Je détricote,tu détricotes...

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

Cette fois, c'est parti. La gauche a mis les mains dans le cambouis. Hier à l'Assemblée nationale les députés sont passés aux actes. Conformément aux promesses de campagne du candidat Hollande, ils ont entériné la suppression des exonérations sociales et fiscales liées aux heures supplémentaires. Ils vont aussi abroger l'augmentation de la TVA programmée par le gouvernement Fillon au 1er octobre prochain. Elle devait passer de 19,6% à 21,2%. 

La droite vitupère. Elle reproche au nouveau pouvoir de n'avoir qu'un seul objectif, détricoter l'ouvrage de Nicolas Sarkozy. Sans doute. Mais cette même loi TEPA (travail emploi et pouvoir d'achat), votée il y a juste cinq ans, le 16 juillet 2007, n'était-elle pas un détricotage de la loi Aubry instituant les 35 heures? Si les majorités qui se succèdent ne détricotaient pas, à quoi servirait l'alternance? Au nom des convictions de chacun, le détricotage n'a pas moins de vertu que le tricot.

Il n'est pas inutile de rappeler que les deux gouvernements qui se seront succédé en 2012 auront cherché à réduire le déficit. Le premier, de droite, a gonflé de 15 milliards d'euros la note fiscale en début d'année, le second, de gauche, cherche 7,2 milliards pour tenir la limite du déficit auquel il s'est engagé. Ils ne se trouveront pas sous le sabot du cheval. 

La droite peut déplorer que neuf millions de salariés qui ont bénéficié ces dernières années des heures supplémentaires perdent quelque 40 euros en moyenne. Le propos relève de la posture. Elle ne peut gommer qu'une hausse de la TVA de 1,6 point aurait frappé tous les ménages, actifs et retraités. Sans compter qu'un rapport parlementaire signé en juillet 2011 par l'UMP et le PS préconisait la suppression de la loi TEPA qui présentait plus d'inconvénients que d'avantages.

En revanche la droite parlementaire a eu raison de s'indigner que le rapporteur de la commission des finances, le socialiste Christian Eckert, ait présenté un amendement pour que la fiscalisation des heures supplémentaires soit appliquée rétroactivement à partir 1er janvier dernier. La disposition était certes légale, mais contraire aux usages et à l'esprit du droit selon lesquels «la loi ne dispose que pour l'avenir et n'a point d'effet rétroactif»

Dans un premier temps le groupe socialiste, ébranlé, a repoussé l'application au 1er juillet avant que le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, n'arbitre lui-même: la loi prendra effet après son vote, au 1er août. Et c'est heureux. Autant pour les citoyens que pour le principe. Le contraire eut été une facilité coupable et, pour le coup, une belle occasion pour l'opposition de dire que la gauche voulait d'abord des lois Sarkozy faire table rase.

Publié dans Politique

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