Le triple A de l'Allemagne désormais sous pression

Publié le par DA Estérel 83

L'Expension

 

 

Moody's n'exclut plus d'abaisser la note de l'Allemagne, des Pays-Bas et du Luxembourg, trois des piliers les plus solides de la zone euro. L'agence de notation craint que la facture du sauvetage de la Grèce, de l'Espagne et de l'Italie ne soit trop lourde à supporter.

Moody's a abaissé de "stable" à "négative" la perspective de notation de l'Allemagne, des Pays-Bas et du Luxembourg, actuellement détenteurs d'un triple Aaa.
Moody's a abaissé de "stable" à "négative" la perspective de notation de l'Allemagne, des Pays-Bas et du Luxembourg, actuellement détenteurs d'un triple Aaa.

Voilà qui ne va pas rassurer des marchés déjà affolés par l'aggravation de la situation en Espagne et en Grèce. Et c'est une nouvelle fois Moody's qui joue les porteurs de mauvaise nouvelle. Dans un communiqué publié lundi, l'agence de notation financière a en effet annoncé qu'elle abaissait de "stable" à "négative" la perspective de l'Allemagne. Autrement dit, elle considère que la note maximale Aaa de la première économie européenne, signe de stabiltié financière absolue, pourrait être remise en cause à l'avenir. Deux autres pays parmi les plus vertueux de la zone euro sont également mis sous pression: les Pays-Bas et le Luxembourg.

Le ministère allemand des Finances a aussitôt réagi dans un communiqué en clamant que Berlin continuerait d'être une "ancre de stabilité" dans la zone euro. "L'Allemagne va tout faire avec ses partenaires pour surmonter le plus rapidement possible la crise de la dette européenne", a ajouté le ministère.

Dans son communiqué, Moody's a également indiqué lundi qu'elle réexaminerait "à la fin du troisième trimestre" le triple A accordé à la France et l'Autriche, deux autres pays de la zone euro qu'elle avait déjà placés sous perspective négative en février.

Concrètement, le placement sous perspective négative signifie que l'agence n'exclut pas un abaissement de la note souveraine en cas de dégradation de la situation. Même si elle n'en fait pas son "scénario de travail", l'agence justifie tout d'abord sa décision par "la probabilité de plus en plus forte d'une sortie de la Grèce de l'euro" et de l'"impact plus large" qu'un tel événement aurait sur des pays déjà exsangues (Espagne, Italie) et sur l'ensemble de la zone euro.

Un fardeau trop lourd à porter

Quel que soit le sort de la Grèce, Moody's s'inquiète surtout de la "probabilité de plus en plus forte" que l'UE soit contrainte d'aider à nouveau d'autres Etats de la zone euro et que ce "fardeau" pèse avant tout sur les pays les plus solides de la zone. "Etant donné leur plus grande capacité à absorber le coût lié à cette aide, ce fardeau devrait principalement peser sur les Etats les mieux notés (financièrement, ndlr) de la zone euro", écrit l'agence.

Au total, six pays de cette région bénéficient encore d'un "triple A" accordé par Moody's mais seule la Finlande jouit encore d'une "perspective stable", que l'agence a confirmée lundi en soulignant la faible exposition de son économie et de son système bancaire aux vicissitudes européennes.

Mi-juillet, Moody's avait dégradé de deux crans, de A3 à Baa2, la note de solvabilité de l'Italie, évoquant déjà un risque de "contagion" de la crise de la zone euro et suscitant de nombreuses protestations à Rome mais aussi au sein de l'Union européenne.

La dégradation des notes souveraines n'est pas toujours suivie d'effets sur les marchés. Ainsi, en août 2011, l'agence Standard and Poor's, l'une des trois à dominer le marché mondial de la notation, avait retiré son triple A aux Etats-Unis qui empruntent pourtant aujourd'hui à des taux historiquement bas sur les marchés financiers.

Publié dans Economie

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