Législatives à Marseille : bataille de ministres au centre-ville

Publié le par DA Estérel 83

Le Point

 

 

La socialiste Marie-Arlette Carlotti met en jeu son fauteuil de ministre tout neuf face au député UMP et ancien secrétaire d'État Renaud Muselier.

Marie-Arlette Carlotti et Renaud Muselier.

Tout un symbole. Pour son premier déplacement hexagonal consacré aux législatives, Jean-Marc Ayrault a choisi Marseille. Le Premier ministre prendra le TGV ce mercredi après-midi en compagnie de Marie-Arlette Carlotti, sa toute fraîche ministre déléguée aux Personnes handicapées, afin de la soutenir dans sa campagne au centre-ville de la cité phocéenne. Dans une circonscription tenue par le député UMP Renaud Muselier depuis 1993 et où François Hollande est arrivé en tête d'un cheveu, avec 50,2 % des suffrages, au second tour de la présidentielle, la visite ajoute à une dramaturgie installée il y a quinze jours. 

Marie-Arlette Carlotti connaît la règle. Elle sait qu'en cas d'échec elle ne pourra conserver son maroquin ministériel. Et elle ne pourra pas dire qu'elle n'a pas été appuyée. "La présence à mes côtés de Jean-Marc Ayrault est un soutien précieux", souffle celle qui a vu son entrée au gouvernement comme "un plus pour conquérir cette circonscription, mais aussi un surcroît de stress. Jean-Marc Ayrault me conforte dans ma volonté de défendre les Marseillaises et les Marseillais au sein de son gouvernement."

Montebourg en chevalier blanc

Ce mercredi, le Premier ministre arpentera en deux heures chrono un secteur calqué peu ou prou sur les 4e et 5e arrondissements de Marseille et considéré comme charnière pour obtenir les clés de la ville. Il avait ainsi été, lors des municipales en 2008, le théâtre d'affrontements tendus entre Renaud Muselier et le socialiste Jean-Noël Guérini, alors challenger de Jean-Claude Gaudin dans la lutte pour l'hôtel de ville.

Le combat s'est déporté depuis sur le terrain des affaires politico-judiciaires, Renaud Muselier s'élevant en chevalier blanc contre le président PS du conseil général, mis en examen dans une affaire de marchés publics présumés frauduleux. Un argumentaire qui lui avait permis de reprendre deux cantons à la gauche sur ce secteur en mars 2011. Mais qu'il ne pourra plus utiliser cette fois, Marie-Arlette Carlotti s'étant fait le porte-drapeau de la fronde anti-Guérini au sein du conseil général où elle est élue. Ce qu'elle a rappelé la semaine dernière en invitant sur sa terre de mission Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif et auteur d'un rapport qui a créé un énorme remue-ménage chez les socialistes marseillais l'an dernier.

En arrière-plan, la bataille pour la mairie

"Combatif, concentré, appliqué", Renaud Muselier joue désormais de son bilan après trois mandats, de son statut d'ancien secrétaire d'État aux Affaires étrangères, lorsque Villepin était ministre des Affaires étrangères, et du travail de terrain effectué par le maire de secteur et sénateur UMP Bruno Gilles, qu'il considère comme un frère jumeau et dont les adversaires politiques redoutent l'ancrage et la pugnacité. "L'avenir passe par notre travail dans cette circonscription. Il y a une cohérence à tenir", martèle Renaud Muselier. Qui a lui aussi son épée de Damoclès au-dessus de la tête. Dans le contexte d'une forte montée en puissance de la gauche, une défaite le 17 juin lui fermerait certainement les portes de l'hôtel de ville marseillais pour 2014. "Je ferai un beau cadeau à la gauche", sourit Marie-Arlette Carlotti.

Reste que ce duel de ministres pourrait aussi se transformer en triangulaire. Même si le score du Front national n'est, avec 18,9 %, pas aussi élevé qu'ailleurs à Marseille, le candidat frontiste pourrait, s'il fait au moins aussi bien que Marine Le Pen sur le secteur à la présidentielle, s'inviter dans la danse du second tour. Une perspective à laquelle ne veut même pas penser Renaud Muselier.

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