Kadhafi: la nassese referme encore

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

Mouammar Kadhafi est-il en train de vivre ses derniers jours à la tête de la Libye ? En tout cas le sommet du G8 de Deauville vient de serrer un peu plus le garrot autour de son cou. D'abord sur le plan militaire. Aux attaques aériennes vont désormais s'ajouter les tirs de missiles des hélicoptères d'attaque anglais et français. Le feu vert leur a été donné hier pour attaquer les cibles mouvantes du colonel partout en Libye et jusque dans les rues de Tripoli.

Ce feu vert est d'abord une façon pour les alliés de continuer à respecter leur engagement de ne pas envoyer de troupes sur le terrain - même si personne n'est dupe sur la présence, dès le déclenchement des opérations, de commandos des forces spéciales pour guider les frappes... - tout en se rapprochant au plus près du sol. C'est surtout le signe d'une véritable escalade guerrière décidée afin, comme l'a dit crûment Obama, de «finir le job». au plus vite.

C'est sans plus de détour que Nicolas Sarkozy a envoyé au colonel le message selon lequel plus le temps passait et plus les chances de sauver sa peau s'éloignaient. Plus il s'obstinait à s'accrocher au pouvoir et plus le nombre de destinations pour lesquelles on pourrait lui décrocher un vol et un asile se réduirait. Le communiqué final du G8 est tout aussi limpide quand il avertit que Kadhafi «n'a aucun avenir dans une Libye libre et démocratique».

On dira que cet ultimatum n'est pas nouveau. Sauf que pour la première fois, la Russie partage cet avis et signe. Alors que Moscou s'était abstenu lors du vote de la résolution 1973 de l'ONU qui autorisait une zone d'exclusion aérienne en Libye et avait critiqué régulièrement les opérations de bombardement de la coalition, la Russie a reconnu hier à Deauville que Kadhafi «doit partir».

Pourquoi un tel revirement ? Sans doute Moscou a-t-il fini par comprendre que sa position l'isolait de plus en plus. Comment plaider pour le maintien d'un dictateur à qui même les pays africains et arabes amis tournent le dos ? Comment s'accorder avec ses partenaires du G8 pour verser une aide économique afin de soutenir le «printemps arabe» et fermer les yeux sur les révolutionnaires libyens victimes des massacres de Kadhafi ?

Mais on peut sans grand risque de se tromper penser que ce revirement de Moscou doit sans doute bien moins à un soudain enthousiasme pour la contagion démocratique au Proche-Orient qu'il n'est le résultat d'un troc autrement cynique. La Russie en lâchant un Kadhafi au bout du rouleau donne un gage aux Alliés et attend en retour que ceux-ci continuent à détourner impudiquement les yeux d'autres massacres. Ceux qui se déroulent en Syrie sous la houlette d'un ami indéfectible de Moscou, un certain Hafez al-Hassad.

Et pour montrer que décidément la Russie est de bonne volonté, elle offre même sa médiation pour convaincre Kadhafi de débarrasser le plancher...

Publié dans Etranger

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