New-York Post: les Français, ces violeurs mangeurs de moutarde!

Publié le par DA Estérel 83

BlogeursAssociés-copie-1  blog économique et social.

 

 

Les Français ont mauvaise presse ces derniers temps aux États-Unis. Le New-York Post publiait, la semaine dernière, un article qui était un doux mélange de racisme, de nationalisme et de plaidoyer anti-français. Morceaux choisis par le blog économique et social...



(capture d'écran New York Post)
(capture d'écran New York Post)
Le 19 mai 2011, le New York Post publiait un article de Andrea Peyser qui donne effectivement la chair de poule, mais pas comme le pense l’auteur. L’article est un ramassis de haine vis-à-vis des non-Américains et d’amalgames tous aussi ridicules les uns que les autres. Racisme, nationalisme, plaidoyer antifrançais, rien ne nous sera épargné.

Je vous livre les meilleurs morceaux : « Assez, c'est assez. Débarrassez-vous de votre répulsion ! De l'automne à l'été, ils arrivent sur nos côtes. Le décadent. Le dépravé. Le malodorant, avide, ivre et fou.
Ils sont des parias et violeurs présumés. Des petits délinquants et ceux qui commettent des crimes passionnels, d’opportunité ou d'ennui. Ils ont une chose en commun. Ils sont de nationalité étrangère. 
»

Ainsi, pour Andrea Peyser, les étrangers qui viennent à New York sont forcément des décadents, des dépravés, des gens qui ne se lavent pas et qui sont devenus fous de trop boire ! Bel exemple de nationalisme déplacé qui, hélas, confine au pur racisme. Même le Front national dans ses pires heures n’aurait pas été aussi virulent ! Pour moi cet amalgame est non seulement regrettable, mais répréhensible. On ne peut catégoriser les gens de la sorte et opposer les bons, gentils, sobres et honnêtes américains au reste du monde mis, pour l’occasion, dans le même sac.

L’allusion à l’affaire DSK (confirmée plus loin dans l’article original) est également sans respect de la présomption d’innocence et catégorise tous les étrangers comme des violeurs. Faudrait-il rappeler à cette femme que les affaires de sexe et de violence sont légion dans son pays ? Que l’Amérique dispose du triste record de morts par armes à feu ? Et que ce pays possède des journalistes qui n’ont de journaliste que leur carte de presse, vu le contenu répréhensible et facile de leurs articles ? Pas besoin de faire d’études pour sortir de telles inepties, pas besoin d’enquêter pour généraliser de pareilles âneries…

Je vous livre la suite : «  Qu'est-ce qui dans cette ville attire les impropres? Des gens qui n'ont aucun respect pour un minimum de valeurs américaines ? Bien avant que le chef du Fonds monétaire international et époux du siècle, Dominique Strauss-Kahn, 62 ans, ait agressé sexuellement une jeune fille de 32 ans qui l'accuse de l’avoir sodomisée dans sa luxueuse suite d'hôtel à 3000$ la nuit, cette ville était déjà un refuge pour les voyous bien nantis. »

J’ai lu, comme tout le monde (plus que tout le monde ?) les divers rebondissements de l’affaire DSK mais je n’ai jamais entendu parler de sodomie dans le cas de DSK mais plutôt de fellation. Peu importe ? Certes sauf que celle qui parle est journaliste et est censée être au moins aussi au courant de l’affaire que moi, voir plus !

La réponse à la question posée arrive plus loin dans l’article : les Américains sont des masochistes qui pensent qu’ils méritent la peine qu’ils s’infligent. Je crois surtout que ceux qui pensent ainsi ont des problèmes psychologiques…

La suite de l’article vaut le détour : « Beaucoup sont protégés par ce fléau de notre ville, l'immunité diplomatique - un permis de voler, ou même mutiler. Mais, comme Strauss-Kahn nous l’a enseigné, l'immunité n'est pas nécessaire si vous avez une nation amie où vous pouvez vous enfuir. Quand il fût arrêté à l'aéroport JFK, Strauss-Kahn était à une minute de décoller pour la France, dont les citoyens préfèrent manger de la moutarde jaune plus tôt que de forcer un mécréant a affronter la justice américaine. »

Je connaissais l’image ridicule de la France en Amérique, nous sommes des mangeurs de grenouilles (c’est devenu un peu rare de nos jours), est-ce pire que de manger du bœuf trafiqué aux hormones et des hamburgers industriels ? Je connaissais l’image du béret qui illustre tellement que les Américains sont parfois si étroits d’esprit qu’ils parlent sans savoir… La dernière fois que j’ai vu un homme avec béret et baguette sous le bras c’était dans un film américain, sinon je n’en ai jamais vu dans la rue en France ! Mais là nous sommes dans un autre type d’insulte plus pernicieuse : la moutarde ! C’est comme si je parlais des Américains comme des violeurs mangeurs de ketchup ! Bref.

