aux salariés et à leurs conditions de travail que de rapatrier des sommes tranquillement hébergées dans des paradis fiscaux pourtant clairement identifiés ! Une situation qui ne peut que donner encore plus raison à l'inquiétude de Martin Schulz !
 
Le tout est de savoir, si les chefs d'état et de gouvernement auront la volonté, et se donneront les moyens d'aller chercher l'argent caché, dans les paradis fiscaux. Paradis qui, au passage avaient selon Nicolas Sarkozy, miraculeusement disparu en 2009, ou pousser leurs citoyens à la révolte...

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