L'Éducation en devoirs de rattrapage

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

Avant de prétendre construire l'école idéale, Vincent Peillon et le gouvernement sont d'abord contraints de s'attaquer à des devoirs de rattrapage qui ne concernent pas seulement les effectifs de l'Éducation nationale. 

 

Vincent Peillon réussira-t-il là où tant de ses prédécesseurs se sont cassé les dents? Hier, alors que les élèves partaient en vacances, le ministre de l'Éducation réunissait à la Sorbonne un grand raout dont la plus célèbre université de France a l'habitude. Son intitulé - pour une refondation de l'école de la République - fixe l'ampleur de ce chantier érigé au rang de priorité absolue par François Hollande. 

Jusque début octobre, la conférence de «concertation» de la Sorbonne va se démultiplier partout en France mêlant enseignants, parents d'élèves, élus et associations pour préparer une nouvelle loi d'orientation et de programmation fixant les objectifs et les moyens de l'Éducation nationale pour les années à venir. Cette remise à plat est loin d'être «inédite» comme l'affirme Vincent Peillon oublieux de celles lancées par nombre de ses prédécesseurs. 

À l'origine de la loi d'orientation de 2005, le «débat national sur l'avenir de l'école» avait ainsi mobilisé plus d'un million de participants au cours de 26.000 réunions et nourri des rapports circonstanciés... pour la plupart restés sans suite. Sans autres effets notables que la poursuite d'une descente aux enfers de la cote de l'Éducation à la française dans les évaluations internationales et le mécontentement conjugué des parents d'élèves et des enseignants. 

Avant de prétendre construire l'école idéale, Vincent Peillon et le gouvernement sont d'abord contraints de s'attaquer à des devoirs de rattrapage qui ne concernent pas seulement les effectifs de l'Éducation nationale. Car, derrière les têtes de chapitre ronflantes de cette «grande concertation», des groupes se bousculent une série de maux à soigner qui amènent chaque année 150.000 jeunes à sortir du système scolaire sans diplôme ni qualification.

La chance de Vincent Peillon est d'avoir face à lui des enseignants plutôt bien disposés par le plan d'urgence répondant à la promesse de 60.000 nouveaux postes dans une Éducation nationale qui en avait perdu 33.000 pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Sa tâche la plus difficile sera de convaincre tous ses interlocuteurs que les décisions finales, déjà largement esquissées dans le programme de François Hollande, tiendront bien compte de leurs intérêts particuliers, nombreux et souvent antagonistes comme le démontre le serpent de mer de la réforme sur les rythmes scolaires. 

Sa mission est de dégager le consensus, les outils et les moyens indispensables pour éviter que cette nouvelle «grande» réforme de l'Éducation nationale accouche d'une série de mesures appelées à être rapidement remises en cause. Ce qui est loin d'aller de soi en cette période obligée d'austérité budgétaire.

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