Je ne parle même pas de l’insinuation sur le fait que DSK fuyait et qu’on l’aurait attrapé de justesse avant qu’il ne s’échappe vers la France. Bonjour, encore une fois la présomption d’innocence ! Oui la France, encore pays des droits de l’homme, n’extrade pas ses concitoyens. Que l’on aime ou pas, c’est notre pur droit et cela relève uniquement de notre souveraineté et ne regarde en rien les autres pays.

Sur l’affaire DSK nous trouvons plus loin : « Lorsque les autorités ont rattrapé Strauss-Kahn, qui a déjeuné avec sa fille après avoir, dit la femme de ménage, fait irruption hors de la salle de bain, nu - une attaque qui serait visuellement comique si elle n'était pas si perverse - il était dans un avion à l'aéroport JFK. (Il reconnait avoir eu une relation sexuelle avec elle, mais qu’elle était consentante). Strauss-Kahn a été à deux minutes de suivre la voie de Roman Polanski - un autre citoyen français, qui avait admis avoir drogué et eu des relations sexuelles avec une adolescente de Los Angeles dans les années 70, puis a finalement fui la justice des États-Unis pour le sein protecteur de la France. Les Français, voyez-vous, n'ont pas de traité d'extradition avec les États-Unis. »

Je ne suis pas fan de Polanski et souhaitais qu’il prenne enfin ses responsabilités sur ce même blog. Pourtant, cette manière de mettre Polansky et DSK dans le même sac malgré qu’il ne soit pas prouvé qu’il ait tenté de fuir (pourquoi déjeuner avec sa fille après un viol ?) est encore ridicule. Cette façon de stigmatiser la France et les Français, de les faire passer pour des pédophiles et autres violeurs est purement scandaleuse ! L’Amérique n’a-t-elle pas, hélas, ses propres violeurs ? Andrea Peyser l’ignore-t-elle vraiment ?

Le reste de l’article devient de plus en plus hétéroclite et incohérent : « L’idiot d’Iranien Mahmoud Ahmadinejad, l'an dernier se tenait devant l'Assemblée générale des Nations Unies et a cruellement accusé les États-Unis d’avoir une responsabilité dans les attentats du 9/11. Le président zimbabwéen Robert Mugabe, dont la femme arbore une Rolex à 40,000$ alors que des millions de ses concitoyens vivent dans la misère, traite son déplacement en Amérique comme un shopping de 2 millions de dollars, tout en fustigeant l'Occident des sanctions économiques prises à son encontre. »

Quel rapport avec le début de l’article ? Traiter Ahmadinejad d’idiot est tout de même un peu fort. Je ne l’aime pas du tout non plus, surement pas pour les mêmes raisons, car je me fiche bien de ce qu’il dit (même sur les États-Unis ! Désolé Madame Andrea Peyser…), mais déteste la répression qu’il fait subir sur son peuple. C’est dommage qu’une journaliste comme Andrea Peyser ait, un petit peu, oublié ce « détail ».

La suite de l’article est encore plus hétéroclite et délirant, tout y passe : une employé qui a accusé le Haut Commissariat pour les réfugiés d’abus sexuels en 2003 et n’a toujours pas eu son procès (immunité diplomatique), un Américain paraplégique à cause d’une mission pour l’ONU en Afrique s’est vu refusé une indemnité de 2 millions de dollars par le pays africain, 17 millions de dollars d’amendes de stationnement impayées pour cause d’immunité diplomatique, Donald Trump qui est stupide et bling-bling, un chanteur transsexuel qui a indiqué cette semaine qu’il allait épouser sa petite amie, 84 arrestations liées à la drogue à Union Square Park, un vol d’iPad, les livres montrant des lesbiennes et de la bestialité qui finalement ne seront pas interdits et enfin, pour finir, la bataille juridique qui va commencer en vue d’interdire le feuilletage de magasines porno dans les librairies si un enfant se trouve dans l’environnement proche…

Proposition de l’article : lorsque des étrangers viennent à New York, il faut qu’ils mettent en garantie tous leurs biens en échange ! Waouh ! Nous sommes au pays de la liberté, cela se sent ! Même la Chine ne demande pas le millionième de ce qu’elle propose ! Mais qu’a-t-elle donc fumé ? Pourquoi un journal ayant pignon sur rue publie-t-il un article si contestable, insultant, raciste, ridicule et farfelu ?
J’ai contacté le journal (en anglais) : « J’ai été profondément choqué par la vision raciste que l’auteur a des étrangers et en particulier des Français. Dans notre pays "décadent", un tel article serait tombé sous le coup de la justice pour racisme. L’article, de plus, est un assemblage hétéroclite d’idées faciles et préconçues qui mènent le lecteur vers le néant. Il me semble que vous devriez faire quelque chose concernant cette situation pitoyable. Je me demande si vous aurez suffisamment de courage pour publier cette lettre et y répondre. Cordialement. Eugène. »

Publié dans Etranger

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