Législatives : l'autre Eyraud du jour

Publié le par DA Estérel 83

LePoint

 

 

Candidat pour les législatives dans l'Ain, l'UMP Olivier Eyraud a accepté d'être investi par le "Rassemblement bleu marine". Il assume, quitte à être exclu.

Marine Le Pen avait appelé le 1er mai à voter "bleu marine".

C'est l'autre "Ayrault" du jour. Olivier Eyraud, conseiller général UMPdu canton de Reyrieux dans l'Ain, suppléant du député Michel Voisin, sera candidat dans la 2e circonscription du département sous l'étiquette "Rassemblement bleu marine" (RBM), du nom de la présidente du Front nationalMarine Le PenC'est l'ex-candidate à la présidentielle qui l'a annoncé elle-même, mercredi soir, dans un communiqué. Pas un séisme à l'UMP : le parti avait déjà investi un autre candidat dans la même circonscription. Mais dans un contexte où Copé essaye de retenir l'aile droitière de ses troupes au sein du parti et où ils sont déjà quelques-uns à dire tout haut leur tentation de s'allier localement avec le FN, l'affaire fait désordre. 

D'autant que Marine Le Pen drague ouvertement les élus de terrain de l'UMP. "Il y a des gens bien à l'UMP, il y a des élus de terrain, il y a énormément d'électeurs qui ne comprennent pas ce cordon sanitaire (entre l'UMP et le FN), dont ils ne voient pas quels sont les tenants et les aboutissants", a-t-elle déclaré sur France 5, mardi. Elle avait d'ailleurs parlé par téléphone avec Olivier Eyraud, qui l'avait parrainée pour l'élection présidentielle.

Copé reste prudent

Interrogé sur l'affaire, Jean-François Copé s'est bien gardé de condamner clairement ce choix, mercredi matin, sur Canal+. Il a toutefois expliqué qu'un candidat investi par un autre parti était "par définition" exclu de l'UMP. Contacté par Le Point.fr, Olivier Eyraud s'est dit "peiné" par les propos de Copé. "Il est dans son droit, mais c'est dommage", a-t-il ajouté, précisant qu'il n'était pas au courant que Marine Le Pen avait évoqué publiquement sa décision. Celui qui assure qu'il "assume ses convictions" explique qu'il avait déjà averti son groupe UMP au conseil général. "Beaucoup ont été surpris, il faut être honnête. J'ai un devoir d'explication, et je le ferai tout au long de la campagne", ajoute-t-il.

Sur les raisons qui l'ont poussé à rejoindre le RBM, il explique : "Je suis d'une famille de neuf enfants, très catholique. J'ai été RPR très tôt, puis UMP. J'ai toujours défendu les valeurs républicaines. Marine Le Pen a modernisé son parti. Ce n'est d'ailleurs pas le FN que je rejoins, c'est le Rassemblement bleu marine. Avec l'UMP ou le PS, c'est toujours pire, en matière d'emploi et d'immigration notamment. J'estime aujourd'hui qu'il faut un contre-poids." Estimant que Nicolas Sarkozy a "beaucoup déçu", notamment sur la question de l'immigration, il assure avoir toujours pensé que Marine Le Pen était la meilleure candidate à la présidentielle.

Le retour au franc, une idée "simpliste"

Âgé de 57 ans, Olivier Eyraud explique également avoir été heurté par la réaction de l'état-major du parti sur la question d'éventuelles alliances avec le FN au second tour, ou même sur la question du vote en cas de second tour Hollande-Le Pen (Le mot d'ordre, pas toujours respecté, était de ne pas répondre à cette question, NDLR). "Je ne l'accepte pas. Il faut qu'on arrête de diaboliser le FN", s'agace Olivier Eyraud. 

En 2010, Olivier Eyraud s'était fait remarquer en déclarant, dans une lettre adressée aux élus et présidents d'association de son canton et qu'avait consultée Rue89 : "Aujourd'hui, si vous êtes blanc, catholique, que vous avez un travail, que vous payez vos impôts, que vous respectez les règles et autrui, vous êtes redevable de tout et n'avez droit à rien. Nous vivons dans une société où nous ne retrouvons plus les valeurs qui ont fondé notre République, si bien que certains d'entre nous se sentent proprement "étrangers" chez eux. Nous ne demandons qu'à retrouver notre place dans la société." Des propos qu'il avait assumés par la suite. 

N'a-t-il plus aucun désaccord avec le programme de Marine Le Pen ? "Si, en matière d'économie. Il y a des choses simplistes, il faut le dire, comme le retour au franc... Il doit aussi rester un certain pourcentage d'extrémistes dans le parti, mais je les ignorerai", lâche-t-il. Avant d'ajouter : "Mais on a toujours des désaccords avec son parti, j'en avais avec l'UMP." Et d'avertir enfin : "Je ne suis pas le seul. À mon avis, beaucoup vont évoluer à l'UMP..."

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