Les Français préfèrent la réduction des dépenses à l'augmentation des impôts

Publié le par DA Estérel 83

ActeursPublics

 

 

Pour ramener les comptes publics à l’équilibre, près de 3 personnes sur 4 interrogées par l’Ifop pour Acteurs publicspréféreraient que le gouvernement réduise les dépenses publiques plutôt que d’augmenter les impôts. La combinaison des deux ne recueille que 23 % d’approbation.

Dans un contexte où l’inquiétude des Français à l’égard de la dette et des déficits est confirmée par toutes les enquêtes d’opinion, la nécessité d’une réduction des dépenses publiques est largement perçue par les Français : près des trois quarts d’entre eux (74 %) optent pour cette solution lorsque seulement 3 % considèrent une augmentation des impôts comme la voie prioritaire. L’approche double, consistant à combiner baisse des dépenses publiques et hausse des recettes fiscales se prévaut quant à elle d’un soutien minoritaire mais non négligeable (23 %). La préférence pour cette option conjointe (réduction des dépenses et hausses des impôts) trouve un écho particulier, sans pour autant être massif, auprès des sympathisants socialistes (45 %) et des retraités (31 %). 
Néanmoins, et ceci vient nuancer la prédilection apparente des Français pour une réduction des dépenses publiques, aucune majorité ne se détache lorsqu’il s’agit de désigner une prestation sociale en particulier dont le montant pourrait être réduit.


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Minima sociaux

Ceci laisse à voir la faible disposition des Français à accepter, au-delà des positions de principe, une baisse concrète d’un quelconque mécanisme de redistribution. Dans le détail, la part des Français favorables à une baisse des minima sociaux, des allocations familiales, des allocations logement et de l’assurance chômage oscille entre 47 % et 43 %. En ce qui concerne l’assurance maladie et les pensions de retraite et d’invalidité, la résistance est même massive, puisque respectivement 83 % et 90 % des Français expriment leur attachement à ces prestations et leur refus de les voir réduites.

Si aucune baisse de prestation sociale ne fait réellement consensus, en revanche, certaines marges de manœuvre émergent en ce qui concerne une hausse des recettes fiscales, mais uniquement si celle-ci concerne les impôts ciblés : 65 % des Français considèrent une hausse de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) comme devant constituer la première pierre de la réforme fiscale, et l’on note d’ailleurs que cette idée a progressé de 8 points par rapport à 2010. De même, près d’un Français sur deux  (47 %) opte pour une augmentation des impôts sur les bénéfices des sociétés.


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Pas de hausse de TVA

En revanche, une réforme axée sur les impôts à large assiette (impôts sur le revenu, impôts locaux et TVA) s’avère peu souhaitée et susciterait sans aucun doute de fortes levées de boucliers dans l’opinion. Certes, 37 % des interviewés verraient d’un bon œil la généralisation de l’impôt sur le revenu à tous les ménages (score sans doute fortement corrélé au fait d’y être ou non soi-même assujetti). Mais, au-delà de cet élargissement de l’assiette, le principe d’une hausse de la TVA (pour 13 % des sondés, soit tout de même une hausse de 6 points par rapport à 2010), de l’impôt sur le revenu (7 %) et plus encore des impôts locaux (1 %) constituent des hypothèses de réforme largement écartées par l’opinion. Ainsi, les Français se montrent fort désireux de ne pas être eux-mêmes concernés par une hausse d’impôts.

Réforme fiscale

Au-delà des modalités d’application concrètes de la réforme, on relève également un témoin assez net de l’acceptation accrue à l’égard d’une réforme fiscale : à l’issue de la séquence électorale, les Français ne sont plus aujourd’hui que 4 % à estimer qu’aucun des prélèvements testés ne doit être augmenté, contre 12 % en janvier 2010.


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Le détail des résultats par catégorie sociale laisse à voir des jugements ancrés sur la défense de ses propres intérêts, c’est-à-dire tendant à rejeter sur autrui le poids d’une hausse de la pression fiscale : les CSP+ privilégient davantage que la moyenne une généralisation de l’impôt sur le revenu lorsque les CSP- accueilleraient très favorablement une hausse de l’ISF et de l’impôt sur les bénéfices des sociétés. Notons pour finir que le caractère prioritaire d’une hausse de la TVA, pourtant défendue par l’ancienne majorité au travers du projet de TVA sociale, ne convainc que 29 % des proches de l’UMP.

Frédéric Dabi, directeur général adjoint à l’Ifop

Sondage réalisé par l’Ifop pour Acteurs publics auprès d’un échantillon de 1 014 personnes  représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas (sexe, âge, profession de l’interviewé) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont eu lieu par questionnaire auto-administré en ligne (CAWI - Computer Assisted Web Interviewing) du 12 au 14 juin 2012.

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