La gauche retrouve ses accents de 1981

Publié le par DA Estérel 83

Fressoz

 

 

Cette semaine, changement de ton. Finis l’apaisante image de la grande conférence sociale, le constat partagé sur la perte de compétitivité du pays et la nécessaire réforme de le financement de la protection sociale.

 

Oublié le temps donné aux partenaires sociaux pour qu’ils s’approprient les sujets et tentent si possible de les régler. Avec le collectif budgétaire, le gouvernement est entré dans le vif du sujet.

Il cherche de l’argent et n’ y va pas de main morte : refiscalisation des heures supplémentaires , taxation exceptionnelle des gros patrimoines: il tente de récupérer 3,6 milliards d’euros d’un côté, 2,3 milliards d’euros de l’autre .

 

Il ne prend personne en traître: François Hollande avait annoncé ces deux mesures pendant la campagne présidentielle. Mais il n’avait pas dit que pour les plus gros patrimoines, cela équivaudrait à un doublement du montant de l’impôt sur la fortune, soit un vrai coup de matraque .

 

Il n’avait pas prévu non plus que la réimposition des heures supplémentaires, qui va pénaliser en terme de pouvoir d’achat les enseignants et les ouvriers, susciterait des débats aussi tendus avec l’UMP qui défend pied à pied le slogan fondateur du sarkozysme : « travailler plus pour gagner plus ».


En huit jours, on est passé du climat apaisé de 1988 à celui beaucoup plus tendu de 1981 avec, en toile de fond, la multiplication des plans sociaux qui pousse le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg à réclamer des comptes au PDG de PSA, Philippe Varin, et à la famille Peugeot .

Tout cela est de bonne guerre : dans la guerre économique, la gauche se bat avec ses propres armes, en faisant payer les riches et sans donner de blanc seing aux patrons. Là ou cela se complique,  c’est qu’elle a impérativement besoin des riches et des patrons pour redresser le pays .

 

François Hollande l’a bien compris : sans politique de l’offre, il ne s’en sortira pas. Le nouveau président de la République a été élu pour mettre en œuvre son « pacte productif »avec le soutien de la gauche mais aussi d’une bonne partie des électeurs centristes en rupture avec Nicolas Sarkozy.

Cela va lui demander, dans la réalisation, beaucoup de doigté , une godille permanente entre la première gauche, version lutte des classes, et la deuxième beaucoup plus ouverte au compromis.

 

Le patronat qui se sait au centre du jeu , fait monter les enchères :

Laurence Parisot ,la patronne du Medef , se désolidarise déjà de la grande conférence sociale sans pour autant rompre complètement . Elle est engagée, elle  aussi, dans un jeu compliqué qui lui fait dénoncer le risque de délocalisation des entreprises et des fortunes sans pour autant vouloir les encourager.

 

Le chemin du compromis existe mais il est bourré d’obstacles.

 

Publié dans Billet

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