L’erreur politique de Mélenchon

Publié le par DA Estérel 83

Coulisses de Sarkofrance

 

 

Jean-Luc Mélenchon a livré sa grande interview de rentrée, quelques jours avant les traditionnelles universités d'été des uns et des autres. Dimanche 19 août 2012, dans les colonnes du JDD, on pouvait lire ceci:

"cent jours pour presque rien"

La charge est prétendument rude contre François Hollande.

1. Mélenchon est déçu. Ah ... L'inverse nous aurait surpris"On n'a pas élu Hugo Chavez"rappelait mon confrère o16o il y a quelques semaines. "Nos députés ont voté le collectif : c’est un coup de serpillière sur les plus grosses taches laissées par Sarkozy."

2. Hollande ne gouvernait pas pour les électeurs ou sympathisants du Front de Gauche. Ce dernier a rassemblé 4 millions de voix au premier tour de la présidentielle. Il a permis à Hollande de gagner au second... comme le camp écologiste, les centristes qui ont préféré Hollande à Agité 1er, et, on l'oublie trop souvent, la douzaine de millions d'électeurs qui ont choisi Hollande dès le premier tour.

3. Selon Mélenchon, il aurait fallu davantage d'insurrection, ou poursuivre l'insurrection électorale née de la campagne présidentielle.

"Hollande a désamorcé le contenu insurrectionnel du vote de la présidentielle. Il l’a dilué dans les sables des plages du Var. Comme si l’élection s’était résumée à une question de personnes : un normal à la place d’un agité et tout serait dit."

Mélenchon, comme moi, est sans doute resté marxiste. Il faut utiliser les rapports de force quand ils sont favorables. Or justement, ces rapports de force étaient loin d'être favorable à la gauche en mai dernier: Mélenchon oublie un peu vite qu'il a été largement distancé par le FN. Hollande a devancé de peu son rival Sarkozy. Et Il a séduit car justement il a rassuré une large fraction centriste. En 2007, la "question" centriste était encore centrale.

4. François Hollande n'est pas aussi à gauche que je le souhaite. Mais à la différence de certains critiques gauchistes virulents, je ne crois pas avoir été trompé sur la marchandise ni l'élection. Bien au contraire. Je fais depuis longtemps la part des choses entre mes rêves de gauchitude écologiste et la réalité politique de ce pays. J'espère et j'applaudis Mélenchon quand il appelle à une prise de pouvoir "dans les 10 ans". Mais nous n'y sommes pas. Et Mélenchon se trompe en pensant qu'il faut taper durement sur "Hollande le social-libéral". Pour gagner, comme nous l'expliquait Gramsci, il faut l'emporter sur l'agenda. Nous n'y sommes pas. La France est encore conservatrice, tourneboulée par la crise d'un système.  Mais où avez vous vu qu'elle en rêve d'un autre ?

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