La Rochelle: Royal dézingue à droite comme à gauche

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

Meurtrie par le mauvais sondage, le tweet ravageur de Valérie Trierweiler et la détermination d'Olivier Falorni, son adversaire aux législatives, Ségolène Royal se lâche.

Petite pause dans une cafétéria hier.Tout le monde a mangé chaud. Photo AFP

 

Ce n'est plus une campagne électorale, c'est un festival de petites phrases. Deux jours après l'affaire rocambolesque du tweet de Valérie Trierweiler, la compagne de François Hollande affichant publiquement son soutien à son adversaire Olivier Falorni aux législatives à La Rochelle, Ségolène Royal ne pèse plus ses mots. Si elle se garde toujours de commenter le message ravageur de la première dame et affiche souvent un visage grave, elle s'en prend sans ambages au dissident socialiste et aux caciques de la droite picto-charentaise.

À propos d'Olivier Falorni, porté par les sondages (1) et toujours déterminé à croiser le fer dimanche, elle dénonce dans une interview au quotidien Libération une «trahison politique qui s'apparente à celle d'Éric Besson en 2007». Alors membre de la direction du PS, on se souvient qu'Éric Besson avait démissionné du parti en pleine campagne présidentielle pour apporter quelques semaines plus tard son soutien à la candidature de Nicolas Sarkozy.

Raffarin et Bussereau «gros machos de l'UMP»

Cette «trahison» est «intolérable», insiste Ségolène Royal. «C'est accepter de faire perdre une candidate de gauche avec les voix de la droite et de l'extrême droite», explicite la présidente de la région Poitou-Charentes en relevant que, selon le sondage, Olivier Falorni «récupère 83% des voix de Nicolas Sarkozy et 55% des voix de Marine Le Pen» à la dernière présidentielle. Pour Ségolène Royal, Olivier Falorni «n'est pas l'homme de la majorité présidentielle, mais bien l'instrument du "tout sauf Ségolène"». Il bénéficie aussi, affirme-t-elle, «de certaines vieilles complicités d'appareil» parmi les«revanchards qui n'ont jamais accepté qu'une femme assume un destin politique au plus haut niveau». La première secrétaire du PS, Martine Aubry, moins cinglante, a affirmé de son côté hier qu'Olivier Falorni ne siégera «jamais» au sein du groupe socialiste à l'Assemblée nationale s'il gagne dimanche. Parce que «s'il est élu à La Rochelle dimanche soir, il le sera grâce aux voix de la droite et à celles du Front national».

Pour enfoncer le clou, Ségolène Royal a estimé hier à La Rochelle qu'elle aurait dû être opposée au second tour des législatives à la candidate UMP Sally Chadjaa, une«femme courageuse», éliminée suite aux «manoeuvres d'appareil» qu'elle attribue aux«gros machos de l'UMP» que sont «Raffarin et Bussereau». Sally Chadjaa, estime-t-elle, aurait été «maltraitée» par le sénateur UMP de la Vienne et le président UMP du conseil général de Charente-Maritime qui «font leur petite soupe pour se servir eux-mêmes» et «n'ont pas cessé de la dénigrer y compris lors de réunions publiques». «À l'UMP, ils ont dit des choses très malveillantes, notamment sur ses origines. C'est insupportable, c'est intolérable. En tant que femme je suis solidaire», a encore déclaré Ségolène Royal.

(1) Ségolène Royal serait battue dimanche avec 45% des intentions de vote contre 55% à Olivier Falorni selon un sondage BVA pour Le Parisien et Aujourd'hui en France à paraître aujourd'hui.

Publié dans S.ROYAL

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