Législatives : le PS laisse le Front de gauche de côté

Publié le par DA Estérel 83

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En vert et contre rouge. À l'issue d'une semaine de négociations poussives et vaines, le PS et le Front de gauche n'ont finalement pas abouti à un accord électoral pour les prochaines élections législatives (10 et 17 juin prochains). Alors que le dépôt des candidatures s'est clôt ce vendredi soir, les socialistes emmeneront donc une coalition correspondant au périmètre du gouvernement, avec les écologistes comme partenaires privilégiés, ainsi que les radicaux de gauche et les chevènementistes.

Les discussions, entamées peu après le second tour de la présidentielle, portaient sur les circonscriptions où la gauche risquait d'être éliminée au premier tour des législatives, par le FN et l'UMP, mais où, unie, elle avait une petite chance de l'emporter en cas de triangulaire au second. Un chiffre d'abord évalué à une soixantaine de circonscriptions, puis à une cinquantaine... Et finalement, les débats n'ont porté plus que sur une trentaine de sièges potentiels. Christophe Borgel, secrétaire national aux élections du PS, résume la situation de son point de vue « On a rapidement vu qu'on n'arriverait pas à progresser sur la cinquantaine, alors on a essayé de discuter d'accords locaux dans certains endroits. Mais ce qui était possible le 7 mai l'était de moins en moins, au fur et à mesure que se déposaient les candidatures ».

Sur les 29 circonscriptions restantes, « 9 auraient été attribuées au Front de Gauche, 8 à EELV, 11 au PS et une pour le parti radical de gauche »explique à l'AFP la secrétaire nationale du PCF aux élections, Lydie Benoît. « On se retirait dans 13 circonscriptions sur 29, donc c'était un beau geste », a-t-elle ajouté. Or « le PS a trouvé que c'était insuffisant au total, car il voulait négocier sur davantage de circonscriptions ».

En échange de ce deal, le seul parti communiste aurait pu obtenir six circonscriptions gagnables, tandis que la revendication du Parti de gauche d'en obtenir une en compensation est toujours restée lettre morte. « Ils n'ont fait que des demandes insensées, réclamant tour à tour la circonscription de Malek Boutih, puis celle de Roger-Gérard Schwartzenberg, ou celle de Kader Arif », soupire Christophe Borgel.

« Dans la répartition au sein du FG, il n'y avait pas d'accord entre le PCF et le PG », a aussi reconnu Lydie Benoît. « On n'était pas chien quand même ! » peste-t-on au siège du PCF, où on était prêt à toper. « On se disait que ça valait mieux que rien. Mais tout ça a achoppé sur une connerie de signature », explique un dirigeant communiste. Pour conclure l'accord, le PS a ainsi demandé qu'il soit intitulé « PS-Front de gauche ». Le PCF, qui a négocié en parallèle du Parti de gauche, avec qui les discussions ne sont jamais allées bien loin, proposait de son côté la dénomination suivante « accord PS/PCF-Front de gauche. » Refus socialiste.« On a toujours dit au PCF qu'on souhaitait un accord avec le Front de gauche. On nous a dit au début que le PCF engagerait le Front de gauche. Et puis finalement non », dit Borgel. « En gros, si on signait, le Front de gauche éclatait », décrypte un cadre communiste.

« Les socialistes ont voulu la jouer finement, en se disant que le PCF cèderait et que Mélenchon resterait tout seul, dit Eric Coquerel, secrétaire national aux relations extérieures. Ils auraient aimé refermer la parenthèse et effacer cette gauche qui a fait 11 % à la présidentielle avec un programme vraiment de gauche ». S'il regrette que « les négociations aient eu lieu séparément », il se félicite toutefois de la résistance du PCF, « qui avait objectivement intérêt à cet accord ». Et il se lamente de l'attitude du PS, qui « a déjà oublié qu'il n'a pas battu Sarkozy tout seul, et que Hollande n'a pas bénéficié d'un vote d'adhésion majoritaire. Il se comporte dans cette affaire en étant obnubilé par l'idée d'être seul majoritaire à l'assemblée ».

