Passe d'armes entre Ségolène Royal et Cécile Duflot sur Xynthia

Publié le par DA Estérel 83

Reuters

Samedi 17 avril 2010, 16h17

Ségolène Royal a qualifié samedi "d'immatures et malveillants" les propos de Cécile Duflot, qui a jugé irresponsable sa position sur les "zones noires" définies après la tempête Xynthia.

Dans une interview au Journal du dimanche, paru samedi, la secrétaire nationale des Verts a salué le "courage" du ministre de l'Ecologie, l'UMP Jean-Louis Borloo, et dénoncé "l'irresponsabilité" de la présidente socialiste de la région Poitou-Charentes.

"Si les décisions prises sont justes, légitimes, il ne faut pas craindre de les confronter avec les habitants", dit Cécile Duflot.

La chef de file des écologistes affirme ne pas comprendre le soutien apporté par Ségolène Royal aux habitants contestant les décisions du gouvernement.

"C'est irresponsable. Je ne comprends pas Ségolène Royal, je réfute le discours de simplicité. Il faut, au contraire, un discours de courage", dit-elle.

Dans un communiqué, Ségolène Royal s'étonne "des propos malveillants, politiciens ou immatures tenus par Cécile Duflot" à laquelle elle conseille "vivement de venir voir sur le terrain la réalité de la situation".

"Au lieu d'être méprisante, elle comprendrait alors pourquoi les 33 maires des communes concernées et les huit associations de défense des sinistrés ont demandé à l'unanimité la révision du zonage et non pas, comme elle le laisse croire, la suppression du zonage", écrit-elle.

Pour Ségolène Royal, faute de concertation, des endroits sinistrés ne sont pas intégrés dans les zones alors que d'autres y apparaissent sans raison".

Vendredi, Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'Ecologie, n'avait pas caché sa colère contre Ségolène Royal, qui a exigé la suspension des "zones noires" définies après le passage de Xynthia.

"Elle n'est pas dans son rôle quand elle essaie de gagner des voix sur le malheur des gens", a-t-elle dit sur Europe 1.

Jeudi, une délégation gouvernementale emmenée par Jean-Louis Borloo en Vendée et en Charente-Maritime avait permis de faire retomber un peu les tensions nées à l'annonce du tracé des "zones noires" où plus de 1.500 habitations sont vouées à la destruction.

Le gouvernement, qui préfère désormais parler de "zones de solidarité nationale", a insisté sur le traitement au cas par cas des dossiers des riverains et annoncé l'envoi de "délégués de la solidarité" dans les communes touchées à partir de lundi.

Mais plusieurs centaines d'habitants ont à nouveau manifesté vendredi pour dire leur refus de voir leurs maisons détruites.

La majorité (61%) des Français approuve la création par le gouvernement de "zones noires" inhabitables, délimitées après le passage de Xynthia, selon un sondage Ifop à paraître dans Sud-Ouest Dimanche.

Une dizaine d'associations de victimes de Charente-Maritime sont désormais regroupées au sein d'un collectif, qui a vu le jour jeudi soir, afin d'organiser toutes les actions nécessaires à la défense des sinistrés.

Ces derniers exigent la redéfinition des "zones noires" sur la base d'expertises "sérieuses et contradictoires, et non sur la base de décisions arbitraires".

 

Publié dans Ecologie

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