François Hollande agit, Ayrault reçoit, l'UMP fulmine.

Publié le par DA Estérel 83

SARKOFRANCE - Saison 2

 

 

 

Mardi soir, François Hollande était sur France 2. En 2007, Nicolas Sarkozy avait préféré faire venir la presse télévisée à l'Elysée pour sa première intervention. Ces symboles peuvent paraître futiles, mais ils comptent. Hollande, donc, était sur un plateau de télévision publique.

« Depuis 15 jours, je n'ai pas eu le temps de me poser cette question », répliqua-t-il à David Pujadas qui lui demandait s'il pu apprendre son rôle. Le journaliste s'obstina dans le registre confessions intimes. « Est-ce que vous vivez ces moments comme de la plénitude ? ». Le président semblait se demander où il était. « Du bonheur, il y en a eu au moment de l'élection. Il dure assez peu de temps quand arrivent les sujets ».

« Je ne suis pas un président en transition, je suis un président en action. »
Mais Pujadas voulait continuer. Il cherchait à savoir si Hollande avait été « stressé », « intimidé ». Pouvait-on parler du fond ? Hollande répondit que la fonction faisait l'homme. C'était évident, mais Pujadas semblait l'ignorer. Sur l'Afghanistan, le président dut répéter que les forces combattantes quitteraient bien le territoire avant la fin de l'année. Autre sujet internationale, la répression en Syrie. Une intervention armée n'est pas exclue. Mais « à condition qu'elle se fasse dans le respect du droit international ». Dans la journée, le gouvernement français avait expulsé l'ambassadrice de Syrie.

Sur le SMIC, Hollande confirma un coup de pouce. « Le chemin d'équilibre c'est de permettre à ceux qui n'ont pas eu de revalorisation de bénéficier d'un coup de pouce ». Mais il attend la concertation syndicale. 

Pujadas s'amusa du trajet en train pour aller à Bruxelles. « Je préfère, non pas faire des économies, mais faire simple », répondit le président. Ou encore: « faire simple, ce n'est pas faire médiocre, ou faire banal; c'est au contraire avoir le respect des Français et être exemplaire.» S'il avait voulu être journaliste, David Pujadas aurait pu interroger Hollande sur son récent séjour au Château de la Lanterne. S'agissait-il d'un test ?

L'animateur de France 2 tenta de placer le débat sur la valse des remplacements de hauts fonctionnaires. « trois personnes, ce n'est pas une valse considérable » s'amusa Hollande. Il avait raison. Qui regrettera le préfet Gaudin à Paris, le patron de la DCRI Squarcini - homme-lige de Nicolas Sarkozy, et Frédéric Péchenard, autre ami d'enfance de l'ancien monarque placé à la tête de la police nationale ? Chasse aux sorcières ? Les sorcières n'étaient que trois... Vraiment ? 

Mardi, Jean-Marc Ayrault avait aussi invité les partenaires sociaux, pour un premier échange avant un sommet prévu en juillet. A en croire les sondages, l'emploi reste la préoccupation majeure du moment.

La CGT a déjà sa liste noire des plans sociaux, qu'elle a remis à Arnaud Montebourg. On se souvient que Xavier Bertrand, alors ministre du Travail de Nicolas Sarkozy, avait enjoint nombre de grandes entreprises d'attendre l'issue de l'élection présidentielle pour déclencher leurs plans sociaux. Le chômage atteignait déjà des records.

En son temps, c'est-à-dire il y a quelques semaines, Nicolas Sarkozy louait le modèle allemand sans préciser lequel. En matière d'emploi, les lois Hartz du gouvernement Schroeder, avaient si dramatiquement fait progresser la précarité de l'emploi qu'on se demandait encore si l'ancien Monarque pensait à elles quand il invoquait l'Allemagne.

A droite, on faisait grise mine. Même François Fillon avait la mauvaise foi facile. Il feignait de ne pas avoir compris certaines de promesses hollandaises. De sa part, c'était triste. Lire était pourtant si simple.

« Les syndicats vont être les premiers cocus de la gauche.. (...) Cela a souvent été le cas dans l'Histoire. La gauche s'était engagée sur le retour à la retraite à 60 ans. Je vois que ce n'est déjà plus d'actualité puisque maintenant, ça n'est plus que pour ceux qui ont commencé à travailler à 18 ans. C'est donc une hypocrisie.»

Le même jour, on apprenait que l'UMP intensifiait ses relations avec le Parti communiste... Chinois. Son secrétaire général de l'UMP chargé de l'Asie, Chenva Tieu, par ailleurs candidat aux législatives à Paris, a expliqué que l'accord avait passé « une deuxième étape »: « Dans le cadre d'un plan de formation, nous allons recevoir des cadres chinois du PC et envoyer nous-mêmes des cadres de notre parti pour faire mieux connaissance . (...) nous sommes dans une optique de connaissance réciproque. La Chine est la 2e puissance du monde, il faut que nous sachions comment ils fonctionnent.»

Ces gens-là avaient le sens du timing. 

Publié dans UMP

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