Où il est clair qu'Olivier Falorni a été élu grâce aux voix de la droite

Publié le par DA Estérel 83

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CHARENTE MARITIME - circonscription 01

 

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A La Rochelle, Ségolène Royal se dit victime d'une "trahison"

 

Ségolène Royal, à La Rochelle, dimanche soir 17 juin, annonce sa défaite dans la 1re circonscription de Charente-Maritime.

 

Le rendez-vous avait été fixé à 19 heures au Muséum d'histoire naturelle de LaRochelle. Maxime Bono, le député sortant et maire de la ville, avait d'abord pensé proposer à la presse de le visiter. Ségolène Royal l'en avait dissuadé. "Ce n'est pas sûr qu'on ait le cœur à l'ouvrage", avait-elle dit. Peut-être redoutait-elle surtout la juxtaposition des images : celles de sa défaite et celles des journalistes à ses côtés au milieu des animaux empaillés.

Pour un enterrement politique, on ne pouvait rêver meilleur théâtre. Or c'est précisément le piège dans lequel elle comptait ne pas tomber. La presse fut donc cantonnée dans le jardin du Muséum, sous un soleil de plomb et au milieu d'une végétation luxuriante. Pour annoncer des lendemains qui chantent, c'était le décor idéal.

Dimanche 17 juin, ceux qui s'attendaient à voir une Ségolène Royal effondrée par sa défaite face au dissident socialiste Olivier Falorni, dans la 1re circonscription de la Charente-Maritime, en furent pour leurs frais. Que son regard fût un peu perdu, son sourire un peu figé et sa gorge un peu sèche, il ne pouvait en être autrement.

Mais cela n'alla pas jusqu'aux larmes, comme celles qu'elle versa devant les caméras de télévision au soir du 9octobre 2011 après avoir pris connaissance de sa débâcle à la primaire socialiste. Elle n'a d'ailleurs cessé de le répéter : "Bien sûr que c'est une déception, mais ce n'est pas un moment aussi difficile que la primaire, puisque ce qui s'est passé ici est le résultat d'une trahison."

"ESCROQUERIE POLITIQUE"

 Une heure durant, d'abord juchée sur une estrade, puis lors de duplex télévisés ou d'entretiens avec des sympathisants venus lui apporter des roses rouges pour luidire de "tenir bon", Ségolène Royal n'a tenu qu'un discours : celui de la victime face au "traître", en l'occurrence Olivier Falorni, ancien patron de la fédération socialiste de Charente-Maritime exclu du PS en février pour avoir décidé de se présenter contre elle.

A ses yeux, les 63 % obtenus dimanche par son adversaire rendent la lecture du scrutin très simple : "Le candidat élu l'a été avec les voix de la droite. C'est donc un député de droite qui a battu la candidate de la gauche." Pour Ségolène Royal, qui n'a progressé que de 5 points entre les deux tours, il s'agit ni plus ni moins d'une "escroquerie politique".

Evidemment, on aurait pu discuter cette analyse. Rappeler, par exemple, que la circonscription est largement à gauche, que François Hollande y a obtenu 55,6 % au second tour de la présidentielle et que, pour obtenir 63 % des suffrages aux législatives, Olivier Falorni n'a pu se contenter des voix de la droite. Revenir, également, sur l'argument martelé par son adversaire, celui d'une candidature imposée par la direction du PS sans consultation des militants et qui, pour cela, a suscité beaucoup de crispation.

"JE N'EXCLUS RIEN, JE RÉFLÉCHIS"

Mais, sur tout cela, Mme Royal n'avait pas envie de trop s'attarder car, au fond, c'est un autre message qu'elle voulait délivrer ce dimanche. "Je continuerai, a-t-elle dit, à peser sur les choix et sur la réussite de la politique nationale que mènent le gouvernement de Jean-Marc Ayrault et le président de la République."

Evidemment, la phrase était suffisamment sibylline pour attiser la curiosité des journalistes. Continuer à "peser", oui, mais comment ? Maintenant qu'elle n'a plus aucun espoir de présider l'Assemblée nationale, que reste-t-il à Ségolène Royal ? Depuis quelques jours, une rumeur circule : son intérêt pour la direction du PS.

Y songe-t-elle à nouveau, quatre ans après avoir dû s'incliner face à Martine Aubry ? "Je n'exclus rien, je réfléchis", dit-elle. On n'en sut pas plus, mais assez pourcomprendre qu'elle restait "combative" et qu'elle n'envisageait "aucun retrait de la vie politique".

THOMAS HOLLANDE VENU LA SOUTENIR

En aparté, son entourage faisait d'ailleurs passer le message que M. Ayrault, MmeAubry et M. Hollande ne l'entendaient pas autrement : "Tous lui ont téléphoné" ; tous lui ont dit qu'elle était "essentielle à la gauche" ; et aucun ne l'imagine "dans une perspective de fin de carrière".

On ressortit de là avec plus de questions que de réponses, mais en se disant que Ségolène Royal était bien déterminée à ne pas sacrifier son destin national sur l'autel d'une débâcle locale. Comme on voulut en savoir plus, on essaya dequestionner son fils aîné, Thomas Hollande, venu la soutenir. En vain.

Lui que l'on vit si loquace pendant la campagne présidentielle de son père avait visiblement décidé de rester mutique sur l'avenir politique de sa mère. Histoire dechanger de sujet, on l'interrogea alors, évidemment sans rapport avec l'actualité de la semaine passée, sur son usage de Twitter"J'ai un compte, mais je ne l'utilise pas", répondit-il. On lui demanda alors pourquoi, et sa réponse tint en une phrase : "François ne me fait pas confiance sur mes tweets."

 


Publié dans S.ROYAL

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