Le grand emprunt au secours des hôpitaux ?

Publié le par DA Estérel 83

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Le gouvernement envisage d’utiliser une partie du grand emprunt levé en 2010 pour financer les projets immobiliers des hôpitaux publics. Une possible bouffée d’oxygène, alors que la Fédération hospitalière de France s’alarme des besoins des établissements en liquidités.

Le grand emprunt lancé en 2010 par Nicolas Sarkozy pourrait venir au secours des hôpitaux publics, pour la plupart financièrement asphyxiés. C’est ce qu’a suggéré récemment la ministre de la Santé, Marisol Touraine, pour couvrir les investissements des établissements publics de santé. Soit un besoin de près de 2 milliards d’euros, à en croire une étude de la puissante Fédération hospitalière de France (FHF) publiée en juillet. Et pour le porte-voix des hôpitaux publics français, il y aurait urgence : certains chantiers pourraient s’arrêter faute de liquidités.

Quelque 10 des 35 milliards d’euros du grand emprunt, levé pour financer des “investissements d’avenir innovants”, n’ont pas encore été attribués. Cette enveloppe pourrait être en partie utilisée pour construire “des plates-formes modernes, des plates-formes de recherche, d’innovation”, notamment dans les grands centres hospitaliers, a précisé sur RMC/BFM TV Marisol Touraine cet été. Une perspective saluée par la FHF, qui demande à la ministre que “les décisions qui s’imposent soient prises au plus vite”.

Des prêts de La Banque postale en 2013 ?

Resterait alors aux hôpitaux publics à solutionner leurs besoins de trésorerie à court terme, soit environ 1,3 milliard d’euros. Certes, la FHF a obtenu au début de l’été la garantie du ministre de l’Économie, Pierre Moscovici, de bénéficier d’une partie de l’enveloppe de 3 milliards d’euros débloquée par le gouvernement pour les collectivités.

Mais cette aide serait insuffisante alors que les établissements souffrent d’un accès limité aux crédits bancaires. La faute, notamment, aux récentes règles prudentielles Bâle III, qui restreignent l’accès au secteur bancaire pour les hôpitaux – comme pour les collectivités –, et au démantèlement de la banque Dexia, l’un des principaux acteurs du financement des hôpitaux.

Fin juillet, une délégation de la FHF s’est vu opposer une fin de non-recevoir par La Banque postale lors d’un échange sur les besoins de financement à court terme des hôpitaux. “À la demande des pouvoirs publics, la banque a en effet privilégié le financement des collectivités locales, dont les besoins sont mieux connus des banquiers”, regrette la Fédération. La Banque postale a toutefois indiqué vouloir se positionner sur le financement des établissements de santé à partir de 2013 et recruterait actuellement des équipes d’experts. Des réunions de travail ont même été programmées entre la FHF et La Banque postale en septembre.

En attendant leurs avancées, la FHF interpelle de nouveau le gouvernement : “Seules des décisions rapides de l’État pour avancer les versements de l’assurance maladie, accorder des prêts de court terme ou encore permettre de diversifier les sources de financement permettront d’éviter que des établissements ne puissent faire face à leurs besoins de financement de court terme.” Il existerait en effet un risque réel que certains hôpitaux ne puissent honorer leurs charges, notamment le salaire de leurs agents, d’ici à la fin de l’année.

Sylvain Henry

Publié dans Santé

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