Martine Aubry, Charybde ou Scylla ?

Publié le par DA Estérel 83

Le Point

 

 

Rester première secrétaire ou se replier dans son fief lillois ? Aubry hésite. Mais existe-t-il vraiment une bonne solution pour elle ?

Martine Aubry, le 9 juin 2012.

Martine Aubry a raison de ne pas se décider trop vite concernant son maintien à la tête du Parti socialiste. Car elle n'a le choix qu'entre deux mauvaises solutions. Soit elle se retire à Lille, et risque le splendide isolement. Soit elle reste rue de Solférino, et elle devra être solidaire des arbitrages douloureux - et sans doute coûteux électoralement - de l'équipe au pouvoir. Elle vient de se donner de l'air, et du temps, en s'alliant avec Jean-Marc Ayrault. En annonçant qu'ils feraient une contribution commune que les membres du gouvernement sont priés de signer, les deux rivaux gèlent la situation et empêchent les sous-courants de se compter.

Piégée

Pour Martine Aubry, c'est tout bénéfice : si elle s'en va, ce sera la tête haute ; s'il lui prend finalement l'envie de se maintenir, il sera difficile de l'en empêcher. En même temps, elle est piégée. Comment exister après un congrès unanimiste, quelle que soit sa position "in" ou "out" ? Pour incarner le recours post-Ayrault, il faut faire entendre sa différence. Mais cela n'incitera pas François Hollande, déjà réticent sur la personne de la première secrétaire, à en faire son bras droit au gouvernement. 

Peut-elle seulement vivre de son image actuelle sans la nourrir de prises de position au fur et à mesure de l'actualité et de ses mauvaises nouvelles ? Pour Martine Aubry, c'est un tel casse-tête qu'elle se donne jusqu'à la rentrée pour décider. Ou laisser les autres décider pour elle. Si elle était défiée par un successeur qui l'irrite, elle serait conduite à garder son poste rien qu'en représailles. Si un candidat plus consensuel était proposé, elle pourrait s'incliner et tirer sa révérence, ce que François Hollande et Jean-Marc Ayrault souhaitent secrètement très fort.

Ne pas braquer Martine

Aujourd'hui, un nom pourrait, par défaut, être avancé : celui deHarlem Désir, qui avait assuré l'intérim pendant la primaire. Il n'emballe personne, mais ne gêne pas non plus. On ne sait pas si c'est aussi l'avis de la fille de Jacques Delors. En attendant, les hollandais marchent sur des oeufs. Consigne claire a été donnée par François Hollande de ne rien faire qui puisse braquer la maire de Lille. Les ministres qui avaient des velléités de montrer leurs biceps avec une contribution sont priés de la remballer. L'artiste de l'Élysée est à la manoeuvre. Il veut garder les mains libres. Traiter le "cas" Aubry est presque plus difficile que réduire les déficits. Alors, on se tait et on attend. En espérant que l'été portera conseil et donnera à la maire de Lille l'envie de voir si, ailleurs, l'herbe est plus rose.

Publié dans PS

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viviane 13/07/2012 10:24

là aussi il n'est plus question de Ségolène ? Mais que va-t-elle pouvoir faire ?