La guerre des Basques aura bien lieu

Publié le par DA Estérel 83

Le Point

 

 

Dans leurs fiefs historiques, les UMP Michèle Alliot-Marie et Jean Grenet luttent contre la vague rose.

Michèle Alliot-Marie en campagne à Saint-Jean-de-Luz, le 26 mai 2012.

 

 

"Je vais aller chercher les voix une par une", a-t-elle lâché dès le soir du premier tour des législatives. Au Pays basque, Michèle Alliot-Marie bataille pour conserver le siège de députée qu'elle occupe depuis 1986. Si elle est en tête dans la sixième circonscription des Pyrénées-Atlantiques (35,57 % des voix dimanche dernier), MAM a une sérieuse partie à mener face à son éternelle challenger - c'est la troisième fois que les deux femmes s'affrontent - la socialiste Sylviane Alaux. L'ancienne ministre UMP fait mieux que Nicolas Sarkozy au premier tour de la présidentielle (30 % des suffrages), mais elle perd treize points par rapport au premier tour des législatives de 2007 quand son adversaire en remporte dix de plus, totalisant 31,55 % des voix.

En cinq ans, le contexte a fortement évolué. Si le fief luzien de MAM - ainsi que deux cantons de Biarritz - a résisté à l'avènement élyséen de François Hollande le 6 mai dernier, le Pays basque se colore de rose. Un basculement historique confirmé lors du premier tour des législatives, les candidats de gauche, tous labels confondus, engrangeant plus de 50 % des voix. De manière plus large, cette tendance touche l'ensemble du Sud-Ouest - à l'issue du premier tour, huit députés socialistes et un Vert ont été élus, trois ministres sont en ballottage favorable.

Bastions féodaux

Il y a peu, l'irruption de Jean Espilondo sur une terre basque tenue historiquement par de grands féodaux de droite - les Borotra, les Grenet père et fils, les Marie père et fille - passait pour une incongruité. La conquête de la mairie d'Anglet par le socialiste, en 2008, après plus de quarante ans de règne UDF, avait en effet surpris tout le monde. Aujourd'hui, les bastions s'effritent. Même l'indétrônable Jean Grenet est malmené dans son fief bayonnais. Le député (depuis 1993) a été devancé de près de 1 000 voix dimanche soir par la candidate socialiste Colette Capdevielle - qui obtient 37,90 % des suffrages, contre 32,09 % au sortant. En cas de défaite, cette figure de la politique basque verrait menacé son fauteuil de maire - que son père détenait depuis 1959 avant de le lui léguer en 1995.

Combattante

Mais d'aucuns vont un peu vite en besogne en ajoutant du rose aux traditionnelles couleurs basques (rouge, vert, blanc). Car Jean Grenet, 72 ans, et MAM, 65 ans, sont tous deux de grands seigneurs politiques, enracinés, expérimentés, et qui jouent là leur survie politique. Pour convaincre les abstentionnistes, plus nombreux cette année qu'en 2007 (41 % contre 37 %), MAM a (beaucoup) de métier et une revanche à prendre. De plus, elle a fait sien un combat populaire au Pays basque : contrairement à son adversaire, elle s'oppose à la LGV. Bref, cette combattante politique, qui a occupé les plus hautes fonctions de l'État sans discontinuer pendant près de dix ans, n'a pas son dit son dernier mot. À bon entendeur...

Publié dans UMP

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