Mini "coup de pouce" pour le smic

Publié le par DA Estérel 83

Le Point

 

 

Une hausse de 0,6 % du salaire minimum entrera en vigueur le 1er juillet, en plus d'une hausse de 1,4 % au titre de l'inflation.

En décidant une revalorisation intermédiaire le 1er juillet, hors du calendrier légal, puisque le smic est revu chaque année le 1er janvier, François Hollande a annoncé vouloir "rattraper ce qui n'a pas été accordé" durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy.

Le gouvernement a décidé mardi d'un coup de pouce au smic de 0,6 %, le premier depuis 2006, le salaire minimum progressant au total de 2 %, dont 1,4 % au titre de l'inflation, une hausse limitée visant à préserver les entreprises, selon des sources concordantes.

Promesse de campagne de François Hollande, la hausse, que le ministre du Travail doit annoncer officiellement mardi à la mi-journée, s'appliquera dès juillet. Les 2,5 millions de smicards - un salarié sur dix - recevront chacun près de 22 euros de plus en net par mois pour un travail à plein temps.

Déception de FO et de la CGT

Il s'agit de la première revalorisation intermédiaire le 1er juillet, hors du calendrier légal, puisque le smic est revu chaque année le 1er janvier. La hausse annoncée pourrait être un à-valoir sur la revalorisation de janvier prochain. Ce "coup de pouce" est deux fois plus élevé que le dernier accordé (0,3 % en juillet 2006). Il faut remonter à 1997 pour retrouver un coup de pouce supérieur (2,26 %).Il reste cependant en deçà des attentes des syndicats, FO et CGT en tête, qui réclamaient une hausse plus substantielle du pouvoir d'achat. Une fois l'inflation déduite, le "coup de pouce" représente quelque 6,5 euros de plus par mois en net dans la poche du salarié aux 35 heures.

Le ministre du Travail, Michel Sapin, a rencontré à 8 heures le groupe d'experts sur le smic, puis la Commission nationale de la convention collective (CNCC), composée des organisations syndicales et patronales représentatives et de plusieurs hauts fonctionnaires. Le salaire horaire minimum est ainsi porté à 9,40 euros, soit 1 425,67 euros en brut pour 35 heures. Un décret devra être présenté mercredi en conseil des ministres. En décidant une revalorisation intermédiaire le 1er juillet, hors du calendrier légal puisque le smic est revu chaque année le 1er janvier, François Hollande avait annoncé vouloir "rattraper ce qui n'a pas été accordé" durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy

Ampleur limitée 

In fine, la part de la revalorisation destinée à compenser l'inflation (1,4 %) pourrait constituer une simple avance sur la prochaine augmentation légale du 1er janvier. Michel Sapin devait apporter à la mi-journée un éclairage sur ce point. Chaque 1er janvier, le smic est en effet mécaniquement revalorisé, notamment pour suivre l'évolution des prix. Le gouvernement avait déjà préparé les esprits à une ampleur limitée, répétant ces derniers jours que la hausse serait "raisonnable". Il veut "concilier deux logiques" : préserver la compétitivité des entreprises, surtout des PME, et augmenter le pouvoir d'achat des bas revenus.

Favorable à une hausse significative, le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, avait prévenu que le gouvernement commettrait "un premier faux pas" en ne relevant le smic que de 2 % quand lui réclamait 5 %. Le patronat - en particulier les PME et les artisans qui emploient les gros contingents de smicards - avait multiplié ces dernières semaines les mises en garde : "Toute augmentation au-delà des critères objectifs ferait peser un risque majeur pour l'emploi", soulignait Laurence Parisot, présidente du Medef.

Bernard Accoyer, président sortant de l'Assemblée nationale, a assuré mardi qu'avec ce coup de pouce le gouvernement "crée du chômage". Selon l'un des experts du groupe sur le smic, une hausse de 1 % entraîne la destruction de 1,5 % des emplois au salaire minimum, soit environ 25 000 emplois. Le gouvernement réfléchit aussi à modifier les règles de revalorisation du salaire minimum pour l'indexer en partie sur la croissance.

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