Législatives: ce n'est pas gagné pour les stars du FN

Publié le par DA Estérel 83

Marianne2-2012

 

 

Privé d'Assemblée nationale depuis 1989, le Front national veut, cette fois, y croire. Quelques figures frontistes ont ainsi été parachutées sur des terres dites «favorables». Qu'en est-il vraiment de ces circonscriptions et y-a-t-il eu des plus chanceux que d'autres dans la répartition? Enquête.


(Steeve Briois, Florian Philippot, Marine Le Pen, Louis Aliot - CHAMUSSY/SIPA)
Gonflé à bloc par un score relativement encourageant à la présidentielle, le Front national compte bien surfer sur cette bonne vague et transformer l'essai aux législatives. Si l'idée d'une «liste noire» attaquant les ténors de l'UMP a vite été étouffée, les figures médiatiques du Front, elles, espèrent bien marquer leur circonscription. Pas celles où les Guéant, Jouanno, NKM et autres «hommes à abattre» se présentent certes, mais tout de même quelques circonscriptions qui leur donnent espoir. 
Tous au Front briguent pour la première fois le mandat. Comment se sont-ils alors réparti les «terres favorables à l'extrême droite»? Leur leader en a-t-elle envoyé certains à l'échec assuré, d'autres à une possible victoire? 
On peut dores et déjà prédire un combat sanglant, la victoire n'étant assurée nulle part. Et même plus sur la terre a priori la plus favorable, la fameuse circonscription d'Hénin-Beaumont, où Marine Le Pen se voyait déjà y humilier la gauche. C'était sans compter le ballon d'essai de Jean-Luc Mélenchon, qui voudrait persévérer dans sa stratégie « Front contre Front ».

DES TERRES VRAIMENT FAVORABLES AU FN?

Dans la troisième circonscription du Vaucluse, à Carpentras où compte se présenter la nièce de Marine Le Pen, Jean-Michel Ferrand règne en maître depuis 1988. Toutefois depuis 1993, le député UMP se retrouve au deuxième tour face au candidat FN Guy Macary - sauf en 2007 où, comme partout, le FN enregistre des scores peu reluisants et où c'est Nadine Peris du PS qui concurrence l'historique député Ferrand. 
Du haut de ses 22 ans, Marion Le Pen souhaite donc faire mieux que son acharné prédecesseur en ne restant pas sur le carreau du deuxième tour. Mais la tâche ne sera pas aisée puisque, s'il est vrai que de longues dates le FN arrive en finale, il est régulièrement battu avec de grands écarts: en 2002, presque 68% pour Jean-Michel Ferrand et même pas la moitié - 32% - pour Guy Macary. Et à peu de choses près, un résultat équivalent en 1993 et 1997. 
En fait l'opération Marion-Carpentras est surtout médiatique. Le nom de la nièce polarisera les médias dans une ville très symbolique depuis que l'on a accusé - à tort - le Front national d'avoir été en partie lié avec les exactions antisémites dans le cimetière juif de la ville en 1991. 

Dans la deuxième circonscription du Gard, c'est le très médiatique avocat Gilbert Collard qui compte conjurer le sort puisque - outre 2007 où le FN est éliminé dès le premier tour - le parti se retrouve toujours dans une encourageante triangulaire avec l'UMP et le PS. Et ce depuis 1997. Toutefois, si les représentants de gauche et de droite tournent toujours autour de 40% chacun, le Front (avec différents candidats) ne dépasse pas les 20% au second tour. Voilà donc encore une terre «favorable à l'extrême droite» qui ne sera pas pour autant facile à faire basculer! 

Et la série continue puisque, dans la première circonscription des Pyrénées orientales où Louis Aliot est candidat pour la première fois, les très bons résultats de 1993 (Jean-Claude Martinez au second tour avec 42,6%, battu par le représentant RPR avec 54%) et la triangulaire de 1997 (Jean-Louis de Noell à 24% face au député RPR sortant à 33% et le candidat PCF à 42,5%) ne suffisent pas à imaginer une large victoire du FN aux législatives 2012. A noter tout de même qu'en 2011, Louis Aliot se qualifie pour le deuxième tour dans le canton de Perpignan-9 et que dans cette ville, bastion avancé de la « France pieds-noirs », Marine Le Pen récolte 22,5% des voix au premier tour de la présidentielle (contre 26,5% pour Sarkozy et 28% pour Hollande). Il est donc assez logique que l'une des figures du FN tente le coup dans cette circonscription des Pyrénées orientales. 

Pour Florian Philippot, ce sera la sixième circonscription de Moselle. Celle de Forbach et Freyming-Merlebach. Et une motivation toute particulière puisque le FN y recueille respectivement 29,8 et 33% au premier tour de la présidentielle!  Ex-chevènementiste, le directeur stratégique de campagne de Marine Le Pen espère coller avec la fibre gaulliste lorraine. 

Bruno Gollnisch, lui, foulera les terres fertiles de Yann Piat (élue députée FN en 1986, 1988 puis députée UDF en 1993) dans la troisième circonscription du Var. Depuis son assassinat en 1994, le parti y est présent à chaque second tour des législatives sans jamais parvenir à conclure. L'ex-concurrent de Marine Le Pen à la tête du Front se retrouvera ainsi face au député UMP sortant (élu en 1997 et 2002 à plus de 60% et en 2007 à 51,4%), Jean-Pierre Giran. 
Le Var est en outre l'un des départements où Marine Le Pen arrive en deuxième position au premier tour de la présidentielle (ici à presque 25% devant François Hollande à moins de 20% et derrière Nicolas Sarkozy à presque 35%). 

Marine Le Pen enfin, repique à Hénin-Beaumont, la désormais onzième circonscription du Pas-de-Calais. Elle y était arrivée seconde au second tour des dernières législatives, tout comme son prédécesseur frontiste Steeve Briois en 2002 (troisième en 1997). Elle y avait alors fait un très bon score: 41,7% face aux 58,4% de son adversaire Albert Facon, élu PS pour un quatrième mandat. Et à chaque législatives, l'écart semble se ressérer. Au premier tour de la présidentielle, Marine Le Pen y triomphait d'ailleurs avec 35,5%, largement devant François Hollande et Nicolas Sarkozy.

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