États-Unis : Obama derrière la cyberguerre contre l'Iran ?

Publié le par DA Estérel 83

Le Point

 

 

D'après le "New York Times", le président américain est à l'origine du virus Stuxnet qui a frappé le programme nucléaire iranien.

Barack Obama aurait donné l'ordre d'accélérer les cyberattaques contre la République islamique.

À défaut d'une intervention militaire américaine, Barack Obama a trouvé un autre moyen de stopper le programme nucléaire iranien. À l'heure où un nouveau virus, baptisé Flame, frappe les ordinateurs des responsables de Téhéran, le New York Times révèle que c'est le président américain qui serait à l'origine du virus Stuxnet qui a durement touché les centrifugeuses iraniennes en 2010. "Dès ses premiers jours en poste, il a étudié avec attention chaque moyen de ralentir le programme nucléaire iranien - la diplomatie, les sanctions, toute décision majeure", affirme au New York Times un haut responsable de l'administration Obama. "Et il est correct de dire que toute autre activité en cours ne faisait pas exception."

Le responsable désigne ici le programme clandestin de cyberattaque lancé par l'administration Bush sous le nom de code "Olympic Games (Jeux olympiques). Face au camouflet né de la révélation de ses mensonges sur l'existence en Irak d'armes de destruction massive, qui a de fait rendu impossible l'hypothèse d'une guerre contre l'Iran, l'ex-président se serait résolu à lancer, pour la première fois de l'histoire des États-Unis, une toute nouvelle arme secrète contre Téhéran : la guerre cybernétique.

Le paradoxe Obama

Bien loin de mettre un terme à cette pratique inédite, son successeur à la Maison-Blanche, pourtant fermement opposé à toute agression contre la République islamique, aurait accéléré le programme. Barack Obama avait pourtant à maintes reprises exprimé la crainte que la révélation d'une telle pratique ne serve de prétexte à des terroristes pour justifier leur propre attaque sur les États-Unis. "Nous avons évoqué ce paradoxe plus d'une fois", confie au New York Times un des conseillers du président.Mais outre la peur de voir l'Iran islamique se doter de la bombe, qui ne manquerait pas de lancer une course à l'armement atomique au Moyen-Orient, c'est aussi le risque d'attaques israéliennes qu'aurait souhaité éviter Barack Obama.

C'est justement pour éloigner cette menace que Washington aurait fait collaborer avec l'agence de sécurité nationale (NSA) américaine l'Unité 8 200 de Tsahal. Ensemble, les deux pays auraient créé un virus cinquante fois plus complexe que la normale. Il ne restait plus qu'à le tester. Pour ce faire, les Américains auraient tout d'abord construit des répliques des centrifugeuses iraniennes P-1, se trouvant sur le site d'enrichissement de Natanz, et dont la conception a été achetée par Téhéran au chef du programme nucléaire pakistanais, Abdul Qadeer Khan.

L'aide de Kadhafi à Washington

Mais ce n'est pas tout, Washington aurait surtout récupéré les centrifugeuses de... Muammar Kadhafi, après que ce dernier eut renoncé à son programme nucléaire en 2003. Une fois l'arme prête, les deux alliés l'auraient introduite à l'intérieur des centrifugeuses, grâce à des mains complices sur place. D'après l'administration Obama, Stuxnet, qui aurait permis de retarder de 18 mois à deux ans le programme nucléaire de Téhéran, serait un réel succès. Toutefois, ces propos sont contredits par le fait que la République islamique soit parvenue à atteindre en février 2012 des stocks relativement importants d'uranium, lui permettant, si elle en prenait la décision, de fabriquer rapidement une bombe atomique.

Comme toute nouvelle expérience, la collaboration américano-israélienne en matière de guerre cybernétique n'est pas à l'abri d'erreurs. Une faute dans le code, dont chaque camp s'accuse mutuellement de la responsabilité, aurait fait dégénérer le virus. Après avoir contaminé les centrifugeuses iraniennes de Natanz, Stuxnet aurait pénétré au coeur des ordinateurs portables des ingénieurs iraniens qui lui étaient connectés. Le virus, qui n'était pourtant jamais supposé sortir de l'usine, se serait alors propagé à la vitesse de l'éclair sur Internet, se répliquant à souhait, avant de contaminer d'autres pays. Dès lors, son code ultrasecret aurait été exposé aux yeux du monde entier.

Les États-Unis, prochain pays sur la liste ?

Craignant d'être démasqué, Barack Obama aurait alors demandé à ses conseillers s'il devait abandonner l'opération. Mais n'ignorant pas que le virus continuait à endommager les centrifugeuses et qu'il n'était pas dit que les Iraniens avaient réussi à mettre la main sur le code, le président aurait ordonné la poursuite de l'attaque. Deux autres salves auraient suivi dans les semaines suivantes. Elles auraient affecté près de 1 000 centrifugeuses sur les 5 000 que comptait l'Iran à l'époque. Mais il reste un problème de taille. Le New York Times rappelle qu'aucun pays au monde n'est plus dépendant des systèmes informatiques - et donc potentiellement vulnérable aux cyberattaques - que les États-Unis. 

Ainsi, selon les experts cités par le quotidien, le pays le plus puissant au monde pourrait rapidement être la cible du même type d'arme qu'il aurait, secrètement, utilisé contre l'Iran. 

Publié dans Etranger

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