Ils se croyaient intouchables (2/4). Sarkozy, le « patron »

Publié le par DA Estérel 83

01-Mediapart

 

 

Le 5 juillet 2011, en perquisitionnant les domiciles et bureaux de Thierry Gaubert, le juge Renaud Van Ruymbeke a mis un pied où il ne fallait pas. Gaubert, ami et collaborateur de Nicolas Sarkozy pendant quinze ans, est le dépositaire des premiers secrets du président de la République. L’Elysée est touché, le clan est en alerte.

Brice Hortefeux, un autre intime du chef de l’Etat, appelle Thierry Gaubert trois jours plus tard, à 12h30 : « Alors je te signale que y a Mediapart qui cherche beaucoup sur Ziad », lui dit l’ex-ministre de l’intérieur. « Ah oui ? », semble s’étonner Gaubert. « Beaucoup. C’est très étonnant ce qu’ils ont comme éléments d’information »,enchaîne Hortefeux. Gaubert : « Ah bon ? ». Hortefeux : « Ils ont retrouvé un déplacement de Charon (Pierre Charon, conseiller de Nicolas Sarkozy à l’Elysée - ndlr) en 2005, chez Ziad, avec les billets payés et tout ça. C’est… Je ne sais pas comment ils font les mecs, hein. Je ne sais pas comment ils font. »

 

Brice HortefeuxBrice Hortefeux© Reuters

 

L’ancien ministre de l’intérieur appelle fréquemment le “06” de Gaubert, sans se douter que son ami est sur écoutes. Cette fois, il l’avertit deux jours avant la mise en ligne par Mediapart du premier volet des « Documents Takieddine », le 10 juillet 2011. Les perquisitions ordonnées par le juge Renaud Van Ruymbeke ont provoqué un début de panique chez les Gaubert et, au-delà, dans l’entourage direct de Nicolas Sarkozy.

L’une des filles de Thierry Gaubert, elle aussi sur écoutes, l’annonce à un ami quelques jours plus tard : « Si Sarko, il passe pas en 2012 (…) vraiment, ils sont tous dans la merde ». « Ah là, je crois que si Sarko il passe pas, ils sont morts», commente son ami. « Ah ouais. Tous », conclut Nastasia Gaubert.

L’enquête Takieddine devient l’histoire d’un clan aux abois. Celui d’un président de la République qui n’ose plus vraiment soutenir ses amis. « Hortefeux est dans la merde. Sarko, il veut même pas l’aider », traduit Nastasia.

ziad la menace

Le « patron », comme disent Takieddine et Guéant, est lui-même menacé. Le marchand d’armes a personnellement – et publiquement – averti Nicolas Sarkozy des dangers encourus. A l’automne, lors de l’émission Complément d’enquête (France 2), il s’exclame: « Je les tiens tous dans ma main ! Je peux tous les faire tomber ! Tous ! »

 

Ziad Takieddine (au centre), Dominique Desseigne (patron du Fouquet's) et Thierry Gaubert (en chemise rouge)Ziad Takieddine (au centre), Dominique Desseigne (patron du Fouquet's) et Thierry Gaubert (en chemise rouge)© Photo Mediapart

 

Une semaine plus tard, il va plus loin sur BFM TV: « Je dis au président de la République, je lui suggère : Arrêtez ! Tout de suite ! Puisque vous êtes garant de la Constitution, levez le secret défense sur tous les contrats (…). Franchement, il lui appartient de faire ça tout de suite ! Dans les 24 heures ! C'est digne ! Il est digne ! Il le fera !» Dans la même interview, affalé dans le canapé de l’un des salons de son appartement parisien de 600 m2, il réclame d’être reçu toutes affaires cessantes par Nicolas Sarkozy :« Il a intérêt. Et la France a intérêt, déclare-t-il. Qu’il me reçoive au moins quinze minutes ».

Takieddine fréquente son entourage depuis presque vingt ans, à l’époque de la négociation des marchés d’armement du gouvernement Balladur, avec l’Arabie Saoudite et le Pakistan. Proche collaborateur du maire de Neuilly, Thierry Gaubert est alors conseiller de Nicolas Sarkozy au ministère du budget. Mais il a aussi un bureau au siège de campagne d’Edouard Balladur.

Gaubert et Takieddine ont été présentés par deux piliers de la campagne, Renaud Donnedieu de Vabres et Nicolas Bazire, respectivement conseiller du ministère de la défense et directeur de cabinet du Premier ministre. Ce dernier, intime de Nicolas Sarkozy, sera son témoin de mariage avec Carla Bruni.

 

Voyages en Suisse, avec valises...

