François Hollande et le train, une fausse bonne idée ?

Publié le par DA Estérel 83

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François Hollande se repose au fort de Brégançon. A l'inverse de ses prédécesseurs, le «président normal» s'y est rendu en train plutôt qu'en avion, jeudi 2 août. C'est la troisième fois depuis sa prise de fonction qu'il opte pour ce mode de transport. Symbolique, ce choix pourrait revêtir quelques mauvaises surprises.


François Hollande à la Gare de Lyon, jeudi 2 août. Remy de la Mauviniere/AP/SIPA
François Hollande à la Gare de Lyon, jeudi 2 août. Remy de la Mauviniere/AP/SIPA
François Hollande est en vacances. En compagnie de sa compagne, Valérie Trierweiler, le président de la République a pris la direction du fort de Brégançon, résidence officielle du président de la République depuis 1968, dans le sud de la France. «Un moment de pause», a voulu précisé le président. 
 
Pour s'y rendre le couple présidentiel a opté pour le train. Quatre petites heures séparent le fort de l'Elysée. Le départ –et le point presse – a été fixé Gare de Lyon, jeudi 2 août, en fin d'après-midi. C'est la troisième fois que le président se déplace par voie ferroviaire depuis le début de son mandat, ce que ses prédécesseurs ne faisaient que très rarement. Les médias se sont donc empressés de relayer l'information «Hollande part pour Brégançon en train», comme on peut le voir iciici ou encore . Exit l'avion et son coût faramineux.
 
La photo du «président normal» sur le quai de la gare est un joli coup de communication. On se souvient notamment du «Air Sarko One» et des polémiques autour du goût immodéré de Sarkozy pour l'avion. Pas question de reproduire le même schéma.  

A l'Elysée, on ne parle pas de com' mais de simplicité. «Il [François Hollande] opte pour ce moyen de transport car il a le souci d’apparaître comme quelqu’un de simple et proche des gensC’est nouveau en France mais tout le monde va s’y faire.» Photographes et journalistes télé ont déjà pris le pli

SITUATION D’URGENCE

Cette pratique est tellement inhabituelle que des mauvaises langues ont cru bon de la critiquer. Henri Guaino le premier, qui en mai, déclarait : «ça coûte plus cher, c’est compliqué pour tout le monde, ce n’est pas très professionnel, pas raisonnable». Ainsi, une polémique était née. Le coût du trajet et les questions de sécurité liées à un tel déplacement ont surgi. Et ladéclaration sur le quai de la Gare du Nord de Nicolas Sarkozy, alors candidat, a été exhumée. «Je ne prenais plus le train comme président à cause des règles de sécurité. Il faut garder chaque pont sous lequel passe le train. Mais comme candidat, on ne garde pas les ponts.»
 
«Il y a un réel souci de changer les habitudes. C’est plutôt positif de ce point de vue», estime René Dosière, député PS et pourfendeur du train de vie de l’EtatMais je n’ai pas encore étudié les coûts que cela engage. Il faut voir… » D’un côté, Hollande prend le train comme monsieur Tout-le-monde, de l’autre, il faut effectivement prévoir son rapatriement en cas de situation d’urgence – chose qui peut s’avérer couteuse – ou de problème sur le train, tout comme il faut pouvoir assurer sa sécurité au maximum en disposant des hommes sur l'ensemble des zones que le convoi présidentiel traverse.

DÉCHETS RADIOCATIFS

Un document interne de la SNCF stipule que la présence du chef de l’Etat dans l’un des ses wagons impose des mesures de sécurité très strictes. «Il faut qu’il y ait un train à vide devant le convoi pour ouvrir la voie, un derrière. Il est aussi mentionné qu’il doit y avoir un ou deux grade-mobiles sur chaque ouvrage d’art présent sur le trajet, précise un cadre de la SNCF. Mais c’est une vieille réglementation que personne n’a jamais appliqué puisque les prédécesseurs de François Hollande ne prenaient pas le train. Et de tout façon on est prévenu par les services de l’Elysée à la dernière minute donc on ne peut rien prévoir avant qu’il monte...» Ce règlement va-t-il être remis au goût du jour ? «On ne s'est pas posé la question mais c'est vrai qu'aujourd'hui ça change un peu.»

«Vous pouvez être sûr que les préfectures font le nécessaire pour surveiller certaines zones au passage du train», croit savoir un collaborateur de l’Elysée, qui estime que cette pratique ne «pourra pas durer»

«Nous ne faisons pas de commentaire concernant le dispositif de sécurité, prévient, de son côté, une communicante du château. Il est confidentiel car le président veut rester discret sur le sujet, vous comprenez ?» Elle assure que le train permet de faire des économies et que tout est prévu en cas de problème, sans pour autant qu'un hélicoptère ou un avion ne fasse le déplacement en parallèle du train dans lequel se trouve le chef de l'Etat. «On a beaucoup dit ça au moment de son voyage à Bruxelles mais c'est absolument faux», insiste-t-elle.  
 
Ceci dit, à titre de comparaison, «lorsque des trains qui transportent des déchets nucléaires traversent le pays, le dispositif de sécurité est extrêmement dense au moment du passage du train et sur l’ensemble de l’itinéraire», explique un responsable de la gendarmerie nationale. En toute logique, le président doit avoir le droit au même traitement que les déchets radioactifs, voire plus.  

En attendant de connaître concrètement l'intérêt du voyage en train, outre l'image de modestie qu'il renvoit, François Hollande, lui, se détend, au bord de la piscine ou il a peut-être installé ses nouvelles chaises, manifestement plus que confortables

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