Groupama ne couvre pas le risque " génétiquement modifié "

Publié le par DA Estérel 83

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DANGEREUX OU PAS, les OGM ? A cette question très sensible, Gérard Touzé, 75 ans, Parisien mais propriétaire de la ferme de ses arrière-grands-parents, sise en Bretagne, près de Rostronen dans les Côtes-d'Armor, pense avoir la réponse. Il vient de recevoir de sa mutuelle agricole, Groupama, le premier assureur du secteur, un avenant à son contrat l'informant de l'exclusion des risques relatifs aux OGM.

" Ne sont jamais garantis : les dommages résultant de l'utilisation ou de la dissémination d'OGM (...) ou résultant de la mise en place sur le marché de produits composés en tout ou partie d'OGM... ", écrit l'assureur. Une pratique qui relève du principe de précaution, puisque aucune culture d'OGM n'est, à ce jour, autorisée en France. Dans le même avenant figure aussi l'exclusion des risques relatifs à l'amiante.

" Nous n'avons pas assez de connaissance des risques liés aux OGM pour envisager de les prendre en charge, explique Stéphane Gin, directeur des affaires agricoles de Groupama. On ne peut imaginer les conséquences d'un problème que l'on n'a pas encore évalué. " Le risque OGM n'est donc pas quantifiable pour les assureurs qui, disent-ils, n'entendent pas entrer dans un débat de société complexe.

Une position hypocrite pour M. Touzé, qui a refusé de signer l'avenant à son contrat. " Alors que toutes les instances agricoles représentées par leurs plus hauts dirigeants font chorus pour dire que les OGM ne représentent aucun danger pour la santé des populations, votre compagnie, premier assureur du secteur agricole, veut s'exonérer de ce risque de manière feutrée en faisant signer un avenant ", écrit-il dans un courrier recommandé à l'assureur. Pour Gérard Touzé, cet avenant est un aveu. " C'est reconnaître de fait que ces semences représentent un vrai danger pour l'avenir et qu'à ce jour vous en êtes parfaitement informés ", ajoute-t-il.

Groupama et l'ensemble des assureurs, eux, se disent prêts à proposer des solutions, dès lors qu'un choix politique sur les OGM aura été fait.

Rémi Barroux

Publié dans Ecologie

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