Non, Ségolène Royal n'est pas une bille

Publié le par DA Estérel 83

LaitDbeu

 

 

Pour notre blogueuse associée Lait D'beu, l'action de Ségolène Royal dans sa région Poitou-Charentes est très loin d'être un échec comme le prétendent ses détracteurs. Parmi les réussites de la présidente de région, la lutte contre la vie chère et l'engagement écologique.


(Ségolène Royal le 20 mai dernier à la Rochelle–NOSSANT/SIPA)
(Ségolène Royal le 20 mai dernier à la Rochelle–NOSSANT/SIPA)
N’en déplaise à une gente dame qui laissa un commentaire sous un de mes articles consacré au duel des législatives à La Rochelle entre Olivier Forlani et Ségolène Royal, m’expliquant l’échec de la présidente de la Région de Poitou-Charentes par l’augmentation des impôts locaux à La Rochelle et l’impossibilité d’obtenir des aides sociales ou logements sociaux par l’intermédiaire du Conseil général des Deux-Sèvres – peut-être est-ce là un argument développé par ses ennemis ? 

À l’usage des électeurs qui ne sont pas au courant des règles concernant la répartition des attributions entre communes, départements et régions : Super-Ségo ne dispose d’aucun de ces pouvoirs.
Les taxes locatives et foncières relèvent pour l’essentiel des communes (avec des taxes additionnelles d’un pourcentage limité destinées au département et à la Région) et les aides sociales comme l’attribution de logements sociaux (pour ceux qui ne sont pas pourvus par les communes) sont du ressort exclusif du département et des Caisses d’allocation familiales (lesquelles versent par exemple le RSA pour le compte du Conseil général). 

Or, Ségolène Royal est présidente de la Région. Point barre. Elle ne siège nullement dans le conseil municipal de La Rochelle non plus qu’au conseil général de la Charente-Maritime. En revanche, elle est la responsable en chef du budget de sa région et à ce titre la Région de Poitou-Charentes pourrait prélever une taxe sur les carburants.
C’est ainsi que l’Etat qui s’est défaussé sur les collectivités locales d’une foultitude de charges qui lui incombaient et qu’il devrait compenser à l’euro près a permis aux régions de majorer à leur avantage la taxe sur les produits pétroliers (l’ancienne TIPP devenue TIPCE).
Or, Baptiste Bize sur La Nouvelle République nous apprend que selon une étude menée par l’association de consommateurs CLCV l’on trouve dans la Région Poitou-Charentes les prix à la pompe les moins chers de France (30 juil.2012) pour une raison bien simple : la région a choisi de ne pas appliquer cette majoration.

«APPROCHE PUNITIVE DE L'ÉCOLOGIE»

La facture de carburant des Picto-Charentais est donc allégée de 2,5 centimes d’euros par litre ce qui n’a rien de négligeable au fil des pleins. L’article ne le précise pas mais il en est bien évidemment de même pour les personnes qui se chauffent au fuel. L’association note avec satisfaction que les stations services de cette région n'ont pas profité de cette spécificité pour augmenter leur prix et que hors avantage fiscal, elles tendent à être un petit peu moins chères que la moyenne. Les prix ont tendance à être plus élevés dans les départements ruraux que dans les zones plus densément peuplées, ceux de Poitou-Charentes figurent parmi les moins chers de France. C’est dû à un choix opéré par Ségolène Royal explique-t-on au Conseil régional pour lutter contre la vie chère et soutenir le pouvoir d'achat des familles, notamment en milieu rural où l'utilisation d'une voiture reste une nécessité. «Tant que nous ne sommes pas en mesure de proposer à chaque citoyen de notre région un mode de transport propre et économe (TER ou véhicule électrique) toute augmentation du prix du carburant relève d'une approche punitive de l'écologie ». 

Outre l’attention aux plus faibles et l'approche écologique, l'on retrouve deux thèmes chers à Ségolène Royal : la lutte contre la vie chère (depuis 2006 ce qui lui valut force quolibets tant à droite qu’à gauche) et l’écologie bien comprise – non punitive pour les consommateurs – au nom de quoi elle s’opposa de toutes ses forces à la fameuse taxe carbone qu’elle considérait - à fort juste titre - «inutile écologiquement mais socialement injuste» s’attirant là encore les critiques tout aussi injustifiées des écolos, de la droite et d’une partie de la gauche. 

Mais elle avait tellement raison que le Conseil constitutionnel retoqua le texte de loi l’instituant pour une raison bien simple : les consommateurs payaient le maximum alors que les industries les plus polluantes (de même que le transport routier) en étaient exonérées. Bravo, madame Royal : contrairement à beaucoup qui promettent une chose mais en font une autre, vous mettez vos actions en adéquation avec les principes que vous défendez.

Publié dans S.ROYAL

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