iPhone 5 : la Pomme se paye notre poire !

Publié le par DA Estérel 83

Marianne2

 

 

Mise en vente vendredi 21 septembre, la dernière mouture de l’iPhone est un attrape-couillon capable de susciter l’hystérie des fans et des journalistes. Une réussite à mettre au crédit de la marque à la pomme, passée maître dans l'art de la communication.


(Tim Cook - HENQ QUI/CHINE NOUVELLE/SIPA)
(Tim Cook - HENQ QUI/CHINE NOUVELLE/SIPA)
Vous changeriez de voiture pour un modèle identique mais plus cher ? A priori non. Mais dans le monde merveilleux d’Apple, on saurait vous en convaincre. Mise en vente vendredi 21 septembre, la dernière mouture de l’iPhone – dont 10 millions d’unités devraient s’écouler dans les huit jours –, est pourtant un attrape-couillon, avec tout le respect que Marianne doit à ses lecteurs. 

En fait d’innovations « extraordinaires », selon le vocable usuel des préposés à la promotion, il faut se contenter de très menues améliorations : un écran plus large, un corset plus serré. Mais c’est suffisant semble-t-il pour provoquer l’hystérie des fans et des journalistes

À l’heure des crises mondiales, personne ne s’offusque de l’inexplicable augmentation du prix de l’objet du délire : 900 € dans sa version la plus copieuse, soit 50 € de mieux que son prédécesseur et 300 € de plus que ses concurrents. Mais le pépin qui nous reste en travers du gosier, c’est le changement de la prise secteur. Car cette maudite rallonge, en plus d’assurer la recharge de l’appareil, le raccorde à des centaines d’accessoires made for iPhone, notamment des docks audio vendus entre 100 € et 1 000 €, qui deviennent soudain obsolètes. Si on a pas acquis en sus un adaptateur, vendu exclusivement  (39€) chez Apple. 

Au temps pour notre pouvoir d’achat, sale temps pour l’environnement. Les associations vertes comme les Amis de la Terre dénoncent « l’obsolescence programmée  » des produits Apple et soulignent « le coût écologique et social » de leur renouvellement annuel. 


MESQUINERIES LUCRATIVES


À la Commission européenne, on s’étrangle aussi car la firme américaine, comme une dizaine de fabricants (Samsung, LG, Nokia), a signé en 2010 un accord de principe pour généraliser, dès 2011, l’emploi d’un cordon de recharge universel, commun à tous les portables du marché. Mais, contrairement à ses petis camarades, elle n'a pas tenu parole. 

On ne s’étonne plus non plus que l’iPhone soit encore un des rares smartphones à ne pas disposer d’une batterie amovible. Autant de mesquineries lucratives dans un écosystème bien huilé où l’objectif est tout autant de piéger l’usager que de lui simplifier la vie.  

Vous cherchez de la musique, des films ou un jeu vidéo ? C’est possible du bout des doigts grâce à l’AppStore, ce magasin virtuel installé sur tous les iPhones qui ne connaît ni grèves, ni horaires, ni ruptures de stocks. Attention, une fois le système adopté, c’est pour la vie. Impossible de récupérer ses précieuses applications acquises parfois chèrement (70 € un GPS…) pour les utiliser sur un téléphone de marque différente. 

Qu’en dit la presse énamourée ? Elle suit les directives de la big world company. Car chez Apple, on maîtrise l’art de la communication directive sur le mode donnant-donnant. D’un accord tacite, les journalistes invités à San Francisco pour assister à la grand-messe du divin, les fameuses keynotes orchestrées par Tim Cook, le successeur de Steve Jobs, se doivent de pondre un  premier compte-rendu sur place. Les scribouillards européens se contentent de prendre le TGV pour Londres afin d’assister à… une retransmission télévisée. Les élus, soigneusement choisis, repartiront avec le dernier joujou en cadeau.  

Objectif ? Produire un autre article, pour le jour de la sortie officielle. Histoire de se persuader qu’un nouvel iPhone, c’est vraiment « extraordinaire ». Et qu’on n’est pas des gogos.

Publié dans Medias

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