Au siège de la campagne Balladur, Gaubert occupait le bureau 500, celui de la cellule “déplacements“, dirigée par Brice Hortefeux, chef de cabinet du ministre du budget. Des déplacements, Thierry Gaubert en faisait beaucoup à l’époque, à Genève. Et souvent aux mêmes dates que Ziad Takieddine, quand il venait retirer en espèces l’argent des commissions des ventes d’armes.

« Il est exact que mon mari et Ziad Takieddine se sont rendus à plusieurs reprises en Suisse pour aller dans une banque et plus précisément dans le coffre qu’il avait chez Mauricio (Safdie), a expliqué Hélène Gaubert aux policiers. Ils partaient de Paris et allaient à Londres en train. Ensuite ils prenaient un avion pour aller en Suisse, sur ligne régulière et faisait le chemin retour dans le sens inverse et par les mêmes moyens de transports. »

 

© Reuters

 

L’argent liquide retiré du circuit par les intermédiaires entre 1994 et 1996 a été estimé à 71 millions de francs. « Thierry m’a dit qu’il remettait de temps en temps l’argent à Nicolas Bazire, a poursuivi son ex-épouse. Quand il allait en Suisse avec Ziad Takieddine, mon mari travaillait au ministère du budget ».

Cette déposition d’Hélène Gaubert, le 8 septembre 2011, provoque un nouvel électrochoc, lorsque Mediapart en révèle la teneur une semaine plus tard – sans toutefois donner son nom. Hortefeux avertit encore Gaubert. « On me dit que c’est Hélène qui raconte beaucoup de choses, je te signale », lui confie-t-il, le 14 septembre au matin. « Elle balance beaucoup apparemment Hélène, ajoute-t-il plus tard. Elle a été entendue ». « C’est par Brice Hortefeux que j’ai eu la confirmation que le témoin anonyme était ma femme Hélène », concède Thierry Gaubert devant les policiers.

une amitié généreuse

Hélène Gaubert parle d’or. Les couples Sarkozy et Gaubert ont été inséparables. Nicolas Sarkozy a marié Thierry et Hélène de Yougoslavie, à Neuilly, en 1988. Et lorsque Gaubert prend les rênes d’un organisme collecteur du 1% logement, au centre des projets immobiliers des élus des Hauts-de-Seine, il prend soin d’inviter à ses frais son mentor de Neuilly un peu partout, dans des lieux de prestige.

A Venise, il réserve le Cipriani, un joyau de l'hôtellerie vénitienne, pour le couple Sarkozy. « Nous avons pris l’avion par la compagnie Air France, en classe business, s’est souvenu Hélène Gaubert devant les policiers. Sarkozy avait une suite, mais nous n’avions qu’une simple chambre. Je ne sais pas avec quel argent Thierry a payé tout cela. »

D’autres invitations suivront, à Deauville, où Gaubert possède une villa, ou à Palm Beach, en Floride, chez les parents d’Hélène.« Toutes ces invitations et voyages payés n’avaient qu’un seul but, à savoir de remercier ces gens pour tous les services qu’ils avaient rendus à Thierry », a indiqué Hélène Gaubert.

Takieddine (à gauche), Gaubert (au centre) et Copé (à droite)Takieddine (à gauche), Gaubert (au centre) et Copé (à droite)© Mediapart

Dès le mois de mai 1995, lors d’un de ses voyages en Suisse avec Ziad Takieddine, Thierry Gaubert ouvre un compte secret à Genève. Le banquier Mauricio Safdié, interrogé par la justice suisse, s’est souvenu des retraits « de sommes en liquide » qu’il effectuait. Sur ce compte baptisé « Legris », de nombreux virements demeurent inexpliqués, comme ceux destinés en 2002 à un mystérieux « Mazarin ». Les paiements de séjours dans de très grands hôtels, eux, continuent, par exemple au Zurserhof en Autriche.

Gaubert ouvre parallèlement un compte à la banque Pictet, à Genève, et sa comptabilité fait apparaître plusieurs versements de Ziad Takieddine. Le marchand d’armes a reconnu devant le juge lui avoir remis de l’argent « sur différentes périodes par des virements, sur sa demande ». Une partie des fonds servent au financement d’une villa de prestige en Colombie, non déclarée au fisc français. Ce compte et cette villa seront découverts par les policiers lors de la perquisition du 5 juillet 2011 chez Gaubert.

 

Un secret à 350 millions d'euros

Entretemps, Thierry Gaubert s’est reconverti dans le secteur bancaire (au Crédit foncier, puis aux Caisses d’Epargne) après la déconfiture électorale d’Edouard Balladur en 1995. Il sert à cette occasion de rabatteur d’affaires pour le cabinet d’avocats de Nicolas Sarkozy, Arnaud Claude & Associés. En témoignent des mails de décembre 2003 retrouvés dans son ordinateur, remerciant le patron des Caisses d’Epargne au nom du ministre de l’intérieur pour les affaires apportées.

