Les JO ne connaissent pas la crise

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

Au-delà des risques et des polémiques attendues sur le dopage, le mercantilisme, le voile islamique ou encore la participation de la Syrie officielle, il faut reconnaître aux JO leur vertu cardinale d'événement d'exception ne laissant aucun pays ni peuple indifférent.

 

Plus vite, plus haut, plus fort et... plus cher! Cette dernière injonction est désormais inscrite de manière subliminale dans la devise olympique du baron Pierre de Coubertin. Car après les fastes sans précédent de Pékin en 2008, les trentièmes JO de l'ère moderne ouverts hier soir à Londres seront encore les plus chers jamais organisés. Le budget prévisionnel qui avait conduit le CIO à choisir Londres, de préférence entre autres à Paris, a littéralement explosé de 4 à plus de 12 milliards d'euros.

Les trois-quarts des investissements engloutis dans cette fête olympique incontournable sont certes supposés être «durables» à l'image des villages d'athlètes destinés à devenir des logements ou des infrastructures sportives et de transports. Mais le retour d'expérience montre que les capitales olympiques ont connu des fortunes diverses allant des réussites australienne ou canadienne à la caricature grecque où nombre de réalisations sont aujourd'hui laissées à l'abandon. Et il est déjà admis à Londres que les retombées des JO seront au mieux de peu de secours pour une économie britannique encaissant son deuxième choc de récession en quatre ans. Il n'est pourtant ni surprenant ni fondamentalement choquant que l'olympisme ne connaisse pas la crise, voire l'ignore avec superbe.

Avec la transmission en direct sur les réseaux sociaux et l'activisme de sponsors plus présents que jamais, ces JO confirmeront leur statut de plus grande fête sportive et commerciale du monde suivie par plus de trois milliards de téléspectateurs. Et comme ses précédentes éditions, les Olympiades de Londres sont vouées à un succès planétaire qu'aucun événement extérieur ne doit venir perturber. Après les attentats de meurtriers de 2005 dans la capitale britannique, un des principaux enjeux reste évidemment la sécurité au grand dam de Londoniens voyant leur ville en quasi-état de siège par un déploiement sans précédent de policiers et militaires.

Mais au-delà des risques et des polémiques attendues sur le dopage, le mercantilisme, le voile islamique ou encore la participation de la Syrie officielle, il faut reconnaître aux JO leur vertu cardinale d'événement d'exception ne laissant aucun pays ni peuple indifférent. Les Jeux de Berlin en 1936 et le camouflet infligé à Hitler par le quadruple champion olympique noir américain Jesse Owens ont démontré que l'olympisme pouvait utilement et durablement marquer l'Histoire.

D'autres évènements moins spectaculaires marqueront ces Jeux comme, déjà, la toute première participation d'athlètes saoudiennes jusque-là interdites de compétition par leur royaume théocratique. Les JO ont enfin l'immense mérite d'ouvrir une parenthèse ludique dans un monde miné par les guerres, les famines et l'angoisse du lendemain. Ne boudons pas notre plaisir !

Publié dans Société

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