« Le PS oublie que l'essentiel est d'avoir plus de députés de gauche que de droite à la fin », opine un cadre communiste. « En dehors du Front de gauche, tout le reste de la gauche, PS, Verts, MRC et PRG, sera réunie dans la cinquantaine de circonscriptions à risque FN, rétorque Christophe Borgel. Et même au-delà de ces endroits.» Si Coquerel admet que les institutions de la Ve République risquent bien de donner raison à la stratégie socialiste, il estime qu'elle « peut laisser des traces pour l'entre deux tours des législatives, quand viendra le moment du rassemblement », et qu'elle « rend compliqué le report de voix du Front de gauche vers le PS, qui n'est plus aussi automatique qu'avant ».

La crispation Mélenchon

Lundi, celui qui n'était pas encore ministre, François Lamy, le conseiller spécial de Martine Aubry, confiait son irritation « face au comportement du parti de gauche, envoyant des communiqués nous insultant en pleine négociation, et demandant sans cesse des circonscriptions en plus, en dehors de l'accord initial et sans rapport avec le danger du FN ». Et il ne cachait pas que la candidature de Jean-Luc Mélenchon à Hénin-Beaumont avait contribué à envenimer les choses. « Dire qu'il va combattre le FN est un mensonge ! Il va prendre une circonscription imperdable pour la gauche, et il sera battu par le candidat PS », tranchait le désormais ministre délégué à la Ville.

De fait, la candidature surprise de Mélenchon chez les ch'tis, sur les terres de Martine Aubry et dans un Pas-de-Calais où le socialisme ne se porte pas au mieux, a achevé d'ulcérer la patronne du PS. Il y a six mois, le 16 novembre dernier, et alors qu'elle annonçait la conclusion de l'accord avec Europe Ecologie-Les Verts, Aubry déclarait déjà « Nous ne rencontrerons pas le Front de gauche. On ne peut pas parler comme ça de notre candidat. » Deux jours avant, le candidat du Front de gauche avait qualifié François Hollande de « capitaine de pédalo dans la tempête ». Dans la foulée, la première secrétaire du PS se faisait cajoleuse envers le PCF, assurant qu'« il n'y aurait pas de listes Verts-PS face aux députés PCF sortants ».

Ce vendredi, Aubry a estimé à propos de l'échec de l'accord avec le Front de gauche, que « c'est une responsabilité qui dépend d'eux, que nous respectons, que nous regrettons, mais le travail a été fait dans de bonnes conditions », tout en prenant soin de préciser que « le travail a été mené avec le Parti communiste dans de très bonnes conditions, un très bon climat ». Au siège du PCF, le son de cloche n'est pas vraiment le même. « Franchement, c'est Aubry qui fout la merde, confie un proche du secrétaire national Pierre Laurent. Elle a encore Hénin-Beaumont en travers de la gorge, et elle a décidé depuis le début, en accord avec sa copine Cécile Duflot, qu'il n'y aurait pas d'accord.»

Le prochain épisode de ce jeu de dupes entre forces de gauche aura lieu après les législatives, au moment d'une éventuelle entrée au gouvernement des communistes.

Publié dans Gauche

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Crabere 19/05/2012 19:12

Pour information

L’absence d’accord avec le Front de Gauche est une erreur politique
Posted on 18 mai 2012 | JMBaylet

Les Radicaux de gauche ont accepté de retirer certains de leurs candidats dans les circonscriptions à risque FN ou à risque d’élimination de la gauche au premier tour.

Ils regrettent que l’attitude hégémonique du Parti Socialiste ne permette pas à la future majorité de présenter des candidatures uniques là où c’est nécessaire.

A quelques heures de la clôture des candidatures le sénateur du Tarn-et-Garonne lance un appel au Parti Socialiste, à EELV et au Front de Gauche pour qu’ils reprennent leurs discussions et trouvent
un accord pour faire barrage au Front National.

viviane 19/05/2012 13:45

j'aurais pensé qu'elle ferait profil bas, mais non, comme Sarko, ces gens-là Monsieur, n'ont rien à faire des faits !

viviane 18/05/2012 22:51

merci mme martine !!!!!

DA Estérel 83 18/05/2012 23:32



Tu ne la connais pas encore depuis Reims 2008 ?