La France dans le club des pays payés pour emprunter de l'argent

Publié le par DA Estérel 83

L'Expension

 

 

La France a pour la première fois bénéficié d'un taux d'intérêt négatif à l'occasion lundi d'une émission d'obligations à court terme d'un montant de près de 6 milliards d'euros.

REUTERS/Charles Platiau

L'état de grâce de François Hollande -et surtout de la France - se poursuit sur le marché de la dette. On peut même dire qu'il s'amplifie. Paris a en effet emprunté lundi près de 6 milliards d'euros à court terme à des taux négatifs, une première qui illustre l'attrait de la dette française auprès des investisseurs, a annoncé l'Agence France Trésor.

La France rejoint ainsi le club fermé des pays européens qui bénéficient de taux gratuits, voire négatifs, comme l'Allemagne, les Pays-Bas ou le Danemark. Cela signifie schématiquement que les investisseurs acceptent de payer pour prêter de l'argent à la France.

Paris a emprunté 3,917 milliards d'euros à un taux de -0,005% pour des titres de dette à échéance le 11 octobre. Elle a également levé 1,993 milliard d'euros à un taux de -0,006% pour des placements à échéance le 27 décembre. Dans la mesure où les rendements évoluent à l'inverse des cours, cette faiblesse des taux signifie que jamais le prix des obligations n'a été aussi élevé. Autrement dit, la demande bat des records.

"Cela prouve qu'en ces temps de turbulences financières, la France fait figure de pays sûr", note Patrick Jacq, stratégiste obligataire pour BNP Paribas. Le pays n'est pas en récession, contrairement à plusieurs pays d'Europe du sud, même si la croissance est très faible.

Le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault a annoncé le 3 juillet lors de son discours de politique générale que le gouvernement anticipait une croissance de 0,3% pour 2012 et d'environ 1,2% pour 2013.

Pour Jean-François Robin, stratégiste chez Natixis, la baisse des taux d'emprunt concédés par Paris est amenée à se poursuivre. Les investisseurs professionnels (fonds de pension, investisseurs institutionnels...) "sont obligés de détenir dans leur portefeuille des actifs notés +triple A+ (la meilleure note possible) par les agences de notation. Or ces placements ne sont plus si nombreux", note-t-il.

La dette française est encore notée triple A par deux des trois grandes agences de notation (Moody's et Fitch). Elle est donc considérée comme telle par les opérateurs

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