La France filtrera Internet

Publié le par DA Estérel 83

TomsGuide vendredi 17 décembre 2010 - Par David Civera - Source : Nouvel Obs

 

 

Les députés ont adopté l’article 4 de la loi Loppsi qui autorise le filtrage de sites sur liste noire par la gendarmerie qui n’a pas besoin de saisir le juge pour approbation. Le seul recours possible est maintenant la saisine du Conseil constitutionnel.


Absence coupable

Malgré l’importance de l’article en question, seuls 27 députés étaient présents et la loi est passée dans les mêmes termes qu’au Sénat. Pourtant, ce texte permet, pour la première fois en France, le blocage de sites Internet sans avoir besoin de passer par le juge. En principe, il faut que la page ait un caractère pédophile et qu’elle soit répertoriée par les services de police.

 

Une mesure très imparfaite

Les détracteurs de ce projet de loi invitent à une collaboration internationale avec l’ONU et le G20. Il existe déjà des associations non gouvernementales qui tiennent à jour des listes noires qui pourraient être utilisées pour accroître la neutralité du blocage. Ce sera toujours mieux qu’une liste noire répertoriant secrètement les noms de domaines interdits, soit un système qui ne permet aucune voie de recours et ne dispose d'aucune supervision.

D’autres opposants estiment que le blocage d’un site n’est qu’une illusion. Comme l’a montré l’exemple de WikiLeaks, dès qu’un site est bloqué, des sites miroirs apparaissent immédiatement. De plus, l’utilisation d’un VPN permet de facilement contourner les pare-feu mis en place par les FAI. 

En effet, dans ce cas précis, c’est l’ordinateur à distance qui se connecte et envoi un paquet chiffré à l’Internaute. Le FAI n’a donc aucune idée de ce qui se passe réellement. Il est vrai que les plus gros VPN surveillent de près l’utilisation de leurs réseaux et peuvent dénoncer un utilisateur ou tout simplement le bannir, mais dans de nombreux cas, des entreprises peu scrupuleuses ferment les yeux.

La lutte contre la pédopornographie est très importante, mais nous avons l’impression que les législateurs choisissent la solution la plus facile, même si elle est loin d’être la plus efficace et qu’elle ouvre la porte à de nombreux abus.

Publié dans Nation

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article