Impopularité: ce n'est qu'un début !

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

La chute du taux de popularité de François Hollande est vertigineuse: 56% des Français sont mécontents de sa politique, soit 11 points de plus que le mois précédent selon un sondage IFOP publié dimanche. Cette impopularité était pourtant inscrite dans ses promesses de campagne, page 11 du livret de l'aspirant-président, engagement numéro 9: «Le déficit public sera réduit à 3% du produit intérieur brut en 2013». 

Que croyaient donc les Français, à commencer par ceux qui ont voté pour lui ? Que la douloureuse, comme l'accident, ce serait pour l'autre ? Que la résorption du déficit était une potion douce et sucrée comme celle qu'on administre aux enfants qui toussent ? On peut prétendre, comme la droite, que cet engagement est incompatible avec la plupart des 59 autres du candidat Hollande. On peut assurer, comme la gauche de la gauche, que la réduction du déficit n'est pas le bon chemin. 

On peut tout dire, à un bémol prêt: que lève la main le premier homme (ou femme) politique qui n'a jamais dénoncé le scandale d'une dette de plus en plus énorme abandonnée aux générations suivantes. Ne faisons pas de la contrainte budgétaire fixée par l'Europe le bouc émissaire de nos dérives passées.

Sous cet angle, l'impopularité du Président est un point de passage obligé. Et ce n'est qu'un début. Elle va prendre un grand coup d'accélérateur pour cette seule semaine. Les chiffres du chômage d'août seront annoncés mercredi, ils seront mauvais. Les réunions des comités d'entreprise de Sanofi aujourd'hui et d'Arcelor Mittal demain promettent leur lot de plans sociaux.

Vendredi, le conseil des ministres sera dans le vif du sujet. Le projet de loi de finances arrêtera les modalités qui vont serrer la ceinture du pays d'un cran supplémentaire à 30 milliards. Lundi la présentation du projet de loi du financement de la Sécu en 2013 sera de la même veine, dans la course à l'économie.

La politique n'est pas un concours de beauté. L'impopularité n'est pas rédhibitoire. À condition qu'elle ne s'installe pas dans la durée. Du désenchantement peut naître la défiance puis la révolte. Le tandem Hollande-Ayrault ne peut opposer au miroir des sondeurs que le pari de poser le socle indispensable à un avenir meilleur. Pour «vendre» ce pari, il faut inspirer la confiance, avoir le verbe pédagogique et convaincant. 

Sur le premier point, pas davantage les journées parlementaires du PS à Dijon et la reculade sur le non-cumul que l'épisode schizophrène des écologistes, tambouille grotesque, ne risquent de séduire les citoyens. Sur le second point, Jean-Marc Ayrault a droit à un oral de rattrapage jeudi soir sur France 2. Il est urgent qu'il se lâche. Son ton professoral ne suffit pas.

Publié dans Gouvernement

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viviane 25/09/2012 14:15

et que fera-t-il d'autre ? prendre parti contre le traité !!