L'«équipe de France» Montebourg est sur le pont. Mais la vague est forte

Publié le par DA Estérel 83

Marianne2

 

 

Arnaud Montebourg a pour mission de dynamiser l'activité industrielle du pays. Pour y parvenir, le ministre du Redressement productif compte sur 22 commissaires régionaux chargés de surveiller les entreprises menacées. Une pile de dossiers attend. Dont celui de l'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) et de ses 3 400 salariés.


(Arnaud Montebourg, le 13 juin - PRM/SIPA)
(Arnaud Montebourg, le 13 juin - PRM/SIPA)
Réanimer l’appareil industriel et productif. Vaste mission qui incombe à Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif. La Cour des comptes a remis, lundi, au Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, son rapport sur l'état et les perspectives des finances publics. Selon ce rapport, l'Etat doit trouver entre six et dix miliards d'euros pour atteindre l'objectif de 4,4% de déficit public en 2012. Ce mardi, Jean-Marc Ayrault prononce à l'Assemblée nationale son discours de politique générale. Il n’est plus question d’effets de manches mais d'efforts budgétaires, de rigueur. Dans ce contexte, redresser l'activité industirelle tient de la gageure.  

Afin de défier les lois du marché et le cynisme de l'économie libérale, Arnaud Montebourg s’est entouré de 22 commissaires régionaux nommés après proposition des Préfets de région. A eux de surveiller et détecter les entreprises en difficultés. Son « équipe de France du redressement productif », devra être de toutes les négociations, faisant « preuve d'audace »pour que « la part de l’industrie ne tombe plus bas, » a-t-il déclaré lors de leur accueil à Bercy, lundi  La France a perdu près de 750 000 emplois en l’espace de dix ans. 

« ROULER DANS LA FARINE »

Le dossier le plus brûlant auquel s'attaque actuellement le ministère concerne le groupe PSA et la probable fermeture de l’usine d’Aulnay-sous-bois d'ici à 2014. Celui que Le Point a qualifié de « ministres des Catastrophes » s’est fendu d’une lettre au président du directoire du groupe, Philippe Varin, vendredi 29 juin. Sur ce document mis en ligne sur le site du ministère, Arnaud Montebourg en appelle à la « transparence nécessaire » de la direction concernant « l’avenir de plusieurs sites de PSA ». Il demande ainsi que des précisions soient apportées sur les « orientations stratégiques » que le « groupe s’apprêterait à prendre ». Il enjoint la direction à faire « connaître ses intentions au plus vite et de façon précise » ; 3 400 personnes sont menacées par la fermeture du site. 3000 à 4000 employés seraient également concernées par une restructuration du groupe à l’échelle du pays. 

La publication de ce courrier survient dans un climat social extrêmement tendu entre la direction et les ouvriers du site. Le ministre travaille pour remettre « l’Etat au cœur des stratégies économiques de la nation ». A la lecture de cette lettre, le délégué cégétiste, Jean-Pierre Mercier, tête de pont dans la lutte des salariés d’Aulnay, a aussitôt réagi : « Toute la France sait qu'ils veulent fermer Aulnay et qu'ils vont l'annoncer dans les prochains jours, à la seule différence qu'ils ne vont pas annoncer la fermeture mais la reconversion du site »« Quel jeu joue-t-il [Arnaud Montebourg] ?, s’interroge-t-il, il a rencontré Varin la semaine dernière, Varin ne lui a rien dit, ça veut dire qu'il s'est fait rouler dans la farine. » Au cabinet du ministre, on explique que la publication de cette lettre était effectivement destinée à l'opinion publique et aux salariés de PSA mais d'abord à Philippe Varin: « il faut qu'il comprenne qu'on arrête de jouer au chat et à la souris, qu'il nous communique les diagnoqtiques dont on a besoin pour connaître la situation réelle du groupe. »

45 000 EMPLOIS SUR LA SELLETTE

Outre ce dossier explosif, le ministre et son « équipe de France », doivent veiller de très près à la situation d’un certain nombre d’entreprises en difficulté : 46 selon la CGT, dix de moinsselon le chef du gouvernement. Au total ce sont près de 45 000 emplois qui sont sur la sellette. Parmi les dossiers en suspens: Air France, General Motors, la SNCM, ArcelorMittal ou encore les chantiers navals de Saint-Nazaire ou le fabricant de pneus, Goodyear. Une carte recensant les principaux sites concernés est disponible ici. Une autre, plus exhaustive, est consultable par .  

De quels leviers Montebourg dispose-t-il pour soutenir des entreprises aussi différentes que Goodyear, Air France ou une PME ? « Nous fonctionnons au cas par cas, explique-t-on au service de communication du ministre. Mais nous allons nous appuyer sur la BPI [Banque publique d'investissement] pour remettre du cash dans l'économie réelle, essayer de recouvrer la souveraineté de l'Etat sur certains secteurs stratégiques, négocier avec les banques. On peut également proposer un arsenal législatif et réflechir aux moyens de favoriser la préférence française ». Cette préférence française pourrait signifier - par exemple - de poser la question de la pertinence de distribuer des aides à Renault si Renault continue à délocaliser. Les contours se dessinent mais restent flous.   

En attendant une rentrée qui risque d’être tendue, le ministre du Redressement productif consulte. Il a rendez-vous, entre autre, avec Anne-Marie Couderc, présidente de Presstalis, vendredi. Le groupe, proche du dépôt de bilan, - il a perdu 15 millions d'euros l'an dernier - est sous la menace d'un plan de redressement. Il pourrait concerner 1 000 salariés sur 2 500. Encore un dossier chaud qui attend pour le ministre Montebourg, son « commando » et« l'équipe de France ».

Publié dans Economie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article