L’UMP a raison : il faut libérer les journalistes de droite

Publié le par DA Estérel 83

Rue89Politique

 

 

 

Les journalistes de droite, jusqu’ici bâillonnés, reprennent espoir : l’UMP Guillaume Peltier et son courant la Droite forte réclament en effet des quotas d’embauche sur le service public, pour « libérer l’information ». Il ne leur reste plus qu’à définir exactement ce qu’est un journaliste de droite...


Eric Brunet (CAPMAN/SIPA)

Guillaume Peltier n’est pas le seul à étouffer. Nicolas Beytout, l’ancien patron des Echos, préparerait « un Mediapart de droite », et Robert Ménard vient de lancer son site de débats. Ouf : sur le Web, le rééquilibrage de l’information est en bonne voie.

Si seulement on pouvait en dire autant de l’audiovisuel public ! Guillaume Peltier a beau zapper de France Inter à France Info, de France 2 à France 3 : partout, tout le temps, que des bien-pensants et des bobos de gauche.

Les modèles : Zemmour et Brunet

A tel point que, jusqu’ici allergique à la discrimination positive, il veut l’imposer à Radio France et France Télévisions. C’est une des propositions du « Pacte citoyen » de la Droite forte, le courant dont il est le cofondateur à l’UMP :

« Démocratiser les chaînes du service public, assurer la pluralité des sensibilités politiques dans les rédactions et libérer l’information en garantissant l’embauche de journalistes de droite sur les radios et télévisions financées par les contribuables français. »

On voit d’ici les bien-pensants s’étrangler. La Droite forte leur rappelle à juste titre qu’en 1981, François Mitterrand avait permis au Parti communiste de placer des journalistes de L’Humanité à France Inter ou à TF1, alors publique.

Il ne reste plus qu’à trouver qui envoyer sur France 2 ou sur France Inter. Justement, la Droite forte a des noms – ou plutôt, des exemples :

« Les penseurs et journalistes de droite, comme Eric Brunet, Eric Zemmour et Elisabeth Lévy sont très peu représentés dans l’audiovisuel français. »


Eric Zemmour (JACQUES DEMARTHON/AFP)

Les bobos de gauche éclatent de rire ? Il n’y a vraiment pas de quoi. Eric Zemmour ? Censuré, évidemment ! Lui qui tentait de combattre la pensée unique chez Laurent Ruquier a été lâchement remplacé par Natacha Polony, une gauchiste notoire.

Eric Brunet ? C’est sans doute à lui que la Droite forte pensait en parlant de « penseurs de droite » : l’animateur de RMC refuse d’être considéré comme un journaliste, tant cette profession de moutons socialo-communistes l’a écœuré.

Comme Rue89 l’avait révélé, s’il a abandonné sa carte de presse, c’est surtout parce qu’il était très occupé par ses activités de communicant. Il lui est même arrivé de faire de la pub déguisée pour ses clients à l’antenne. Pas grave : il est de droite, cela fera l’affaire.

Un temps de parole obligatoire

Une fois les hommes placés, il faudra revoir les grilles des programmes. Là aussi, la Droite forte a tout prévu :

« Sur le modèle des chaines infos [...], les chaines d’information du service public, radios comme télévisions, mettraient en avant, aux heures de grande écoute, le matin, à midi comme le soir, des journalistes se réclamant de la droite afin d’assurer une meilleure représentativité des opinions des Français.

Ces nouveaux formats d’équité de traitement médiatique seraient obligatoires lors des matinales comme des journaux de 13 heures et de 20 heures des chaînes du service public. »

C’est évidemment un immense chantier. Une petite suggestion pour commencer : et si on organisait un duel quotidien d’éditorialistes sur France Info, vers 8h50 ? Un de droite, un de gauche, et que le moins bien-pensant gagne.

Imaginons un peu le casting : Sylvie Pierre-Brossolette du Point contre le social-démocrate Laurent Joffrin, Jean-Sébastien Ferjou d’Atlantico contre son homologue gauchiste Pierre Haski... Et pendant ce temps-là, France Inter offrirait aussi une chronique dans sa tranche matinale à Nicolas Beytout.


Elizabeth Lévy (BALTEL/SIPA)

Tout cela existe déjà ? Peu importe : on étouffe quand même sur le service public. Alors que sur les chaînes d’info privées, nous rappelle la Droite forte, on peut assister à de grands moments de liberté, comme « le duel Macé-Scaron/Thréard sur i>Télé ».

Encore un exemple bancal. Aucun doute, Yves Thréard du Figaro est bien ce qu’on peut appeler un journaliste de droite. Mais Joseph Macé-Scaron en a aussi été un : avant de rejoindre Marianne, il dirigeait Le Figaro Magazine. Si on ne peut même plus se fier aux journalistes de droite...

Quand le RPR voulait former les journalistes

C’est à se demander s’il ne faudrait pas être encore plus audacieux. Pourquoi ne pas adopter en France le système de la « lottizzazione » qui organisait la Rai, en Italie ? Une chaîne publique attribuée à chaque parti politique, et l’affaire serait réglée, bien mieux qu’avec des quotas.

Peut-être faudrait-il aussi régler le problème à sa source. Les jeunes fondateurs de la Droite forte devraient ainsi se replonger dans l’histoire du RPR, l’ancêtre de l’UMP, et demander conseil à Michèle Alliot-Marie.

En 2000, interrogée dans CFJ Hebdo, le magazine des étudiants de la principale école de journalisme parisienne, MAM résumait la situation – qui n’a visiblement pas évolué en douze ans :

« Il y avait dans le temps de grands journalistes sensibles à nos idées. Aujourd’hui, je constate que ce n’est plus le cas. »

La solution était là, toute simple. Il fallait que le RPR forme lui-même les futurs journalistes, en les aidant à préparer les concours des écoles et en leur offrant des stages dans les publications du parti :

« Comme ça, nous aurons dans la presse des gens sensibles à nos idées. »

Si le RPR avait mis en œuvre ce plan, on n’en serait peut-être pas là. On n’assisterait pas à ce verrouillage de l’information par des journalistes qui, comme le constate la Droite forte, restent tous prisonniers de leur idéologie. Par exemple :

Publié dans Politique

Commenter cet article