G20-Mexique: Quand le francophobe David Cameron insupporte Obama

Publié le par DA Estérel 83

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Moquant la France, déjà épinglé lors des sommets du G8 et de l'OTAN pour sa grossièreté, le Premier ministre britannique irrite à nouveau la Maison Blanche. François Hollande peut s'en féliciter.


G20-Mexique: Quand le francophobe David Cameron insupporte Obama
Confidence recueillie cette nuit auprès d'un membre du staff de Barack Obama présent au Mexique: « Avec Tony Blair, les points sur les "i" étaient mis entre nos deux pays avant qu'il prenne la sortie. Avec David Cameron, le mensonge est avant, pendant et après. » Une confidence qui en dit long sur l'exaspération des Etats-Unis vis à vis du Premier ministre britannique qui vient, comme le titre ce matin le Central Daily News, d'« allumer la guerre des mots avec la France ». 

Déjà, l'accueil réservé par Cameron au président français tout juste élu, à l'Ambassade britannique de Washington le 18 mai dernier, avait permis à la diplomatie française de mesurer le degré d'ironie à son encontre. Tout sourire et tout miel, Cameron n'en n'avait pas moins, dans les jours précédents, fait preuve d'une activité frénétique auprès des membres de l'OTAN et de Washington pour faire savoir qu'il se faisait fort de faire ravaler à la France son projet de quitter prématurément l'Afghanistan. Puis, prenant la mesure de l'excellent climat lors de la première rencontre entre Obama et Hollande, il avait joué les francs-tireurs, menant ses conversations séparément, ne s'adressant à François Hollande que sur le ton de la plaisanterie puis, partant visiter Chicago durant les réunions de l'OTAN, ce qui avait fortement déplu à Barack Obama.  

Cameron ne passe pas pour un convive poli, bien au contraire. 

Le Mail Online s'amuse que pour éviter de donner une image trop "touristique" du G20, Cameron a forcé les journalistes à l'interviewer devant des fenêtres obscurties pour que l'on ne voit pas la plage, le soleil et les palmiers. Histoire de donner les perspectives d'un avenir sombre. Il a également utilisé les micros du G20, ce matin, pour tacler les Argentins sur la question des îles Faulkland, fustigeant leur "colonialisme", ce qui a été jugé bien mal à propos par pluseurs délégations. 

"IL SE MOQUE DE LA DÉMOCRATIE"

Ce matin, de nombreux journaux soulignent que décidemment, David Cameron n'est pas un adepte de la politesse. Pour The Guardian, son tapis rouge déroulé aux entreprises françaises qui veulent échapper à la taxation française est « une moquerie faite à la démocratie ». On peut regretter que sa déclaration ait suscité de nombreux applaudissements parmi certains membres du G20. On relève également qu'il a, comme à son habitude, préféré mener ses conversations avec les membres du G20, au sujet de la situation en Grèce, avant la réunion qui se tient à Mexico, montrant qu'il accorde décidemment peu d'importance à la discussion en commun.  

L'équipe de Barack Obama a fait savoir à celle de David Cameron qu'elle ne tolèrera pas trop de faux pas, en particulier sur la question syrienne où Washington veut faire entendre sa voix. Mais Cameron avait déjà initié ses propres conversations bilatérales sur le sujet, en particulier avec Poutine. 

Surtout, en s'en prenant de plein front à la France d'entrée de jeu et pour la seconde fois, Cameron a mis Obama dans l'embarras. Il ne reste que cinq mois à ce dernier pour emporter sa réélection à la Maison Blanche, et le président voit d'un très mauvais oeil la croisade cameronesque contre la formule de relance de la croissance de François Hollande, à laquelle il souscrit. Les Etats-Unis n'ont guère d'autre option que de tenter eux-aussi une relance de la croissance plutôt que de miser sur une réduction des dépenses, et leur allié dans cette cause est clairement la France de François Hollande. 

Mais tout cela ne convient pas au tenant du 10, Downing Street. Dans son édition du 7 mai 2012 le Financial Time soulignait déjà: « Le succès de M. Hollande n'est pas seulement gênant personnellement pour M.Cameron, qui a publiquement soutenu la réélection de M. Sarkozy, il menace également de saper l'opinion publique envers le programme d'austérité de la coalition. » 

De là à conseiller à David Cameron de faire comme à Chicago et de profiter de la plage mexicaine, il n'y a que pas, et même la presse britannique s'y colle.

CNN, Mardi 19 Juin, Obama insiste pour une politique de croissance.

Publié dans Etranger

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