« NS me demande de vous transmettre ses remerciements pour le dossier que vous venez de lui confier, écrit Thierry Gaubert. En fait NS a constaté sur un tableau récapitulatif que le volume d’activité avec CF (Crédit foncier, filiale des Caisses d’Epargne – ndlr) a doublé, sept dossiers, en quelques semaines et en était très satisfait. »

la bombe "miksa"

La saisie de ces mails par la justice embarrasse doublement le clan Sarkozy. Ils font aussi apparaître des échanges d’informations entre Brice Hortefeux, conseiller place Beauvau, et Ziad Takieddine. A cette époque, le marchand d’armes est chargé par le ministère de l’intérieur français de conclure l’immense contrat Miksa, portant sur la surveillance des frontières de l’Arabie saoudite.

Ce marché de 7 milliards d’euros s’annonce comme une pompe à finances aussi juteuse que l’avaient été les contrats des années Balladur. Il sera au centre d’une guerre de l’ombre entre l’Elysée de Chirac et l’intérieur de Sarkozy.

Dans une note du 29 octobre 2003 remise à Claude Guéant, Takieddine signale « l’inquiétude » de ses interlocuteurs saoudiens« sur la manière de traiter les sujets “sensibles” ». Ainsi qu’il le reconnaîtra par la suite, Takieddine désigne dans ses notes confidentielles le ministre de l’intérieur comme le « patron ». « Il y a eu beaucoup d’interrogations sur les relations du “patron” avec le numéro 1, et son système, écrit-il à Claude Guéant. Mes interlocuteurs ne souhaitent en aucune façon intervenir dans cette “bagarre” franco-française, et solliciteront des garanties personnelles de la part du “patron” lui-même pour que ce sujet “sensible” soit “garanti”. »

 

MM. Hortefeux et Takieddine, en 2005MM. Hortefeux et Takieddine, en 2005© dr

 

L’ingénierie financière de ce contrat, copie-conforme du système mis en place sous Balladur, prévoit le versement par un organisme contrôlé par le ministère de l’intérieur, Civipol, d’une commission de 350 millions d’euros à une société offshore, Blue Planet, domiciliée à Gibraltar.

Dans sa note à Guéant, Takieddine précise : « Il sera utile lors de la prochaine visite de préparation ultime de confirmer la signature avec la Société, représentée par la Banque d’Affaires du P., du contrat en votre possession suivant le schéma approuvé. » Alors qu’il a reconnu la paternité de ces notes, le marchand d’armes n’a toutefois pas précisé quel établissement se cachait derrière l’expression « la banque d’affaires du P. ».

« Les notes que j’ai établies sur mon ordinateur sur les différents pays, la Syrie, l’Arabie saoudite, la Libye et le Liban, sont réelles et ont été remises par moi-même à M. Guéant, qui en avait besoin pour les remettre au ministre, qu’il appelait le patron », a simplement indiqué Takieddine juge Van Ruymbeke. Concernant le fameux contrat Miksa, l’intermédiaire précise avoir « organisé une première réunion chez le prince Naïef (ministre de l’intérieur saoudien – ndlr) à laquelle assistaient MM. Guéant et Hortefeux », en octobre 2003.

Finalement, l’affaire capote sur intervention personnelle de Jacques Chirac. Alors que Nicolas Sarkozy s’apprêtait à décoller fin 2003 pour l’Arabie saoudite pour signer ce mirifique contrat, « M. Chirac avait interdit au ministre de l’intérieur de s’y rendre », a affirmé Ziad Takieddine. « Peu après, un nouveau ministre de l’intérieur a été nommé en la personne de M. de Villepin, qui a tout de suite pris en main ce dossier », déplore l’intermédiaire.

Ziad Takieddine a toujours affirmé n’avoir rencontré personnellement que « deux ou trois fois » Nicolas Sarkozy. L’une de ces rencontres, en 2005, décrite par Pierre Péan dans son livreLa République des mallettes (Fayard), est décisive. De retour place Beauvau, le ministre de l’intérieur s’entretient avec le marchand d’armes en présence de Claude Guéant. Il lui présente alors un rapport des services de renseignements français concernant l’accident dont le marchand d'armes a été victime, en avril 2004, sur l’Ile Moustique, peu après avoir été évincé du contrat Miksa.

Le grand soupçon libyen

« Sarkozy m’a demandé de regarder cette note, a confirmé Takieddine à Mediapart. Ce qu’elle disait était tellement troublant… Deux personnes auraient essayé de me tuer. Elles sont reparties par le vol de Saint-Martin ». Dans son ouvrage, Pierre Péan écrit que « selon Takieddine, la tentative d’assassinat aurait été commanditée par Alexandre (Djouhri, intermédiaire proche de Dominique de Villepin - ndlr) et montée par trois voyous de Sarcelles ». Alexandre Djouhri a formellement démenti cette accusation, engageant des procédures contre Ziad Takieddine.

