Maxime Bono: La situation est désagréable, car le résultat est surprenant

Publié le par DA Estérel 83

Le Point

 

 

Le Point.fr - Publié le 11/06/2012 à 13:47 - Modifié le 11/06/2012 à 20:04

La candidate est en tête, mais doit faire face au dissident de gauche. Interview du maire de La Rochelle, qui avait proposé à Royal sa circonscription.

Ségolène Royal et Maxime Bono.

 

C'est un scénario noir pour Ségolène Royal à La Rochelle : un duel avec le dissident de gauche Olivier Falorni. Est-elle en danger ?

Maxime Bono : La situation est désagréable, car le résultat est surprenant. À l'évidence, les voix des électeurs de Nicolas Sarkozy à la présidentielle se sont reportées massivement sur Olivier Falorni au premier tour. Ségolène Royal fait 32 %, sans une seule voix de droite, et Olivier Falorni fait 28 %. Si on additionne les deux, ça fait 60 %. Jamais le PS n'a fait 60 % ici, plutôt 40 %. Quant à la candidate de l'UMP, elle ne fait que 19 %, alors que le score de l'UMP ici est d'habitude de l'ordre de 34 % à 36 %. C'est mathématique : Falorni a entre 18 et 20 points qui viennent directement des électeurs de Nicolas Sarkozy. Son score additionne les carottes et les poireaux. L'UMP a sacrifié sa candidate, il y a eu une espèce de vote utile des gens de droite au profit de Falorni, en rempart à Ségolène Royal. Et maintenant, Jean-Pierre Raffarin et le président du conseil général Dominique Bussereau appellent à voter pour Olivier Falorni... C'est la confusion la plus totale.

Vous renoncez à l'idée qu'Olivier Falorni se retire ?

Je crois que, s'il avait dû se retirer, il l'aurait déjà fait. Il est dans une logique curieuse, il est particulièrement fermé. Ségolène Royal lui a proposé de le rencontrer, il lui a adressé une fin de non-recevoir.

Quelles sont les motivations d'Olivier Falorni ?

L'âme humaine est parfois insondable. Mais il y a chez Falorni de l'ambition, ce qui n'est pas scandaleux, et de la rancoeur, ce qui est regrettable. Un mélange de sentiments qui donne une grande confusion sur le plan politique et rend son attitude illisible.

Ségolène Royal est ancienne candidate à la présidentielle, présidente de région. Pourquoi a-t-elle tant de mal à convaincre ?

Il y a deux aspects. Déjà, la forte abstention. Il y a beaucoup de ressources chez les abstentionnistes qu'il faut aller mobiliser dans les quartiers populaires. Et puis, au premier tour, les gens étaient perdus. Il y avait 14 candidats, dont un qui se mettait en photo avecFrançois Hollande... (Olivier Falorni, NDLR). Avec deux candidats, ça va être beaucoup plus simple.

Ségolène Royal a encore dit dimanche soir qu'elle visait la présidence de l'Assemblée nationale. N'est-ce pas une erreur d'afficher ainsi cette ambition ?

Non, c'est de la franchise. Elle a une expérience de gouvernement, de parlementaire, d'élue locale. Ça correspond assez bien à ce qu'on attend d'une présidente de l'Assemblée. Là encore, Olivier Falorni a entretenu pendant la campagne la plus totale confusion en racontant un mensonge : que Ségolène Royal présidente de l'Assemblée ne sera jamais là... Je n'ai pas l'impression que, quand Henri Emmanuelli était président de l'Assemblée, cela a beaucoup pénalisé le département des Landes !

Publié dans S.ROYAL

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