Le FMI conseille de maintenir le soutien au secteur financier

Publié le par DA Estérel 83

Les Echos-copie-1 05/10/2010

Le secteur, talon d'Achille de la reprise, a perdu 2.200 milliards de dollars depuis trois ans, estime le Fonds monétaire international dans son rapport semestriel.

Le Fonds monétaire international a conseillé mardi de maintenir le soutien des Etats au secteur financier, qui «reste le talon d'Achille de la reprise économique» après avoir subi de lourdes pertes depuis trois ans, estimées à 2.200 milliards de dollars.

 

«Le système financier mondial est toujours dans une période d'incertitude considérable et reste le talon d'Achille de la reprise économique», a écrit le FMI dans son rapport semestriel sur «la stabilité financière dans le monde».

 

Le Fonds a estimé que ce secteur financier était aujourd'hui en meilleure santé que lors du dernier rapport en avril, et que selon ses prévisions, il devrait continuer à guérir lentement. Il a abaissé son estimation des pertes qu'auront dû absorber, entre l'été 2007 et la fin 2010, les banques et autres institutions financières américaines, européennes et asiatiques, en raison de la baisse de la valeur constatée ou prévisible de leurs actifs financiers. Ce coût de la crise est évalué désormais à 2.200 milliards de dollars, contre 2.300 milliards il y a six mois et 2.800 milliards il y a un an.

 

Mais le risque existe toujours de voir les périls refaire surface. «Comme on l'a constaté à plusieurs occasions ces trois dernières années, la conjoncture que traverse le système financier mondial a maintenant le potentiel de passer très rapidement de propice à un mode de crise», a souligné le FMI. «La situation restant fragile, une partie du soutien public qui a été accordé aux banques ces derniers années devra être maintenue», a-t-il recommandé. «Les stratégies qui prévoient le retrait des politiques monétaires et financières non conventionnelles pourraient devoir être reportées tant que la conjoncture ne sera pas plus solide», a poursuivi le Fonds, évoquant les liquidités injectées dans le système financier par les banques centrales.

 

Il a conseillé à ses Etats membres de favoriser la levée de nouveaux capitaux par les institutions financières. «Dans ce contexte, les responsables politiques ne doivent pas gaspiller les occasions de renforcer et recapitaliser les systèmes bancaires, de s'attaquer au problème des entités trop importantes pour faire faillite, de réduire les engagements conditionnels, et de placer les finances publiques sur un chemin de redressement crédible», a-t-il expliqué. Les engagements conditionnels supposent pour une institution financière ou un Etat d'avoir des fonds si un événement particulier survient. «Sans nouveau renforcement des bilans, les systèmes bancaires resteront soumis à des chocs dans leur financement, qui pourraient intensifier les pressions en faveur du désendettement et constituer un poids supplémentaire sur les finances publiques et la reprise», a-t-il ajouté.

 

Le FMI a estimé que l'Europe était sortie du pic de la crise des dettes publiques en mai en mettant en place un fonds de soutien aux pays en difficulté en mai. Néanmoins, a-t-il insisté, «il est nécessaire de maintenir des mesures politiques résolues pour rester solidement sur la voie d'un système financier résistant». Aux Etats-Unis, selon le Fonds, «la stabilité financière s'est améliorée, mais des poches de vulnérabilité demeurent dans le système bancaire» comme l'immobilier, encore très dépendant de l'Etat.

 

 

 


Publié dans Economie

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