Législative à La Rochelle : le silence coupable de Lionel Jospin

Publié le par DA Estérel 83

Ze Rédac

 

Par KANT

 

Olivier Falorni et Lionel Jospin - cc photo PS / Olivier Clément

 

Pas besoin de revenir dans le détail sur la situation de la première circonscription de Charente-Maritime. Les Français – et qui plus est les Rochelais –sont abreuvés de cette histoire matin midi et soir et en connaissent désormais bien les deux protagonistes, Ségolène Royal  et Olivier Falorni. Ce dernier, par effet miroir, profite de la notoriété de la candidate de la majorité présidentielle au point d’exploser en quelques jours son compteur d’apparitions médiatiques. 

Ce qui est moins évident à identifier pour les non-initiés, ce sont les jeux de revanche, de vieilles haines et de jeunes rancœurs, qui se sont mis en branle en coulisse et dont le candidat dissident est l’instrument consentant.

Les protagonistes locaux. Bussereau et Raffarin qui veulent se venger des déculottés ramassées aux régionales de 2004 et 2010. Philippe Marchand, cacochyme ex-ministre de l’Intérieur qui n’a pas jeté la rancune à la rivière d’avoir été écarté de la liste des régionales de 2004. Itou pour Roland Beix, ex-premier secrétaire fédéral du PS de Charente-Maritime. Jean-François Fountaine, plein d’une rancœur purulente de ne pas avoir été tête de liste aux régionales de 2004 et d’avoir été mis en minorité en 2008 par la majorité régionale lorsqu’il a voulu forcer la main de la Présidente de Région afin d’augmenter les impôts. Le même Jean-François Fountaine dont l’orgueil n’a pas résisté à la tentation d’accueillir dans son usine Nicolas Sarkozy, alors président de la République.

C’est que tout ce petit monde a longtemps pratiqué avec la droite ce qu’on appelle localement le « parti des Charentais ». Appellation hypocrite pour désigner une politique de connivence, à base de tapes dans le dos et de petits arrangements entre amis, pour se partager les prébendes et les honneurs entre notables de droite et de gauche.

Il est dans cette première circonscription de Charente-Maritime, un acteur politique majeur, implanté localement mais jouissant d’une stature nationale, et dont le silence pèse lourdement sur cette élection. Il s’agit de Lionel Jospin, ancien premier ministre et propriétaire dans l’Ile de Ré – et donc dans cette circonscription – d’une maison. Mais ses liens avec notre législative ne s’arrêtent pas là.

Lionel Jospin est également ami de Jean-François Fountaine avec lequel il fait régulièrement du bateau sur ses beaux catamarans de luxe. Lionel Jospin est également ami et camarade de jeux nautiques avec Jean Glavany qui brigue, comme chacun le sait désormais, la présidence de l’Assemblée Nationale. Un Lionel Jospin enfin qui n’a jamais digéré que Ségolène Royal l’ait empêché d’être candidat à la présidentielle de 2007 et d’avoir fait mieux que lui en 2002.

Malgré les sollicitations pressantes faites en très haut lieu, l’ancien premier ministre, ancien premier secrétaire du PS qui connaît les règles de fonctionnement du parti, se tait. Il se refuse à dire ce qui va de soi pour un leader politique responsable : il y a une candidate soutenue par la majorité présidentielle, il y a eu une primaire à gauche, et je soutiens donc Ségolène Royal et appelle Olivier Falorni à se retirer en application du principe de désistement républicain.

Ce silence est un aveu. Une faute éthique. Il est la signature de celui qui, dans l’ombre, tire les ficelles ou, pour le moins, pousse au crime le candidat dissident.

Où est passée la rigueur morale qui avait fait, si ce n’est le succès, du moins la réputation de Lionel Jospin ?

Parmi toutes les vilénies de cette campagne législative, celle de Lionel Jospin n’est pas la moindre.

 

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