© Reuters

L’histoire secrète des relations Takieddine/Sarkozy prend une dimension insoupçonnée, dès l’automne 2005, avec l’introduction du ministre de l’intérieur par le marchand d’armes auprès de Mouammar Kadhafi, en Libye. Les notes de Takieddine à Claude Guéant, entre les mains de la justice, en donnent la chronologie dès la première visite de Nicolas Sarkozy à Tripoli, le 6 octobre 2005. Comme pour l’Arabie saoudite, il est de nouveau question d’une visite « secrète »et de « l’autre sujet important » que les proches de Nicolas Sarkozy doivent discuter « de la manière la plus directe » avec le régime libyen.

Alors que l’objet officiel de la visite de Sarkozy à Tripoli est la lutte contre le terrorisme et l’immigration clandestine, les témoignages et documents accumulés vont montrer que l’objectif réel du ministre est d’obtenir des fonds de la Libye pour l’élection présidentielle de 2007.

sur la trace des 50 millions

Le 28 avril dernier, Mediapart révèle un document officiel libyenfaisant état de la promesse d’un versement de 50 millions d’euros à l’occasion de la campagne présidentielle de 2007 de M. Sarkozy, citant les noms de Takieddine et Hortefeux comme partie prenante aux discussions financières. Des faits évoqués publiquement par Mouammar Kadhafi lui-même, avant le déclenchement de la guerre.

En pleine campagne d’entre-deux tours de l’élection présidentielle de 2012, alors que deux anciens dignitaires libyens proches de l’Elysée démentent ces informations, Nicolas Sarkozy se défend en déposant plainte contre Mediapart pour « faux » et « usage de faux », provoquant l’ouverture d’une enquête à Paris.

Dans la semaine qui a suivi, quatre avocats tunisiens de l’ancien premier ministre libyen, Baghdadi Mahmoudi, sous l’autorité duquel les financements ont été débloqués, ont révélé que leur client avait déjà témoigné en ce sens devant la cour d’appel de Tunis, en octobre 2011. « Oui, en tant que premier ministre, j’ai moi-même supervisé le dossier du financement de la campagne de Sarkozy depuis Tripoli, des fonds ont été transférés en Suisse et Nicolas Sarkozy était reconnaissant pour cette aide libyenne et n’a cessé de le répéter à certains intermédiaires », avait alors déclaré l’ancien chef du gouvernement libyen, qui a été extradé en juillet, à Tripoli.

« Les informations révélées par la presse au sujet du financement de la campagne de Nicolas Sarkozy de 2007 à hauteur de 50 millions d’euros me semblent tout à fait crédibles », affirme de son côté Ziad Takieddine au juge Van Ruymbeke, le 9 mai. L’intermédiaire se dit persuadé que son interpellation en mars 2011, à l’aéroport du Bourget, alors qu’il revenait de Tripoli avec 1,5 million d’euros en espèces sur lui, avait pour objectif d’empêcher la révélation de documents compromettants.

« Je suis convaincu qu’il y a eu financement et que M. Guéant, qui savait que j’étais en Libye, a demandé mon interpellation, a-t-il poursuivi. Il devait être persuadé que je détenais des preuves de ce financement (…), ce qui explique d’ailleurs la fouille au corps que j’ai dû subir ».

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Le juge Van Ruymbeke, saisi de faits de blanchiment aggravé courant jusqu’en avril 2011, est désormais légitime à enquêter sur l’épisode libyen, alors même qu’il poursuit ses investigations sur le rôle du ministre du budget Nicolas Sarkozy dans l’affaire des ventes d’armes du gouvernement Balladur.

Deux faits précis peuvent d’ores et déjà lui être reprochés : la création avec son aval de la société-écran Heine, au Luxembourg, spécialement conçue pour abriter les commissions occultes du contrat Agosta des sous-marins vendus au Pakistan ; la validation, depuis Bercy, et contre l’avis de sa propre administration, du paiement de pots-de-vin au réseau Takieddine dans le cadre d’un marché de révision des frégates saoudiennes, baptisé Mouette.

L’enquête du juge Van Ruymbeke a établi que les retraits d’espèces opérés par Takieddine en Suisse, avant le premier tour de l’élection présidentielle de 1995, provenaient précisément du blanchiment des sommes reçues sur ces deux contrats.

Deux possibilités s'offrent au juge Van Ruymbeke dans la perspective d'une éventuelle convocation, voire d'une mise en cause, de Nicolas Sarkozy: renvoyer rapidement la partie du dossier le concernant devant la Cour de justice de la République (CJR), seule juridiction apte à juger les délits commis par des ministres dans le cadre de leurs fonctions, ou attendre patiemment la suppression de ce tribunal d'exception, comme François Hollande s'y était engagé durant la campagne présidentielle

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