Les Grecs se disent « humiliés » par les propos de Christine Lagarde

Publié le par DA Estérel 83

Les Echos

 

 

Tollé général à Athènes après les propos de Christine Lagarde au Guardian. Les internautes grecs ont réagit rapidement sur la page Facebook de la directrice général du FMI après que celle-ci ait appelé les Grecs à payer leurs impôts. En France Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement ,ainsi que Jean-Luc Mélenchon ont critiqué ces propos.

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Les réactions n'on pas tardé et les internautes ont été prompts à réagir aux derniers propos de Christine Lagarde sur la Grèce. Des milliers de commentaires ont en effet été publié sur sa page Facebook après que dans une interview au Guardian, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), ait appelé les Grecs à prendre leur destin en main en s'acquittant notamment de leurs impôts, ajoutant que les enfants démunis d'Afrique ont davantage besoin d'aide que la population grecque.

« Avez-vous simplement songé que nous étions à court d'argent ? » demande ainsi un internaute, résumant l'indignation de nombreux grecs après cet interview. Il est vrai que la directrice général du FMI n'y a pas été dans la douceur. « Je pense qu'ils devraient s'aider mutuellement (...) en payant tous leurs impôts » explique-t-elle au Guardian, en évoquant « tous ces gens qui tentent en permanence d'échapper à l'impôt ».

Et d'enfoncer le clou en affirmant qu'elle « pense davantage à ces petits enfants d'une école d'un petit village du Niger qui n'ont que deux heures de cours par jour, qui partagent une chaise pour trois et qui cherchent passionnément à avoir accès à l'éducation ». « Je pense à eux en permanence, parce que je pense qu'ils ont davantage besoin d'aide que la population d'Athènes. »

Le peuple grec « humilié » selon le Parti socialiste

En Grèce, où les partis politiques sont de nouveau en campagne en vue des élections législatives du 17 juin, le chef de file du Parti socialiste (Pasok), Evangelos Venizelos, l'a accusée d'avoir « humilié » le peuple. « Personne ne peut humilier le peuple grec en cette période de crise et je dis ça tout particulièrement à l'adresse de Mme Lagarde », a-t-il dit dans un discours où il appelle la directrice générale du FMI « à reconsidérer ses déclarations. »

Face à ces critiques, Christine Lagarde a expliqué sur sa page Facebook: « Ainsi que je l'ai dit à de nombreuses reprises par le passé, j'éprouve beaucoup de sympathie pour le peuple grec pour les défis auxquels il est confronté (...) Une part importante de cet effort réside dans le fait que chacun assume sa part du fardeau. ». Sans pour autant convaincre tout le monde. Ce dimanche matin, seulement 417 personnes disaient « aimer » cette mise au point alors qu'elle avait suscité plus de 4.700 commentaires, principalement hostiles.

Après cette publication en lieu et forme de mea-culpa limité, le chef de file du Parti socialiste a voulu y voir un geste de bonne volonté. « Cela signifie qu'elle a pris en compte une nation fière » a-t-il indiqué.

La droite conservatrice favorite aux prochaines législatives

Pour autant, après avoir été tentés par l'extrême droite lors des dernières législatives, les grecs semblent se ressaisir un peu. Plusieurs sondages publiés ce dimanche montrent en effet que le parti de la droite conservatrice grecque « Nouvelle-Démocratie » (ND) est favori pour les élections générales en Grèce le 17 juin. Sans pour autant parvenir à obtenir la majorité absolue, selon plusieurs sondages publiés dimanche.

Tous les sondages accordent à ND une victoire allant de 23,3% à 25,8% des voix, mais ce résultat contraindrait le parti à trouver des alliés pour former un gouvernement stable. Le parti de la gauche radicale Syriza, opposé au programme d'austérité réclamé par les créanciers de la Grèce, arriverait en 2e position, devant le parti socialiste Pasok, qui soutient le programme d'austérité.

Ces sondages ont été effectués par MRB, Pulse RC, Alco, Marc et Kapa Research pour, respectivement, les journaux Real News, Typos tis Kyriakis, Proto Thema, Ethnos et To Vima. Selon le sondage Marc, effectué du 22 au 24 mai auprès de 1.075 foyers, 82,4% des Grecs veulent rester dans l'eurozone.

ND obtiendrait 121 à 123 sièges sur 300 au parlement et Syriza 66 à 68 , selon Alco qui a interrogé 1.000 adultes entre le 20 et le 25 mai. Selon Pulse RC et Kapa Research, le parti néo-nazi Chryssi Avghi (Aube Dorée), qui avait gagné près de 7% des voix aux dernières élections, en obtiendrait 4 à 5,2% aux prochaines, assez pour assurer sa présence au parlement.

Des propos « indignes » selon Jean-Luc Mélenchon

Dans la classe politique française, les propos de la directrice générale du FMI ont été pointé du doigt par la porte-parole du gouvernement français, Najat Vallaud-Belkacem. « Je le trouve un peu schématique et caricatural. J'estime qu'aujourd'hui, il n'y a pas de leçon a donner » a-t-elle indiqué sur Canal +. Et d'ajouter que si la Grèce décidait de sortir de l'euro après les élections du 17 juin, « ce serait un mauvais signal, sans doute une mauvaise chose, pour l'ensemble des partenaires européens, comme d'ailleurs pour le monde ».

Plus véhément, Jean-Luc Mélenchon, qui a reçu mardi dernier à Paris son homologue grec Alexis Tsipras, favori des élections en Grèce le 17 juin, a dénoncé les propos « indignes » de la directrice générale du FMI. «  De quel droit parle-t-elle de cette façon aux Grecs? », a -t-il déclaré sur France 3. « Ce sont des propos indignes, s'il y avait une morale politique, Mme Lagarde devrait s'en aller du poste qu'elle occupe ».

« Pourquoi ne dit-elle pas: ce sont les armateurs, c'est à dire les capitalistes, qui doivent payer leurs impôts, alors qu'ils ne les paient pas? », a ajouté le patron du Front de gauche. « C'est l'Eglise orthodoxe qui devrait payer (ses) impôts. Les braves gens du commun paient leurs impôts parce que c'est prélevé à la source. Les fonctionnaires n'ont aucun moyen d'échapper à l'impôt », a ajouté Jean-Luc Mélenchon.

Publié dans Europe

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