L'industrie, échec majeur du quinquennat sarkozyste

Publié le par DA Estérel 83

Marianne

 

 

Le scoop de la CGT sur l'éventuelle fermeture par PSA des sites d'Aulnay-sous-Bois et de Sevelnord rappelle que la situation de l'industrie française n'est pas brillante. Laurence Dequay explique pourquoi il s'agit d'un des principaux échecs du président de la République.



Révélée jeudi par la CGT, les spéculations de PSA sur l'avenir de deux de ses sites clé, - Aulnay-sous-Bois (3600 emplois vitaux pour la Seine Saint-Denis) et Sevelnord (2800 emplois) dans le Valenciennois - ont fait l'effet d'une bombe malgré les démentis du constructeur préféré des Français et les allégations de son PDG Philippe Varin jurant, la main sur le cœur, qu'il n'envisageait plus de fermer ses deux usines, au vu du démarrage en fanfare de ses nouveaux modèles. 
Les salariés de PSA en sont convaincus : si la France ne se dote pas d'une grande politique industrielle, les injonctions du Premier ministre François Fillon - sommant PSA, sauvé de la faillite en 2009 par une aide financière publique et une coûteuse prime à la casse, d'assumer ses responsabilités à l'endroit de la nation - resteront au stade du vœu pieux.
 
Déjà depuis 2008, Sevelnord qui fabrique la 807, la C8 et de petits utilitaires comme le Peugeot Expert, a perdu 1700 postes. Le retrait annoncé de Fiat de cette usine, comme l'arrêt de la production de monospaces, pourrait inciter PSA à délocaliser ses lignes, soit à Vigo (Espagne), soit dans un « pays low cost » comme la Turquie.

Implacable, cette tyrannie du moindre coût fera donc paraître bien médiocre l'annonce ce 14 juin par Eric Besson, le ministre de l'Industrie, des investissements réalisés par les constructeurs, conjointement avec l'Etat, dans leur sous-traitance. Pour mémoire au moins 87,5 millions d'euros engagés dans des sociétés de fonderie, de mécanique et de métalloplastique.
 
De fait, alors que les retombées du grand emprunt ne seront appréciables que dans plusieurs mois, la situation de l'industrie tricolore est dramatique. En 2009, l'industrie a perdu plus de 200 000 postes de travail. Après une éclaircie en début d'année, ce secteur d'activité a vu sur le seul mois d'avril 2011 son emploi intérimaire - des ouvriers au 4/5-, reculer de 1,3%. Tout particulièrement dans l'agro-alimentaire et le transport. Pour le moins inquiétant. En fait, deux crises, de nature différente, semble se conjuguer.
 
D'une part, dans des territoires déjà durement éprouvés comme le Nord ou la Picardie, il y a encore des dizaines de sous-traitants, de grosses PME familiales qui, après avoir été étranglées financièrement par les pertes de production en 2008-2009, ne parviennent pas à rebondir. Ou sont touchées, comme les fabricants de panneaux solaires (Photowatt à Bourgoin-Jailleux près de Lyon) par des changements de cap brutaux du gouvernement qui a réduit les bonifications de cette filière.
 
D'autre part, depuis le début 2011, le gros de la tempête passée, les grands groupes internationaux réexaminent à la loupe la compétitivité de leurs technologies et de leurs sites au regard de la nouvelle donne mondiale. Exemple : le raffinage pétrolier, un secteur devenu largement surcapacitaire en France depuis que de nouvelles raffineries à bas coûts ont été inaugurées en Asie et au Moyen-Orient. Ainsi outre le site de Total à Dunkerque et celui de Petroplus à Reichstett en Alsace, c'est désormais la raffinerie reprise il y a moins de deux ans par l'américain Lyondell Basel sur l'étang de Berre (750 emplois directs et indirects) qui vient d'être mise en vente. Et c'est peu dire que les repreneurs, comme à Reichstett, ne vont pas se bousculer au portillon. L'enjeu est pourtant clé pour l'avenir du Port de Marseille.  C'est pourquoi dès le 22 juin, le ministre de l'Industrie devrait annoncer un plan national en faveur du raffinage. Trop tard pour éviter la casse avant la présidentielle ?

Publié dans Politique

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