Les fonctionnaires en vedettes de la conférence sociale

Publié le par DA Estérel 83

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Relancer le dialogue social et associer les agents à la réforme de l’État. C’est le message de la ministre de la Fonction publique aux fonctionnaires à l’occasion de la grande conférence sociale du gouvernement, jusqu’au 10 juillet. “La période de la RGPP est close”, affirme Matignon, qui va auditer la Révision générale des politiques publiques.

Renouer un véritable dialogue social avec les fonctionnaires pour conduire la rénovation de l’action publique. Tel était l’objectif affiché par Matignon alors que démarrait la grande conférence sociale du gouvernement, lundi 9 juillet, au Conseil économique, social et environnemental. Parmi les 7 tables rondes qui vont rythmer pendant deux jours ce rendez-vous ouvert par François Hollande et conclu par Jean-Marc Ayrault, l’atelier “Moderniser l’action publique avec ses agents” est l’un des plus sensibles.

Piloté par la ministre de la Réforme de l’État, de la Décentralisation et de la Fonction publique, Marylise Lebranchu, cette table ronderassemble une vingtaine de participants, membres du cabinet de la ministre, représentants des fédérations syndicales de fonctionnaires et des syndicats des collectivités, tels que la FA-FPT.

Marylise Lebranchu est particulièrement attendue sur les sujets sensibles des évolutions de carrières, de la mobilité professionnelle et du pouvoir d’achat. Également au menu des échanges : les missions et les valeurs du service public, le dialogue social et les moyens des syndicats, la formation des fonctionnaires, l’environnement au travail et l’égalité professionnelle.

“Tirer les enseignements” de la RGPP

Il s’agit surtout, pour la ministre des fonctionnaires, de confirmer la fin de la Révision générale des politiques publiques (RGPP) comme la seule méthode pour réformer l’État. “Il y a eu une réforme avant la RGPP,confiait Marylise Lebranchu le 3 juillet lors des Rencontres des acteurs publics. Il y aura une réforme après la RGPP, avec des objectifs complètement différents de ceux de l’ancienne majorité.” C’est aussi ce qu’a affirmé Matignon, dans un communiqué publié le 6 juillet : “Cette politique a provoqué désorganisation et malaise dans l’ensemble de la fonction publique. La période de la RGPP est close.”

Pour en “tirer les enseignements”, Matignon a adressé une lettre de mission aux chefs de l’inspection générale de l’Administration, de l’inspection générale des Finances et de l’inspection générale des Affaires sociales, qui devront “éclairer le gouvernement sur les conditions et modalités d’une nouvelle politique de rénovation de l’action publique”. L’impact de la RGPP sur chaque ministère, administration centrale ou service déconcentré sera évalué, “en tenant compte de la réforme de l’administration territoriale de l’État”, soulignent les services du Premier ministre.

La mission devra être force de proposition en matière de réforme l’État “afin d’obtenir à la fois une véritable adhésion des personnels et de l’opinion publique et un redressement de nos finances publiques à échéance de 2017”. Ses conclusions seront rendues à Jean-Marc Ayrault le 25 septembre.

Les syndicats dans l’attente

S’ils saluent la volonté de dialogue du gouvernement, les syndicats de fonctionnaires semblent réservés sur les avancées réelles à attendre de la conférence sociale, particulièrement sur le dégel du point d’indice – qui sert de base de calcul aux salaires des agents. La conférence n’est sans doute “pas le lieu” où débattre de la question des salaires, a observé Brigitte Jumel (CFDT) à l’ouverture de la conférence. “On sait qu’on ne va rien nous annoncer”, a prolongé Vincent Hacquin (CFE-CGC). De son côté, Bernadette Groison (FSU) a espéré que “cette conférence ne permette pas de sortir uniquement avec un calendrier et des thèmes à aborder mais aussi avec les orientations du gouvernement”.

Lors des récentes Rencontres des acteurs publics, Jean-Marc Canon (CGT) avait demandé au gouvernement“de vraies mesures sur les salaires et le pouvoir d’achat”. “Je crains que la marge de manœuvre pour 2012 soit quasi inexistante, relevait Christian Grolier (FO). Pour 2013, on espère, en particulier sur la valeur du point d’indice, avoir une marge de discussion”.

Sylvain Henry

Publié dans Société

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