Exemples ou contre-exemples ?

Publié le par DA Estérel 83

CL11112010

 

 

Deuxième service ! La droite ne pouvait rater l'occasion de «fêter» à sa façon les cent jours de François Hollande. Après Nicolas Sarkozy et son boys-band, la semaine passée, voici François Fillon qui en ce lundi remet le couvert pour critiquer le président. Avec toujours le même angle d'attaque: la Syrie. Parallèlement, un sondage Ifop pour «Le Figaro» élargit le champ de la critique en annonçant la fin de l'état de grâce du nouveau locataire de l'Elysée.

Voici donc qu'à quelques petits jours de la rentrée, une méchante bise, alimentée par la menace de récession et une absence de véritables perspectives politiques, semble s'être déjà levée sur la France. Faut-il voir dans ces noires prévisions le symptôme de ce mal bien français qui, sur un podium olympique, nous vaudrait à la fois la médaille d'or du pessimisme et d'argent du défaitisme ? Faut-il s'abandonner au catastrophisme et rallier ceux qui professent que seule la France ramerait à contre-courant des autres pays ? Le «capitaine de pédalo» amuserait-il la galerie en faisant des ronds dans l'eau alors qu'ailleurs, la bible du libéralisme dans une main et l'oeil fixé sur les marchés, les autres chefs d'Etat feraient cap vers l'espérance en évitant les récifs ?

La Grèce et son nouveau déficit record de 7,5% malgré une cure d'austérité sans précédent administrée par un Premier ministre de droite, ou encore le régime amaigrissant mené en vain en Italie par un chef de gouvernement biberonné à l'orthodoxie libérale, relativisent les choses...

Mais ce sont deux évènements survenus ces derniers jours dans l'Espagne de Mariano Rajoy qui illustrent le mieux les aberrations et les dérives auxquelles peut conduire une gestion trop libérale de cette tempête qui souffle sur la planète depuis 2008. C'est d'abord un groupe de militants espagnols qui s'introduit dans deux supermarchés andalous, remplit des caddies, passe les caisses sans payer et annonce que son butin sera redistribué à des cantines populaires. Bagarres avec le personnel du magasin, police, journalistes: cette nouvelle manifestation d'«indignés» partage le pays entre ceux qui y voient une juste revendication, un acte de désespoir et ceux qui dénoncent l'irresponsabilité des meneurs.

Deuxième exemple: alors que de nombreux parents qui ne peuvent plus payer la cantine, se sont résolus à préparer un repas à emporter pour leurs enfants, quelques provinces espagnoles voudraient instaurer une taxe à la gamelle de 3 euros. Il s'agit de faire face aux frais de garderie et d'électricité des frigos. Et de compenser le manque à gagner pour les collectivités locales, elles-mêmes étranglées par la crise !

Si c'est ça la navigation de haute mer que Copé, Fillon et Cie admirent tant et si pour sauver le bateau de la tempête, la seule solution préconisée est de noyer tous les passagers, pas sûr que les Français, malgré un mauvais sondage du «Figaro», en soient déjà à regretter d'avoir élu un... «capitaine de pédalo».

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