Les bombes à retardement léguées à Hollande par Sarkozy

Publié le par DA Estérel 83

L'Expension

 

 

 

Plans sociaux, prix du gaz, déficits... Depuis leur arrivée au pouvoir, les socialistes doivent déminer plusieurs dossiers explosifs remis à plus tard par l'ancienne majorité.

Plans sociaux, prix du gaz, croissance ou déficits, les socialistes ont découvert quelques mauvaises surprises en arrivant au pouvoir.
Plans sociaux, prix du gaz, croissance ou déficits, les socialistes ont découvert quelques mauvaises surprises en arrivant au pouvoir.

C'était le jeudi 17 mai. Les ministres fraîchement nommés prenaient possession de leurs nouveaux bureaux, échangeaient quelques amabilités avec leurs prédécesseurs et répétaient à l'unisson qu'il fallait "se mettre au travail". Mais, ce jour là, au delà de la passation de pouvoirs, il s'agissait aussi d'une passation de patates chaudes, à savoir des dossiers difficiles nécessitant des réponses peu populaires et dont le règlement a été reporté après les élections. La porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem a depuis affirmé qu'elle et ses collègues avaient découvert quelques "cadavres" dans leurs placards, sans toutefois les préciser... Mais l'argument de l'héritage est de plus en plus mis en avant par la nouvelle majorité.

Les plans sociaux "opportunément retardés"

Ce sont les mots du Premier Ministre, Jean-Marc Ayrault, dans sondiscours de politique générale. Façon de suggérer que la majorité sortante a gentiment demandé à certains chefs d'entreprise de mettre leurs plans de restructuration en veilleuse le temps de la présidentielle. Ce mercredi,interrogé sur France Inter, le ministre du travail, Michel Sapin, est allé plus loin. On lui demandait s'il s'attendait à ce que soit officialisée, demain, la fermeture du site de PSA à Aulnay. La réponse fuse : "C'est typiquement un de ces plans dont Nicolas Sarkozy a demandé de le retarder plutôt que de trouver des solutions. Je pense que vous avez remarqué que M. Varin (le président du directoire de PSA) avait été plusieurs fois convoqué dans le bureau de Nicolas Sarkozy. Vous pensez que c'était pour parler du nouveau modèle qui allait sortir chez Citroën ou chez Peugeot? Non, c'était pour parler de ces sujets-là, en lui disant tu verras ça plus tard".

Cet avis est partagé par les syndicats, qui s'inquiètent du nombre de licenciements prévus pour cet été et la rentrée. Ainsi, la CGT a remis, mercredi 4 juillet, une liste noire des plans sociaux, qui dénombre au moins 75.000 possibles suppressions de postes en France. Outre PSA, sont concernés Air France, Carrefour ou Sanofi...

Le gel des prix du gaz

Cette bombe là vient juste d'exploser. Elle remonte à la décision, prise par le gouvernement Fillon en septembre dernier, de geler les prix du gaz jusqu'à fin 2011. Problème, le Conseil d'Etat a décidé hier d'annuler ce gel au motif que le gouvernement ne peut pas décider arbitrairement du prix, sans se fier à la formule de calcul. C'est une double mauvaise nouvelle pour le gouvernement. D'abord, parce que le Conseil d'Etat a demandé à ce que les prix augmentent rétroactivement. D'ici trois mois, un arrêté doit donc être pris pour une hausse de rattrapage d'environ 10%, soit 40 euros par foyer. Le Premier Ministre a déjà annoncé que ce remboursement serait échelonné dans le temps.D'autre part, parce que les socialistes venaient d'annoncer quasiment la même chose : une limitation à 2% de l'augmentation des prix du gaz, bien en-dessous de ce que GDF réclamait et de ce que prévoyait la formule. L'entreprise pourrait donc, à nouveau, se tourner vers le Conseil d'Etat et tenter de faire annuler cette hausse. Quant au gouvernement, il a annoncé une nouvelle réforme de la fameuse formule.

Des trous dans la croissance et le budget

Le nouveau gouvernement accuse le précédent d'avoir bâti des budgets sur des prévisions de croissance trop optimistes. Soit des hypothèses de 0,7% pour 2012 et 1,7% pour 2013 que les socialistes ont ramenées respectivement à +0,3% et +1,2%. Ce deficit de croissance entraîne des recettes moindres et remet donc en cause les objectifs de déficit budgétaire de 4,5% du PIB en 2012 et de 3% en 2013. La faiblesse de l'activité a également un impact sur le déficit de la Sécurité sociale qui s'est réduit à un rythme nettement inférieur à celui escompté. Le gouvernement a donc été contraint de passer un collectif budgétaire pour boucher les trous. En fait, le collectif a aussi permis de mettre en place les financements pour les dépenses nouvelles correspondant à des promesses du candidat Hollande. Soit au total 7,2 millions d'impôts nouveaux et 1,5 million d'économies.

Des dépenses mal financées?

En arrivant aux affaires, le gouvernement s'est plaint d'avoir trouvé 1,5 milliard de dépenses non financées par l'ancienne équipe. Mais la Cour des comptes a très vite relativisé l'importance de ce chiffre en remarquant qu'il restait dans les normes d'une pratique on ne peut plus "classique". Chaque année, et pas uniquement en cas de transition politique, des impasses, ou "sous-budgétisation" apparaissent. Cette fois, elles concernent 150 millions d'euros pour payer le dixième mois de bourse aux étudiants, 300 millions pour la prime de noël aux allocataires du RSA, 200 millions de baisses de charges pour les agriculteurs ou encore, entre autres, 50 millions de trou dans le budget du ministère des sports... Pas de quoi crier au "cadavre dans le placard", donc...

 

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