La cour d’appel de Paris valide l’enquête financière sur Karachi

Publié le par DA Estérel 83

Libération

 

 

Nicolas Bazire (à droite), alors qu'il était directeur de cabinet d'Edouard Balladur (à gauche), le 20 juillet 1994.

 

 

Nicolas Bazire, Ziad Takieddine et Thierry Gaubert, mis en examen, avaient questionné le travail des juges. Les voilà déboutés.

Nicolas Bazire, ex-directeur de cabinet d'Edouard Balladur, mis en examen dans le volet financier de l'affaire Karachi, était entendu mercredi après-midi par les juges d'instruction chargés de l'enquête, a-t-on appris de source proche du dossier.La cour d’appel de Paris a validé lundi l’enquête sur le volet financier de l’affaire Karachi, contestée par Ziad Takieddine, Nicolas Bazire (photo AFP, à gauche) et Thierry Gaubert (photo AFP, à droite), tous trois mis en examen, a déclaré Me OlivierThierry Gaubert le 6 février 2012 à NanterreMorice, avocat des familles de victimes de l’attentat.

«C’est une validation complète de la procédureet un désaveu cinglant pour les mis en examen. Les familles des victimes sont extrêmement satisfaites de cette décision», a indiqué Me Morice à l’AFP.

Les trois mis en examen mettaient en cause le travail des juges, estimant qu’ils avaient travaillé pendant plusieurs semaines «hors saisine», en dehors du champ de leurs investigations. Les avocats des trois hommes demandaient la levée de la mise en examen de leurs clients et l’annulation de l’enquête.

L'intermédiaire Ziad Takieddine répond aux journalistes le 24 avril 2012 à ParisZiad Takieddine (photo AFP) est soupçonné d’avoir été imposé, avec un autre intermédiaire, Abdul-Rahman El Assir, à la dernière minute par le cabinet de François Léotard, alors ministre de la Défense, dans la conclusion de contrats d’armements avec le Pakistan (Agosta) et l’Arabie saoudite (Sawari II) en 1995.

Il a été mis en examen, notamment pour recel d’abus de biens sociaux aggravé, par les juges qui cherchent à savoir si les commissions versées dans le cadre de ces contrats ont pu alimenter, via des rétrocommissions, la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995.

Ziad Takieddine a également été mis en examen pour blanchiment de fonds aggravé, procédure rejetée par sa défense, qui contestait la saisie ordonnée de ses biens immobiliers. Nicolas Bazire, numéro 2 de LVMH et proche de l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy, a également été mis en examen pour complicité d’abus de biens sociaux.

Ancien directeur de cabinet d'Edouard Balladur, Nicolas Bazire récuse toute implication, tant dans la signature de contrats d’armement que concernant des valises de billets en provenance de Suisse durant la campagne présidentielle de 1995. Plus récemment, l’ex-associé de Ziad Takieddine, Abdul-Rahman El Assir, a été retrouvé en Suisse et mis en examen à la fin mai. Il doit être prochainement entendu par le juge Renaud Van Ruymbeke.

Ziad Takieddine revendique désormais un «rôle» dans «la conclusion» en 1994 du contrat Agosta de vente de trois sous-marins au Pakistan, mais a nié, dans un entretien à l’AFP, tout financement occulte de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur.

 

Publié dans Affaires

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