Les perroquets de Sarkozy sont encore là.

Publié le par DA Estérel 83

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Ses amis parlent pour lui. Mais était-ce si spontané ?

Nicolas Sarkozy venait de toucher le sol français, après près de trois semaines de vacances dans un palais marocain prêté par le Roi. Sans attendre, ses proches commentèrent ses intentions et son état d'esprit. On avait lu sous la plume de Patrick Jeudy du JDD, ce 3 juin, que l'ancien Monarque n'avait pas cessé de téléphoner toute la semaine dernière: « Nicolas Sarkozy a passé sa troisième semaine de vacances à Marrakech pendu au téléphone avec ses anciens ministres, ses ex-collaborateurs ou même des députés en campagne! ». Il a ainsi discuté avec Brice Hortefeux « un jour sur deux », son ancien communiquant élyséen Franck Louvrier « un sur trois », mais aussi Alain Juppé, Henri Guaino, Jean-François Copé, Claude Guéant, Christian Estrosi, Nadine Morano, Bruno Le Maire et François Fillon. Fichtre ! Quelle abstinence politique !

On comprenait mieux pourquoi les messages délivrés par ses anciens proches étaient si similaires et coordonnés. Les perroquets de Sarkofrance étaient encore là.

« Nicolas Sarkozy manque à la droite républicaine. Il laisse un vide que personne ne peut combler. C'était le patron et l'inspirateur de la droite depuis dix ans. (...) À l'UMP, on est tous des amis de Nicolas Sarkozy.»  
François Fillon, 29 mai 2012

«Il est quelqu'un qui compte énormément pour moi. (...) Il est en tout cas dans mon esprit tous les jours. Je pense à lui très souvent, parce que nous avons bataillé ensemble (...). Nous avons ensemble, avec tous nos amis, une campagne formidable dans laquelle il nous a donné une leçon de vie.»
Jean-François Copé, le 3 juin

« Il est naturellement préoccupé de la situation de l'Europe (...), mais il se tient éloigné, volontairement et durablement, de toute préoccupation politique. (...) Il s'inscrit dans une volonté de discrétion durable, et vous observerez qu’il ne s’exprime en aucun cas publiquement(...). Il n'y a chez lui ni aigreur, ni amertume, et ce qu'il souhaite, c'est le succès de la France » Brice Hortefeux, dimanche 3 juin 2012. 

« Il ne peut pas se désintéresser de ce qui se passe, sa responsabilité morale est toujours présente. Cela étant, il n'est pas actif dans la vie politique et il est clair à mes yeux qu'il ne le sera pas dans les semaines à venir. (...) Le président a dit clairement qu’il prendrait de la hauteur et du recul, il ne va pas prendre la parole dans le débat politique dans les semaines ni même dans les mois qui viennent.»  
Claude Guéant, dimanche 3 juin 2012, Europe 1.

Sarkozy s'exprimait donc, par proche interposé, parce que la situation est grave: François Hollande a commis un sans-faute depuis son élection. Même l'ultra-conservateur Ivan Rioufol, éditorialiste du Figaro, le concédait dès le 21 mai dernier sur son blog: « C’est entendu : François Hollande a fait un sans-faute depuis son arrivée à la présidence, la semaine dernière ».

Vendredi, l'annonce d'un projet de récépissé à chaque contrôle d'identité par la police a déclenché nombre de critiques de la part des syndicats policiers. C'était sans doute le premier et seul à-coup de ces dernières semaines. Un à-coup dans lequel l'UMP s'est engouffré. « Il ne s'agit pas d'arrêter les contrôles d'identité, les policiers font leur travail », a rassuré le Premier ministre Jean-Marc Ayrault. « Il ne s'agit aucunement de remettre en question » les contrôles d'identités, « ni de compliquer le travail des fonctionnaires », a complété Manuel Valls. Et pourtant, où est le scandale ? L'idée n'était que de faire remettre un reçu de contrôle... Rien de plus. 

Pour le reste, l'UMP avait beau chercher, il n'y avait pas grand chose de sérieux à critiquer. Même Jean-François Copé en était troublé. Son lapsus dominical fut savoureux: « je crois que François Hollande, pardon Fillon, va gagner à Paris ».

Dimanche, on apprenait même que les période de maternité seraient probablement incluses dans le calcul des annuités de cotisations permettant l'accès à la retraite à 60 ans pour les femmes ayant commencé à travaillé à 18 ou 19 ans. Eric Woerth, l'ancien ministre du Travail porteur de la réforme sarkozyenne en 2010, eut la critique excessivement maladroite: « Pendant des centaines d’heures au Parlement, les socialistes ont dit qu’ils reviendraient aux 60 ans. En fait, ils inventent un système désastreux pour l’image du travail donnée à la jeunesse. Qu’y a-t-il de choquant à travailler à 18 ou 19 ans? »

Qu'y a-t-il de choquant à dire des âneries pareilles ?

Publié dans SARKOZY

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